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Article
 
14/09/01

Pourquoi le client-serveur n'a pas dit son dernier mot

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Par Franck Gonzales, directeur technique d'Owendo

Le client-serveur n'est pas arrivé par hasard. Les années 70 et 80, que ce soit sur terminaux ou sur PC, avaient fait la part belle aux interfaces en mode caractère (saisie au clavier). L'arrivée de machines plus puissantes aidant, les interfaces graphiques basées sur le pixel ont pu voir le jour. Avec une manipulation plus conviviale des applications, sans perdre les avantages des applications caractère ces interfaces ont dans un premier temps été freinées par une complexité d'utilisation accrue, et bien entendu, par des postes utilisateur pas toujours à la hauteur en termes de performance (mémoire et puissance insuffisantes). Mais assez rapidement, en fait dès le début des années 90, les nouveaux projets se sont majoritairement orientés vers l'architecture client-serveur, alors qu'une partie du parc applicatif a commencé à migrer du mode caractère vers le client-serveur.

Le client-serveur "effacé" par le Web

A peine le temps de dire " ouf ! ", et voici le client-serveur remis en question par l'arrivée d'un nouvel arrivant : le Web. Sans apport d'un point de vue fonctionnel, c'est surtout grâce à sa standardisation qu'Internet a réussi à aller au-delà de sa vocation originelle et a pu percer dans un domaine où on ne l'attendait pas : la gestion informatique. Le résultat ne s'est pas fait attendre. En quelques années, le Web a pris le pas sur le client-serveur, reléguant aux oubliettes une technologie qui n'a même pas eu le temps de s'imposer massivement et durablement dans les entreprises. Et pourtant, un rapide étude comparative des mérites respectifs de ces deux architectures n'est pas dénuée d'intérêt…


L'architecture web s'apparente en effet aux applications mainframe, le poste de l'utilisateur faisant quasiment office de terminal passif. L'architecture client-serveur classique, ou client-serveur de données, est à l'inverse fondée sur la présence des applications sur le poste des utilisateurs. Passons sous silence les architectures " hybrides ", qu'il s'agisse du client-serveur dit " de seconde génération " ou des applications graphiques Java multi-niveaux arrivées un peu plus tard et qui n'ont pu s'imposer en cumulant les écueils de chacune des approches. En synthétisant les expériences de ces dernières années, on peut relever les éléments suivants pour chacune des architectures :

Point forts du Web
Points forts du client-serveur
- Déploiement
- Cinématique
- Cible utilisateur élargie
- Accès distant
- Gestion centralisée
- Intégration de l'existant
- Evolutivité de l'architecture
- Standardisation des traitements
- Pérennité
- Réutilisation
- Richesse de l'interface graphique
- Dialogue avec applications clientes
- Saisie de masse, saisie complexe
- Disponibilité au niveau application
- Sécurité
- Impressions
- Maturité des solutions
- Maîtrise des applications

On le voit, les deux architectures, fondamentalement différentes, ne répondent pas aux mêmes besoins. Pour cette simple raison, il paraît un peu hâtif d'enterrer le client-serveur qui présente toujours des atouts conséquents pour les applications mettant en œuvre des problématiques fortes de saisie, d'impression ou qui doivent présenter des capacités graphiques évoluées. Sans aucun doute, l'arrivée du Web, et plus généralement des applications multi-canaux, a permis la refonte de systèmes d'informations composés d'applications mode caractère et client-serveur, et la mise en place de nouveaux types d'application (sites institutionnels, applications B2C, portails d'entreprise...). Mais il reste des contextes particuliers où les technologies web se révèlent trop inadaptées, où la migration n'est pas envisageable.

Dans ces cas de figure, généralement dans les situations où la productivité constitue un facteur déterminant pour la réussite du projet, le client-serveur reste la solution la plus à même de répondre au mieux aux attentes des entreprises. Même s'il ne s'agit pas de l'architecture la plus récente…


Avant de rejoindre Owendo, Franck Gonzales était responsable de la R&D de Techmetrix, filiale de SQLI. A ce poste, il s'occupait notamment de l'encadrement des équipes de consultants et de la gestion du mode de formalisation de la veille technologique.


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