Le son ne fait pas la musique, loin de là. Mais il faut bien le connaitre pour le manipuler et explorer cet art. Tout comme une langue, la musique est régie par une grammaire et des théories fixes, témoins de systèmes culturels variés. Car les théories musicales sont bien loin d'être universelles.
Théorie de la musique occidentale
Toute musique s'inscrit dans un système musical qui définit des règles. Vous pensez qu'elles ne font que compliquer les choses ? Détrompez-vous, car au contraire elles facilitent la vie des musiciens.
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| Il n'existe pas un, mais des systèmes musicaux
qui créent des mélodies si typées
et diverses. Pourtant, les différences
ne tiennent parfois pas à grand chose.
© DR |
D'abord parce qu'elles forment une grammaire utilisable par tous, dans le but d'unifier et de permettre l'enseignement de la musique. Et bien entendu, elles n'échappent pas non plus à la science car la grande base des théories musicales est purement mathématique. Ce n'est pas un hasard si le célèbre Pythagore s'est lui-même attaché à la définition d'un système musical (gamme de Pythagore).
Nous utilisons une théorie musicale particulière, la théorie musicale occidentale. Comme toute grammaire, elle est divisée en plusieurs disciplines :
» Le solfège : le système de notation
» Le rythme : les divisions des durées
» Le contrepoint: la superposition des lignes mélodiques
» La mélodie : qui tient compte des hauteurs et des fréquences
» L'harmonie : ou comment arranger différents instruments simultanément.
» L'orchestration : comme dans une pièce de théâtre où on donne un rôle à chaque acteur, l'orchestration permet de distribuer à chaque instrument une partie à jouer pour assurer la cohérence d'ensemble.
» La
composition : L'écriture des textes musicaux.
L'orchestration est d'ailleurs souvent pensée par
le compositeur.
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| Représentation de l'échelle diatonique et de l'échelle chromatique. Photo © DR |
Quelques bases à connaître
L'établissement des gammes que nous utilisons se fait à partir des fréquences des sons devenus notes.
Notre gamme se compose de 7 notes, do-ré-mi-fa-sol-la-si. On appelle octave l'intervalle qui sépare 8 degrés comme do (-ré-mi-fa-sol-la-si) à do. Un "do" peut être grave, médium, aigu, cela dépend de sa fréquence comme nous l'avons vu. Et comme il y a une correspondance entre les deux notes extrêmes, il est logique que la fréquence des octaves s'inscrive dans un rapport mathématique de 1 à 2.
Nous utilisons, comme d'autres systèmes, une échelle (ensemble de fréquence) dite diatonique. Cette dernière comporte 7 degrés, les 7 notes, séparés de manière inégale du point de vue des fréquences. Par exemple entre les notes do et ré il y a un ton diatonique entier alors qu'entre mi et fa il n'y en a qu'un demi. Ce découpage mathématique est complexe, et on ne le soupçonne pas quand on écoute de la musique. Pourtant il est établi en tenant compte des fréquences et des harmoniques de chaque note pour permettre des arrangements agréables à l'oreille.
Pour avoir une échelle de fréquences, donc de notes, plus riche, on peut effectuer plus de divisions, en séparant chaque ton diatonique en demi ton pour obtenir des tons intermédiaires. Ils sont alors signalés par les dièses ou les bémols. Cette échelle est appelée échelle chromatique au tempérament égal. Elle est donc composée de 12 demi-tons, les 12 degrés, dont 7 principaux, les 7 notes, et 5 secondaires, les 5 notes qui peuvent être dotées d'un bémol ou d'un dièse.
Musiques du monde
Il existe plusieurs systèmes musicaux et de très nombreux types de gammes. Le monde de la musique théorique est trop vaste pour pouvoir correctement en rendre compte. Nous parlerons donc ici seulement des musiques arabe et indienne.
La musique proche-orientale, et plus particulièrement la musique arabe, est très caractéristique. Elle utilise un nombre de tons intermédiaires encore plus important que notre système car elle est basée sur une division extrême des fréquences. Là où nous n'utilisons, quasiment, que le demi-ton chromatique comme ultime division, les Arabes, eux, vont jusqu'à intégrer des tiers (Limma), neuvième (Coma) et quart de ton. Le plus couramment entendu reste sans conteste de le quart de ton, qui correspondrait dans notre système à un demi dièse ou un demi bémol.
La musique classique indienne, elle, se distingue par ses constructions mélodiques, les célèbres râga. Néanmoins les Indiens utilisent un autre système musical que le nôtre. Basé sur la gamme de Pythagore, ce système comporte 26 notes ou 22 si on fait fusionner celles qui sont proches entre elles. Une autre particularité, leur rythmique exceptionnelle basée sur le dédoublement.