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Samedi
3 - Lundi 5 juin 2000 |
ILOVEYOU:
un mois après
Un
mois après la plus grande infection informatique que
la terre ait connue, on peut envisager de dresser le bilan
de l'épidémie, et surtout d'en tirer les enseignements
nécessaires. ILOVEYOU s'est répandu comme une
trainée de poudre le jeudi 4 mai, mais certaines sources
déclarent en avoir eu connaissance une semaine avant,
suite à l'infection de certains ordinateurs à
Hong Kong. Toujours est-il que ce jour là, 45 millions
d'ordinateurs l'auraient reçu, et 2 millions de personnes
auraient cliqué sur la pièce jointe, déclenchant
le virus et participant à sa propagation, rapporte
l'éditeur d'anti-virus Network
Associates. Les dégâts se chiffreraient à
47 milliards de francs, mais cette évaluation est basée
en premier lieu sur les pertes de temps occasionnées
aux nombreux techniciens et responsables de systèmes
d'informations, ainsi qu'aux employés qui n'ont pas
pu travailler ce jour là. Parmi les entreprises françaises
touchées, Network Associates cite L'Oréal, Ubisoft
ou Spray.fr...
Selon une étude
réalisée par ToTeam,
99% des internautes connaissent maintenant le virus, dont
la propagation et les méfaits ont été
largement relayés par les médias. Mais seulement
3 % des mêmes internautes ont cliqué sur le virus,
alors que 14 % l'ont reçu. La protection antivirus
s'effectue aussi par l'information des utilisateurs.
On peut aussi penser
que la plupart des antivirus ne se sont révélés
efficaces qu'après le plus gros de l'infection. En
effet, leur système de fonctionnement par mise à
jour atteint ici ses limites, puisqu'un tel antivirus n'est
efficace pour un nouveau virus qu'une fois que celui-ci est
passé dans les mains des spécialistes, qui éditent
une mise à jour pour leur produit. Or, dans le cas
d'un virus de type "ver", comme ILOVEYOU, la propagation
s'effectue à une vitesse foudroyante, alors que les
antivirus ne bénéficient d'une mise à
jour que quelques heures plus tard. C'est juste le temps qu'il
faut au virus pour commettre ses méfaits. Les antivirus
fonctionnant avec des méthodes de détection
génériques et sans mise à jour sont donc
préférables. On peut aussi remarquer que les
machines fonctionnant sous Linux,
Unix ou MacOS
n'ont pas été touchées, le virus se propageant
grace à un trou de sécurité de Windows.
Ce type de problème met aussi en exergue une fois de
plus l'importance d'un système de sauvegarde, en particulier
des serveurs réseau, et d'une bonne administration
réseau.[Ludovic
Blin, JDNet]
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