Le principe de transition démographique a été énoncé en 1945
par le démographe anglais Franck Notestein. Il décrit quatre phases d'évolution
dans la croissance démographique d'un pays, et avait pour objectif de "classer"
les pays selon leur phase de développement.
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Etape 1 : les taux de natalité et de mortalité
sont tous les deux élevés, et la croissance démographique est quasi nulle.
Etape 2 : le taux de mortalité (en particulier
la mortalité infantile) commence à décroître, grâce au développement du pays et
à l'amélioration des conditions sanitaires. Dans le même temps, le taux de natalité
reste très élevé, ce qui engendre une très forte croissance démographique (typiquement
de 3% par an).
Etape 3 : Au fur et à mesure du développement
du pays (hausse de l'éducation et du niveau de vie), le taux de naissance commence
à baisser.
Etape 4 : avec un taux de natalité et de mortalité
faibles, la population se stabilise (le taux de croissance n'est jamais nul, mais
on estime qu'une augmentation annuelle de 0,4% correspond à une population stable).
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Un modèle, plusieurs réalités
Mais ce schéma est plus ou moins bien respecté selon les pays. L'Angleterre
suit assez bien le modèle théorique (décalage très net entre les deux courbes),
alors qu'en France la natalité et la mortalité ont décliné à peu près au même
rythme. Dans notre pays, la croissance démographique n'a ainsi jamais dépassé
1%.
D'autre part, les pays industrialisés ont mis plus de deux siècles à accomplir
leur transition démographique, alors que les pays en développement ont "profité"
des progrès existants et n'ont mis que quelques décennies.
Le cercle vicieux du sous-développement
Aujourd'hui, quelques grains de sable se sont introduits dans le système. Le
Sida, d'abord. Alors qu'ils étaient en phase 2, le taux de mortalité de certains
pays africains augmente plus vite que le taux de natalité et ils retombent
en phase 1. Au Zimbabwe, où environ 26% des adultes sont infectés par le virus,
l'espérance de vie a chuté de 40,8 ans en 1995 à 33 ans en 2005.
D'autre part, le ralentissement des naissances n'est pas si évident que ça
: "La moitié de la population vit aujourd'hui dans un pays où le taux de croissance
rapide dure depuis plus de cinq décennies" s'inquiètent Lester R.Brown et
Hal Kane dans leur livre Full House. Avec le risque que la croissance démographique
annule tous les progrès sociaux qui sous-tendent une baisse de la natalité. S'instaure
alors un cercle vicieux qui maintient un bon nombre de pays en phase 1.