La création d'effets spéciaux

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Les films d'horreur usent et abusent de l'hémoglobine au point d'en écoeurer les spectateurs. Ne craignez rien, aucun acteur n'est saigné à blanc pendant le tournage. Une petite formule toute simple que vous pouvez reproduire chez vous est concoctée avant chaque scène.

 

 
Les effets spéciaux du maquillage apportent un réalisme incroyable. Photo © Lionel ALLORGE
 

Une formule très sucrée

Contrairement à ce qu'on croit, il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme de chimie pour "cuisiner" du faux sang. Par soucis de réalisme, les cinéastes utilisaient du sang de bœuf que les boucheries leur donnaient volontiers. Seul soucis : ce sang coagule trop rapidement et devient marron. Pas pratique quand il faut réaliser de nombreuses prises. Alors, les techniciens ont créé chacun leur formule secrète pour mettre au point leur hémoglobine.
Tous les ingrédients se trouvent aisément dans le commerce. Il suffit de mélanger du chocolat en tube que l'on met sur les glaces avec du colorant alimentaire carmin et de l'eau. Il faut faire attention à ne pas trop diluer le mélange et garder un aspect visqueux pour coller au plus près de la réalité. Vous pouvez aisément remplacer le chocolat par de la fécule de pomme de terre ou de la farine. L'important est d'utiliser un produit qui homogénéise. Petite indication : n'utilisez pas de colorants toxiques car le mélange est en contact direct avec la peau.

Techniques de dissimulation

Comment reproduire des coupures plus vraies que nature ou un "égorgement" en règle ? Les techniciens redoublent d'ingéniosité pour empêcher le spectateur de trouver la supercherie. Et vous allez voir que ces effets spéciaux ne nécessitent pas forcément de gros moyens ni de technologie de pointe.
Pour simuler une coupure, l'accessoiriste prend un couteau classique dont il élimine l'effet tranchant en la passant à la meuleuse. Il faut impérativement que lorsqu'il passe sur la peau, il ne blesse pas l'acteur. Sur la face interne de la lame, une durite remplie de faux sang est fixée. A son extrémité, une seringue est positionnée pour faire gicler le sang. Et là, le réalisateur entre en scène en jouant avec sa caméra et utilise différents plans pour que l'assemblage ne se voit pas. Au moment de la coupure, le cinéaste effectue un gros plan furtif et en même temps, une personne appuie sur la seringue pour faire sortir le sang. Pour que tout soit parfait, une synchronisation est indispensable. Sans quoi, l'effet de surprise tombe à plat.
Lors de scènes de lutte, les acteurs peuvent cacher des petites capsules dans leur bouche et les croquent au moment pour faire suinter du sang au niveau des commissures. Quant aux impacts de balles, une poche de sang est cachée sous le vêtement et une petite charge la fait exploser à distance.
Des effets spéciaux tout ce qu'il y a de plus simple mais les jeux de caméra participent grandement à l'effet souhaité.


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