Chimie des cosmétiques

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Sujet illustré

Depuis plusieurs années, les associations de consommateurs ainsi que des ONG telles que Greenpeace s'intéressent de près aux composés utilisés dans les formulations cosmétiques. Plusieurs études ont été réalisées et ont démontré que bon nombre de ces composants étaient toxiques.

 

 
Les phtalates contenus dans les produits cosmétiques peuvent être toxiques pour l'homme. Photo © Getty images
 

Des risques avérés ?

Les premiers composés épinglés par les études sont les phtalates. On les retrouve partout dans notre environnement et dans nos produits cosmétiques : shampoings, vernis à ongles, laques…Cette grande famille présente plusieurs molécules. Le plus dangereux est le DEHP qu'on ne retrouve pas dans les produits cosmétiques; le DEP (diéthyle phtalate) est le plus utilisé. Ces composés sont responsables de problèmes de fertilité. Des cas d'atrophie testiculaire ont été diagnostiqués chez des rongeurs cobayes, ainsi qu'une insuffisance hépatique, des cancers…

Les formaldéhydes utilisés comme principe actif dans les produits cosmétiques sont également responsables de cancers. D'autres composés suscitent également l'inquiétude des associations. Une vive polémique enfle en ce moment autour des déodorants. Leur teneur en aluminium serait à l'origine d'une forte progression du cancer du sein. Une étude américaine a prouvé qu'une épilation des aisselles au rasoir et l'application du déodorant en seraient responsables. Les entreprises cosmétiques soulignent, à juste titre, le manque de véracité des études menées sur ce sujet.

Réglementation à améliorer

Au vu des études alarmistes, la directive européenne 76/768/CEE dite "directive cosmétique" a été élaborée pour réglementer les produits cosmétiques mis sur le marché européen. Chaque produit doit être lisible pour le consommateur avec une étiquette détaillant la composition ainsi que le mode d'utilisation. L'article 7bis prévoit l'obligation pour les entreprises de cosmétiques de se soumettre à un dossier d'évaluation du produit fini sur la santé humaine. Mais la mise sur le marché ne demande pas d'autorisation. Par conséquent, tout fabricant ou importateur est responsable de la sécurité de ces produits.

"La commercialisation de cosmétiques ne nécessite pas d'autorisation"

Cette "directive cosmétique" a permis de réaliser une liste de substances classées cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, donc interdites à la commercialisation. Parmi elles, on retrouve de nombreux phtalates. Mais les associations de consommateurs estiment que la directive ne va pas assez loin.

Une nouvelle réglementation, REACH adoptée en 2006 à l'échelle européenne vient compléter la "directive cosmétique" au niveau de la liste des substances chimiques toxiques et polluantes pour l'homme et l'environnement. Son objectif : faire que les substances hautement dangereuses soient interdites et remplacées.


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