Olivier Dellenbach, eFront: "La
pérennité du modèle ASP passe par les
canaux de distribution"
Propos
recueillis le par Cyril
Dhénin
Créée
au début de l'année 1999, eFront
se présente avant tout comme l'éditeur d'une
architecture technique destinée aux services ASP.
Pour les lecteurs de JDNet Solutions, son président
Olivier Dellenbach, fait le point sur son activité.
Et notamment sur ce qu'il estime être aujourd'hui
le nerf de la guerre pour le développement de l'ASP
: le développement des canaux de distribution.
JDNet
Solutions : Vous venez d'annoncer une forte inflexion de
votre stratégie commerciale, expliquez nous vos objectifs
?
Olivier Dellenbach : Quand nous nous sommes
créés en 1999, notre premier objectif était
de créer une architecture technique et des outils
de développement pour gérer la nouvelle génération
de services que représente l'ASP. Ce que nous avons
fait en développant notre plate-forme Frontware et
aussi en élaborant nos propres services. Mais aujourd'hui,
l'avenir du modèle ASP se joue ailleurs que sur le
terrain technique. Ceux qui, comme nous, développent
des technologies ASP, et ceux qui les hébergent,
ont un problème : le coût d'acquisition des
clients reste trop élevé. C'est logique :
comment voulez-vous rentabiliser une équipe de vente
directe quand il s'agit d'aller vendre des services facturés
50 francs par mois et par utilisateur à des petites
entreprises ?
D'où votre volonté
de développer une stratégie de vente indirecte
?
Absolument. La prérennité du
modèle ASP passe nécessairement par le développement
des canaux de distributions. Nous comptons déjà
un opérateur comme Cegetel parmi nos partenaires
mais il nous fallait aller plus loin, en nous appuyant sur
des réseaux de distribution plus classiques, les
seuls capables d'atteindre notre cible. Ce sont ces distributeurs
qui, en vendant des équipements matériels
et logiciels, pourront proposer à leurs clients pour
un faible surcoût de profiter d'un service ASP. Nous
continuerons la vente directe uniquement pour les clients
prêts à équiper au moins 200 utilisateurs.
Par ailleurs, les clients ont toujours la possibilité
de se rendre sur notre site pour s'inscrire directement
à nos services.
Dans
le cas d'une vente de vos services via un partenaire, qui
facture le client ?
Tout dépend du partenaire. S'il s'agit
d'un hébergeur de services ASP, nous lui vendons
une licence de notre plate-forme en marque blanche et il
lui revient de commercialiser les services aux clients.
Avec les distributeurs 'classiques', nous allons opter pour
le modèle de l'apporteur d'affaire. Aussitôt
un client acquis, ils percevront une commission et c'est
nous, ensuite, qui facturerons, les clients.
La refonte de l'interface
de eFrontsales, votre service destiné au pilotage
des forces de vente s'inscrit-elle dans ce mouvement ?
Elle y participe. Nous pensons que pour être
vendus en indirect, nos services doivent offrir une interface
la plus lisible possible. Nous avons donc revu le bureau
virtuel de Frontsales, en allégeant sensiblement
les pages et en simplifiant la navigation à travers
les rubriques.
Aujourd'hui, quels sont les
autres services applicatifs inscrits à votre catalogue
?
Nous en couvrons notamment quatre : eFrontsales
donc, pour les forces de vente, eFrontexpenses pour la gestion
des notes de frais, eFrontServices pour la gestion des services
généraux de l'entreprise (réservation
des salles, des matériels, etc) et eFrontRessources
pour la gestion des ressources humaines. Nous pensons que
ces services se prêtent particulièrement à
un usage en mode ASP.
Sur quelles technologies vous
appuyez-vous et quelle valeur ajoutée technique apporte
votre plate-forme ?
Aujourd'hui, nous exploitons des technologies
Microsoft, à savoir Windows NT, Internet Information
Server et SQL Server. Cela dit, nous sommes en train de
travailler pour proposer ses services dans un environnement
Unix. Les hébergeurs de services ASP ont une culture
Microsoft ou Unix mais rarement les deux à la fois.
Il nous faut donc proposer les deux environnements. Quant
à la valeur technique que nous apportons, pour l'illustrer
je citerai l'une des fonctions de notre plate-forme : son
aptitude à gérer le mode offline. Contrairement
à une idée très répandue, les
services ASP ne demandent pas forcément une liaison
permanente. Avec notre plate-forme, les services peuvent
être téléchargés afin de réaliser
des opérations et des saisies en mode déconnecté.
Comme avec un Palm Pilot, les connexions ne sont nécessaires
que pour synchroniser les nouvelles saisies avec la base
centrale.
Quelle différence faites-vous
entre l'outsourcing et l'ASP ?
Soyons francs, la différence est subtile...
Dans le cas de figure de l'outsourcing, le client confie
à un tiers l'exploitation de ses données sur
une plate-forme dont il reste le propriétaire. En
mode ASP, le client n'est plus propriétaire de la
plate-forme technique qui est mutualisée par le prestataire.
Diplômé de l'école Polytechnique,
Olivier Dellenbach est le fondateur de Nat Systèmes,
un éditeur d'outils de développement, société
qu'il revend en 1998. Nat Systèmes représente
alors 250 personnes et un chiffre d'affaires de 240 millions
de francs. C'est après ce beau succès d'affaire
qu'Olivier Dellenbach se lance dans l'aventure eFront.
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