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21/11/00

France Télécom rachète Equant pour au moins 1,3 milliards de dollars

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Depuis sa création en 1949 par Sita, une fondation formée entre d'importantes compagnies aériennes au niveau mondial, l'opérateur réseau Equant n'avait jamais changé de main malgré l'ouverture de ses infrastructures à d'autres clients que lesdites compagnies aériennes. Aujourd'hui, après de nombreux rebondissements et rumeurs de tous bords concernant un éventuel rachat au cours de l'année 2000, l'heureux élu s'appelle finalement France Télécom. Annoncée lundi conjointement par les trois parties, l'acquisition de 54,3 % de Equant par l'opérateur de télécommunications historique français est désormais rendue officielle. Elle devrait résulter, en toute logique, en une fusion des actifs et des infrastructures d'Equant avec ceux de Global One, le réseau racheté ce début d'année en totalité par France Télécom à ses ex-partenaires Sprint et Deutsche Telekom. "Par cette fusion, nous souhaitons aboutir à la création d'un leader mondial dans la transmission des données pour les entreprises" déclare Paul Donnelly, vice-président senior et numéro deux d'Equant en sa qualité de dirigeant français. "GlobalOne et Equant figurent déjà chacun parmi les 4 ou 5 leaders mondiaux, et le réseau ainsi formé couvrira près de 220 pays."

Un montage financier complexe
Plusieurs volets figurent au sein de l'opération d'acquisition. Tout d'abord, Equant achète à France Télécom les services de transmission de données de Global One (y compris la voix sur IP, mais pas la voix tout court) sur la base d'un échange de 80,6 millions d'actions Equant nouvellement émises après injection de 300 millions de dollars de cash par l'opérateur historique français.
Afin d'accompagner la stratégie de croissance de Global One-Equant, France Télécom investit 1 milliard de dollars supplémentaires, toujours par échange de 10 millions de nouvelles actions préférentielles Equant. En parallèle, FT obtient 68 millions d'actions Equant jusque-là détenues par Sita, qui reçoit en retour 1 action de France Télécom pour 2,2 d'Equant.
Au final, le nouvel opérateur de données formé avec Global One doit ainsi contrôler totalement le réseau Sita-Equant. Par un accord de partenariat stratégique portant sur le long terme, Sita conservera ses activités à l'égard des compagnies aériennes.
Mais pour l'instant, même si ses termes sont définis, l'acquisition n'est pas encore définitive. Dans les 6 prochains mois, elle devra recueillir les accords de la communauté européenne et des Etats-Unis, ainsi que des actionnaires d'Equant qui recevront des certificats de valeur garantie (CVG) émis par France Télécom à la clôture de la transaction. Prévue au cours du premier trimestre 2001, cette dernière donnera lieu dans les temps qui suivront à une fusion totale d'Equant et de Global One, derrière un nouveau nom de marque qui sera déterminé d'ici là.

Vers un maillage de rêve pour les multinationales
"A travers le rachat d'Equant, notre stratégie signifie la consolidation de notre deuxième axe de développement international, c'est à dire vers les entreprises multinationales", affirme Jacques Champeaux, l'un des sept directeurs du comité exécutif de France Télécom, également responsable de la branche entreprise qui gère les actifs de Global One. "Nous nous intéressons à ce marché car il présente une forte croissance et consomme de plus en plus de données. Les multinationales sont aujourd'hui très fortement impactées par l'e-transformation [ndlr: la transformation e-business]. Entre les sociétés qui deviennent internationales et les grands fournisseurs qui sont des entreprises mondiales, la prime ira aux acteurs qui auront atteint la taille critique."
Et la proposition de France Télécom arrive avec de nombreux atouts, tels que la variété de services voix et données proposés par un acteur unique, la capacité de soutien d'un réseau très développé.
Selon Jacques Champeau, "le dernier atout réside dans la complémentarité d'Equant/Global One avec l'opérateur mobile Orange que nous avons racheté cette année. A titre personnel, je crois beaucoup dans la convergence voix et données."
Au niveau international, le réseau lourd entre les principaux points de présence devrait représenter facilement plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Mais le réseau capillaire, comportant de nombreuses boucles nationales et locales, est également d'importance.
"Sa structure nous permet d'aller vers une offre multidomestique car nous utiliserons nos nombreux points de présence pour nous rapprocher du client" dévoile Paul Donnelly. "Si l'un de nos clients possède des agences dans 30 villes d'un seul pays, nous voulons être présents dans les 30 villes car notre volonté est d'être proches du client final."
[François Morel, JDNet]


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