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Voici
plusieurs années que les maîtres de l'ergonomie
nous ont appris que, le fin du fin, pour un site Web,
c'était de pouvoir être vu par tous dans
de bonnes conditions. Et pour parvenir à cet
objectif, une seule solution: écrire du code
HTML le plus standard possible. Un impératif
qui depuis trois ans nourrit une querelle de chapelle
entre les "créatifs cigales" (infographistes,
directeurs artistiques) et les "rationnels fourmis"
(chefs de projets, ergonomes, ingénieurs). Les
premiers prônent l'utilisation de technologies
graphiques animées telles que le Flash; les seconds
défendent le "tout-en-HTML", visible
sans aucun plug-in sur un maximum de plates-formes.
Aujourd'hui toutefois, il n'y a plus de doute: les créatifs
viennent de l'emporter sur les rationnels. Et ils n'ont
pas seulement gagner une bataille mais bel et bien la
guerre. En quelque sorte, les cigales ont eu le dernier
mot: "Vous ronchonniez, j'en suis fort aise, et
bien vous êtes dépassés maintenant
!"
Un beau joujou pour infographiste
Pourtant, en 1997, quand Macromedia a fait l'acquisition
de Flash, il aurait été bien aventureux de prédire une
telle issue. A cette époque, Flash est avant tout un
joujou des infographistes. Son principal atout est de
pouvoir créer des animations très attractives et très
légères, mais il nécessite un plug-in dont le téléchargement
prend plusieurs minutes... Il y a trois ans, Flash c'était
donc pour "faire du beau", logique étrangère
à la plupart des sites ebusiness réputés
- un Yahoo ou un Amazon n'utilisent pas Flash.
Seulement voilà, en trois ans, le visage du Web
a foncièrement changé. Face à la
menace d'une plate-forme commune - le navigateur - unifiant
toutes les plates-formes, Microsoft, inquiet de perdre
sa position stratégique, a réagi avec
l'efficacité que l'on sait. Et aujourd'hui on
ne développe plus pour le Web, en langage HTML
standard, mais forcément pour Microsoft Internet
Explorer, quitte à développer dans une
technologie propre à cet éditeur (DHTML).
Le mythe du client universel "pur HTML" a
souffert...
Flash 5, l'âge de la maturité
Parallèlement, Flash a connu un saut quantique.
La version 5 constitue plus qu'un outil performant de
design et d'animation; c'est désormais un environnement
complet de programmation qui permet non seulement de
réaliser du "beau" mais aussi de l'utile.
Et nos propres tests nous montrent que des infographistes
formés à Flash obtiennent après
deux semaines des interfaces de meilleure qualité
que les ingénieurs expérimentés
en Javascript, tout en passant 30% 50% de temps en moins
à les développer et à les tester
entre les différentes plates-formes.
Certes, lire du Flash nécessite toujours un plug-in.
Mais, là aussi la donne a changé : ce
plug-in est maintenant installé par défaut
sur Internet Explorer. Surtout, grâce à
ce plug-in, une interface Flash est identique sur PC,
Windows, Mac, Unix... Autant dire que Flash est devenu
de fait le seul outil universel côté client.
Une position renforcée par le fait que Macromedia
est aussi l'éditeur des deux logiciels (Dreamweaver
et Homesite Studio) les plus utilisés pour créer
du HTML. Par ailleurs, au début de l'année,
Macromedia a acheté la société
Allaire, éditeur du serveur d'application Cold
Fusion. En rapprochant les fonctions de Cold Fusion
et de Flash 5, Macromedia ambitionne de rendre accessible
au plus grand nombre les technologies dites dynamiques,
encore réservées pour l'heure aux ingénieurs
de développement. Finalement, la cigale n'a peut-être
pas encore dit son dernier mot...
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