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UMTS:
les acteurs français disent non aux enchères
Depuis
l'intervention de Laurent Fabius mardi 16 mai dernier
sur l'utilisation probable des gains obtenus par le gouvernement
dans la vente des licences UMTS, les réactions fusent
à nouveau de toutes parts contre le mode d'attribution
centré sur les enchères. Après l'Autorité
de Régulation des Télécommunications
et l'opérateur Bouygues Télécom, c'est
au tour de Jean-Marie Messier, le président de Vivendi,
de dévoiler avant-hier dans le Journal du Dimanche
la position de SFR à l'encontre de ce procédé.
"On ne peut pas attribuer une licence simplement en fonction
de la liasse de billets mise sur la table, sans prendre en
compte la qualité du service et des projets proposés
aux clients" a-t-il précisé à cet
hebdomadaire. Chez France Télécom, on se refuse à toute
annonce officielle avant que la décision n'ait été
rendue par le gouvernement. Mais selon des sources internes,
la préférence irait à la "démocratisation
de l'UMTS auprès des consommateurs". Le premier
opérateur français apparaît ne pas adhérer
au mode d'attibution par enchères, sans toutefois rejeter
la possibilité d'une solution intermédiaire.
La CSSPTT elle-même (Commission supérieure du
service public des postes et télécommunications),
composée de parlementaires et de personnalités
du secteur, alerte du fait que les opérateurs devront
débourser une somme trop importante, non seulement
pour la licence, mais également pour déployer
physiquement les réseaux. Du coup, ceux-ci n'auront
d'autre choix que de répercuter cette dépense
sur les tarifs à la clientèle pour atteindre
une rentabilité à long terme. De ce fait, le
développement d'Internet en France sur les mobiles
pourrait être compromis. Vendredi dernier, une seule voix s'était élevée
en faveur du procédé d'attribution par enchères,
celle de Ron Sommer, président de Deutsche Telekom
qui s'est porté candidat à une licence UMTS
en France quel que soit son mode d'attribution. Pour l'opérateur
allemand, qui s'est exprimé dans une interview au quotidien
Le Figaro, il serait incroyable de devoir être né en France
pour obtenir une licence dans le contexte européen
actuel. La preuve de l'impartialité du gouvernement
devrait être apportée en attribuant l'une des
quatre licences à un opérateur étranger.
En Grande-Bretagne, la mise sur le marché britannique
de ces licences par le biais d'une vente aux enchères
avait rapporté au gouvernement près de 250 milliards
de francs. En principe, les licences UMTS doivent être attribuées
d'ici la fin de l'année à quatre opérateurs
sur le sol français. Deux modes d'attribution s'opposent
en Europe : les enchères et la soumission comparative,
c'est-à-dire la sélection à partir de
dossiers de candidatures. La Grande-Bretagne et l'Allemagne
se sont engagées dans le système des enchères,
plus propice à nourrir les caisses de l'état.
D'autres pays, comme l'Espagne, les pays scandinaves et, depuis
le week-end dernier le Portugal, ont opté pour la soumission
comparative en faveur d'un développement rapide d'Internet
sur les téléphones mobiles. En France, le gouvernement
a émis la possibilité d'un procédé
original intermédiaire différent de celui mis
en place en Italie, qui ne conduirait pas les opérateurs
à débourser des sommes aussi excessives qu'en
Angleterre. Selon le ministre de l'Economie et des Finances,
Laurent Fabius, la réponse définitive du gouvernement
devrait être apportée d'ici la mi-juin. [François
Morel, JI]
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