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28/02/01
Dominique Meurisse, ClarITeam :
"Nous commençons par définir les processus
critiques... "
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de la performance
Web
Née le 28 mai 1999, la société
ClarITeam
arbore un positionnement original en tant qu'opérateur
de qualité de service, le seul mentionné en
Europe par l'étude d'IDC sur le marché du
SLM (Service Level Management) publiée au début
de l'année dernière. Ni prestataire de la
mesure de QoS comme Keynote ou Witbe, ni éditeur
comme BMC Software, la société a séduit
de grands groupes parmi lesquels le CCF, TDF, Lufthansa,
Lexmark et British Telecom avec sa démarche d'audit
et de conseil. En deux tours de table, elle a rassemblé
la première année de sa création une
somme d'environ 2,84 millions d'Euros. A ce jour, ClarITeam
emploie près de 30 personnes. Dominique Meurisse,
son directeur des opérations et l'un des co-fondateurs,
intervient pour nous préciser le positionnement de
son entreprise et son approche des problématiques
en rapport avec la qualité de service.
JDNet
Solutions : pouvez-vous définir précisément
votre métier ?
Dominique Meurisse : ClarITeam est un opérateur
de qualité de service qui propose aux entreprises
d'implanter leurs SLA (contrats sur la qualité de
service) de manière originale. En ce sens, notre
démarche consiste à développer une
approche SLM (gestion des niveaux de service) orientée
métier. Jusqu'à présent, les entreprises
ont beaucoup investi dans le domaine de la compétence
verticale. Mais aujourd'hui, la vision des affaires se construit
en fonction des processus métiers et non d'une approche
verticale. La véritable question est donc de savoir
comment mesurer de façon horizontale tout en restant
en adéquation avec les objectifs métier. Et
c'est là notre métier.
Quelle est la principale problématique
de la qualité de service sur Internet ?
Considérons par exemple le processus
e-business lié aux sites web. Deux contrats doivent
être remplis, celui des 3 clics pour arriver
à l'information, et celui des 8 secondes pour
l'affichage d'une page. Au delà, les chances deviennent
plus importantes que le client s'en aille.
De ce côté-là, l'accessibilité
n'est pas le problème le plus difficile à
résoudre. En revanche, la performance est un véritable
cauchemar. Dans les faits, les infrastructures Internet
sont rendues complexes par une multitude d'interlocuteurs.
Cela n'empêche pas d'effectuer des mesures, mais la
démarche est loin d'être facile. Il faut en
effet pouvoir les corréler avec la performance et
la disponibilité ressenties par l'utilisateur. Avec
les bonnes métriques pour mesurer la qualité
de service, tous les acteurs de la chaîne peuvent
être pris en compte.
Quelles sont ces métriques
? Existe-t-il des standards définis ?
Les métriques standard existent de
facto en fonction du processus métier. Pour l'e-business,
il s'agit de la disponibilité et du temps de réponse
ressentis par l'utilisateur. Dans d'autres métiers,
ce sera le temps pour conduire une transaction. Nous intervenons
donc en tant que maillon de la chaîne en amont. Selon
les parties prenantes, nous procédons au choix de
10 ou 20 métriques qui représentent la qualité
de service. Les informations sont disponibles, et le client
est libre de choisir ses propres métriques. Mais
sur le service final, nous n'en retenons qu'un nombre limité
en rappelant que la qualité de service est l'objectif
à atteindre. Bien sûr, chacun aura sa propre
définition de la chaîne. Ce qui fait marcher
la main, ce ne sont pas les doigts, mais la façon
dont les doigts sont placés sur la main.
Etes-vous parfois concurrent
de sociétés comme Witbe ou Keynote ?
Nous intervenons sur la performance et la
disponibilité des sites afin que les différents
acteurs de la chaîne puissent proposer des façons
d'optimiser le système d'information. Dans ce cadre,
plutôt que de proposer des investissements lourds,
nous proposons un modèle ASP réparti dans
le temps.
Mais nous ne sommes pas positionnés sur la mesure
de la performance des sites web, car ce qui nous intéresse
est le processus de transaction métier. Les sociétés
comme Keynote et Witbe vont en revanche pouvoir nous aider
à établir un benchmarking de l'accès
réseau.
Comment ClarITeam répond-elle
à la problématique de qualité de service
des entreprises ?
Nous pratiquons des analyses qui permettent
ensuite d'optimiser le système et de proposer des
architectures qui vont répondre à ces problématiques.
Pour cela, nous livrons un rapport clef en main. Les deux
domaines dans lesquels nous intervenons sont le conseil
et l'analyse.
Quelle méthodologie déployez-vous
?
Nous partons du haut et nous cherchons à
comprendre les objectifs. Pour cela, nous commençons
par définir quels sont les processus critiques, les
engagements à faire respecter, et le type de rapports
à produire au plus haut niveau afin d'être
le plus efficace possible. Puis, nous descendons dans les
architectures mises en oeuvre, et dans leurs différentes
composantes. Nous regardons quelles sont les métriques
encadrant ces dernières, et nous nous posons la question
de savoir comment les mesurer.
Ensuite, nous adoptons une démarche inverse. Soit
les sondes pour mesurer existent, soit nous développons
nos propres sondes. Au dessus, un serveur de collecte prend
celles-ci et récupère les mesures. Nous produisons
alors un premier rapport temps réel qui consiste
à donner une pertinence aux mesures sur un plan technique.
Enfin, nous reprenons celui-ci avec les différentes
données croisées, notamment organisationnelles,
dans le but de fournir un tableau de bord qui rende l'information
lisible par les décideurs. Pour nous, l'objectif
est que tous les acteurs de la chaîne aient leur propre
rapport.
Développez-vous
des outils comme ceux de BMC Software, par exemple ?
Pour nous, les outils de BMC Software sont
aussi des sondes. Ce qui nous intéresse, ce sont
les 10 à 20 principales métriques.
Ensuite, si le client dispose de ses propres outils, nous
pouvons très bien les utiliser. ClarITeam est situé
au dessus, et notre rôle est de rendre les métriques
lisibles par une population non experte en relation avec
des experts.
Qui sont vos partenaires de
mesure ?
Du côté des prestataires end-to-end,
nous travaillons entre autres avec Auditech, NetIQ, Keynote,
Witbe et Eyewatch. Sur le plan des réseaux, nos partenaires
sont des équipementiers dont Cisco, Cabletron et
Lucent. Du côté des sondes applicatives, nous
avons notamment des accords avec BMC, Candle, Empire et
Harmony. Nous avons aussi recours aux grosses applications
de management informatique comme HP Openview et Tivoli.
Celles-ci nous permettent de construire les tables avec
les principales métriques, et constituent un point
d'accès au choix des métriques pour illustrer
tel ou tel équipement ou application.
Pour mesurer, nous utilisons des technologies actives, c'est-à-dire
des robots qui jouent un scénario et donnent une
référence, et des technologies passives comme
des daemon (programmes Unix résidents) situés
sur le poste de travail et qui ne renvoient la réponse
que quand l'utilisateur effectue la transaction.
Pouvez-vous citer des expériences
client qui illustrent l'étendue de vos services ?
Nous travaillons avec Amadeus pour mesurer
les temps d'accès à l'information en ligne,
en particulier avec Lufthansa. Avec la plupart des compagnies
aériennes, ils fonctionnent en EDI afin de centraliser
les réservations. Ils considèrent ClarITeam
comme un véritable arbitre indépendant pour
mesurer la qualité de service. Et pour eux, perdre
quelques secondes provoque des impacts business colossaux.
L'un de nos clients, par exemple, avait installé
un réseau voix/données et tous les ports n'avaient
pas été activés. Donc, les appels en
interne passaient sur les réseaux publics et du coup,
l'investissement n'était pas rentabilisé et
l'entreprise payait deux fois. Enfin, dans un domaine complètement
différent, nous avons aussi travaillé avec
Lufthansa sur l'optimisation de leurs processus d'embarquement.
Ingénieur en télécommunications et électronique de l'ESME
Sudria, Dominique Meurisse compte 11 ans d'expérience
commerciale et marketing dans le domaine des technologies
de l'information et des réseaux. P-D.G. et co-fondateur
de ClarITeam, il avait déjà participé à la création de la
société de services et d'ingénierie
Arche Communications, au sein de laquelle il a assumé
la direction commerciale et marketing. Auparavant, il a
notamment été responsable grands comptes pour
la zone couvrant l'Europe du Sud chez l'équipementier
réseau américain 3Com.
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