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24/04/01

Patrick Chassany, Amen: "En mutualisé, le plus dur est de faire respecter la Netiquette"

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Lors de sa création en janvier 1999, Amen se positionne en tant que fournisseur de noms de domaines, une activité qui ne tarde pas à s'élargir un an après vers l'hébergement de sites sur plates-formes mutualisées à moindre coût. Depuis quelques mois, le prestataire s'est engagé sur le chemin du dédié, principalement à l'attention des PME qui souhaitent passer à la vitesse supérieure. Aujourd'hui, Amen sert les intérêts d'environ 10 000 clients, héberge le même nombre de sites et gère près de 20 000 noms de domaines. Dans le contexte de son entrée directement en première place du nouveau classement des hébergeurs, nous avons tout naturellement souhaité recueillir le regard que porte Amen sur son métier. Entretien avec Patrick Chassany, le directeur technique et opérationnel de l'une des offres les moins chères sur le marché (à partir de 490 francs par mois sur serveur dédié).

JDNet Solutions : quelles sont les principales tendances du marché de l'hébergement ?
Patrick Chassany : Concernant la demande, nous avons relativement peu de contacts avec le client avant-vente. Ceci dit, nous observons une tendance forte de la part des petites et moyennes entreprises, qui sont de plus en plus nombreuses à souhaiter ouvrir des sites marchands. Ces derniers ne sont pas forcément équipés d'un système de paiement relié à une banque, mais présentent au minimum les produits en ligne. Or, jusqu'à présent, nous y étions peu confrontés en mutualisé, où les clients venaient surtout nous voir attirés par les prix.


Voyez-vous aussi des évolutions du côté des offres déclinées par les différents acteurs, comme le fait de proposer des services en ASP (mode locatif) ?

Tout le monde se copie, et nous ne voyons pas émerger beaucoup de services innovants. Du côté des offres packagées, par exemple, nous avons été les premiers à en proposer.
Quant à l'ASP, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une tendance importante, car les entreprises ne se sentent pas prêtes face aux problématiques de sécurité. Nous avons réalisé un test auprès de nos clients dont 70 % sont des PMEs de moins de 20 salariés. Et cela leur pose problème de ne plus avoir la maîtrise de leurs données en interne et de les laisser chez un prestataire. Evidemment, les technologies existent pour protéger les échanges de données, mais le client continue à avoir peur.
Enfin, au sujet de notre offre, je peux vous parler de deux autres évolutions importantes en terme de produits. D'une part, nous allons lancer notre kit de création de sites ISO-Tools qui sera disponible à la location en ligne. D'autre part, nous constatons une demande de plus en plus forte sur le référencement, et nous allons bientôt y répondre. D'une manière générale, les entreprises s'éduquent petit à petit.


Quelles sont les plus grandes difficultés que vous rencontrez dans le métier d'hébergeur ?

En mutualisé, le plus difficile est de faire respecter la "Netiquette" auprès de certains clients qui abusent par exemple des CGI, du téléchargement de fichiers MP3 ou qui effectuent des connexions persistentes sur MySQL. Quand un serveur héberge 175 noms de domaines et qu'un seul client pénalise les autres, nous sommes amenés à suspendre proprement son compte. Nous avons mis en place de nombreux scripts qui surveillent les flux en permanence et nous avertissent en cas d'abus. A partir de là, nous prévenons le fautif que nous allons le suspendre. Et aujourd'hui, nous en arrivons à un tel degré d'automatisation que ce travail de surveillance nous permet d'anticiper le client qui va pénaliser les autres.
Nous avons déjà réfléchi au fait de restreindre les possibilités techniques, mais cela n'est malheureusement pas gérable. Car si certains hébergeurs proposent des CGI pré-paramétrés ou en interdisent purement l'accès, ce n'est pas notre cas. Nous fournissons à nos clients des répertoires privés CGI ou même PHP, et nous ne voulons pas brider la valeur ajoutée de notre service.


Comment vous situez-vous dans le débat actuel sur la qualité de service, sachant que vous proposez désormais une offre de serveurs dédiés ?
En dédié, nous nous positionnons sur l'entrée de gamme. Notre offre correspond à un Cobalt Raq4 pour 490 francs hors taxes par mois (contrat sur un an). Elle s'adresse au marché de l'hébergement dédié sans infogérance et sans SLA (contrats sur la qualité de services), à prix discount, répondant aux besoins des PME et des TPE. Dans ce contexte, nous n'administrons pas les couches logicielles et nous ne proposons pas la répartition des charges. Mais nous allons développer ce type de services, ainsi que des SLA pour la rentrée de septembre.
Autrement, nous avons signé un partenariat avec Witbe et nous sommes en train d'intégrer la surveillance des URL dans notre offre. En payant un supplément, nos clients pourront ainsi recevoir des alertes sur la disponibilité de leur site par mail, SMS, fax ou autres...
[Propos recueillis par François Morel, JDNet]

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