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Une
grosse frayeur s'est emparée il y a quelque temps d'une
PME dont l'activité dépend entièrement de sa plate-forme
Internet. A l'origine de la panique : des serveurs devenus
incontrôlables et qui, toutes les deux heures, "prenaient
l'initiative" d'expédier des données à travers le réseau.
Seule solution pour cette entreprise : se déconnecter
du réseau en attendant d'identifier l'origine de son
mal. En l'occurrence, des chevaux de Troie nichés dans
les serveurs. Tout aussi nocifs que les virus et autres
vers, les chevaux de Troie sont pourtant moins sous
les feux de l'actualité - qui se souvient que le célèbre
virus " I Love You " cachait aussi un cheval de Troie
? Cette situation s'explique: alors qu'un virus altère
ouvertement des fichiers, alors qu'un ver se duplique
jusqu'à saturer un disque dur, le cheval de Troie, lui,
prend soin avant tout de ne pas manifester sa présence.
Avec quel objectif ? Nous allons y revenir…
"A l'insu de son plein gré"
Tout d'abord, une petite précision s'impose sur les
différentes manières d'accueillir un tel intrus - à
"l'insu de son plein gré" serait-on tenté d'ajouter.
En fait, deux cas de figure se présentent. Soit, l'utilisateur
a reçu ce bout de code dans un email et l'a activé en
cliquant sur un exécutable ; soit, il a tout simplement
été le chercher ! En effet, il est tout à fait possible
de cueillir un cheval de Troie en naviguant sur des
sites, disons… plus ou moins douteux. A une époque,
certains sites permettaient ainsi de télécharger Winzip,
le célèbre utilitaire de compression de fichiers, avec
en prime un cheval de Troie ! Dans ce domaine, les entreprises
doivent garder à l'esprit que le développement des forces
commerciales nomades accroît les risques. Hors des murs
de l'entreprise, ces salariés se connectent parfois
à Internet sans être protégés par l'infrastructure logicielle
de l'entreprise et viennent ensuite brancher leur ordinateur
portable sur le réseau local. Nous avons récemment rencontré
une société qui, par ce biais, avait récolté près de
26 chevaux de Troie, tous très actifs… Justement, quels
types d'effets faut-il redouter?
Du cheval de Troie à la prise de contrôle
à distance
Généralement, une prise de contrôle à distance de la
machine infectée. Aussitôt installé, le cheval de Troie
envoie l'adresse IP de son hôte au pirate, voire à des
pirates. Il arrive d'ailleurs que les adresses IP des
machines ainsi contaminées soient directement publiées
dans des forums ou sur des canaux IRC (Internet Relay
Chat, canaux de dialogue en direct). Ces programmes
sont parfois tellement doués que certains ont déjà eu
l'idée d'en faire des logiciels commerciaux, concurrents
des produits de contrôle à distance comme PCanywhere
de Symantec ! Cette prise de contrôle offre toutes les
possibilités : copie et effacement de fichiers, récupération
des paramètres de la connexion réseau, de le messagerie
et des mots de passe stockés en clair dans la mémoire
de l'ordinateur… Rappelons que même si tous les messages
électroniques ne sont pas confidentiels, le fait de
disposer des paramètres d'un compte permet d'utiliser
ensuite ce dernier pour des actions délictueuses. Ces
dommages sont d'autant plus préjudiciables que beaucoup
de temps peut s'écouler avant que le cheval de Troie
ne soit découvert. Et à ce jeu-là, même les meilleurs
se font prendre. Microsoft lui-même a laissé s'écouler
un mois et demi avant de découvrir que ces systèmes
hébergeaient de tels clandestins. Comment s'en prémunir
?
Les moyens sont classiques : tenir à jour les anti-virus,
lancer régulièrement des examens en profondeur des postes
de travail et, aussi, éviter les sites à risques. Des
mesures minimales qui, toutefois, ne mettront pas forcément
l'entreprise à l'abri d'un cheval de Troie " ciblé ",
installé par exemple par un salarié mécontent ou par
un intervenant extérieur à l'entreprise (en régie par
exemple). Un cas, lui aussi, déjà observé.
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