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Actualité / Sécurité
Lundi 24 septembre 2001
Le risque interne, parent pauvre des entreprises européennes
          
Depuis au moins deux ans, les experts en sécurité et les cabinets d'études s'escriment à sensibiliser les entreprises sur les risques majeurs qu'encourent en interne leurs systèmes d'informations. Mais d'après la dernière enquête d'Evidian, celles-ci persistent dans leur majorité en Europe à ne craindre les attaques que depuis l'extérieur. Or, comme le rappelle l'éditeur de logiciels d'administration sécurisée, filiale de Bull, les menaces externes dues aux pirates représentent moins de 30 % des attaques. La partie immergée de l'iceberg, souvent non médiatisée, se constitue donc de risques internes à plus de 70 %.

Pour appuyer son argumentaire, Evidian a donc interrogé 250 grandes entreprises dans sept régions ou pays d'Europe. Bien que relativement désastreux, le bilan s'avère des plus fragmentés car les risques et les protections varient selon les contrées. Si l'Allemagne, l'Italie et la Scandinavie sont les seules à dépenser proactivement plus de 1 million de dollars par an pour sécuriser leurs systèmes d'informations, la France est l'unique pays à débourser plus de 500 000 dollars en réparation suite aux attaques diverses. Ce chiffre peut indiquer une plus grande honnêteté des répondants, mais aussi souligner le manque d'investissement préalable dans la sécurité.

Internes ou externes, délibérées ou accidentelles ?
Dans tous les pays et régions sondés, les attaques sont le plus souvent rapportées en interne. En Grande-Bretagne, les responsables sécurité interrogés font même état d'un rapport 90/10, avec une connotation très nette sur le fait qu'elles sont délibérées (70 %) plutôt qu'accidentelle (20 %). Parmi les pays les plus sensibles aux risques internes (80/20), la France se situe à l'opposé en estimant que les menaces sont plus accidentelles (65 %) que délibérées (15 %). Evidian rappelle à ce propos que les défaillances rapportées n'apparaissent pas toujours comme le fait d'attaques alors qu'elles peuvent l'être quand même. En clair, si l'entreprise ne dispose pas des outils adéquats pour surveiller l'activité de son réseau, il devient difficile pour elle de diagnostiquer correctement.

Outre-Manche, le sabotage est considéré comme le principal risque, ce qui s'accorde bien avec le caractère délibéré des attaques mentionnées ci-dessus. En Italie, c'est la fraude financière qui est perçue soit comme très répandue, soit comme provoquant le plus d'impact. A l'inverse de tous les autres, ces deux pays jugent que les virus sont généralement sur-estimés. L'importance la plus grande leur est accordée en France, en Allemagne, en Espagne et dans le Benelux. Chez les trois premiers, les intrusions viennent en deuxième position. Une place occupée par l'accès des employés dans seulement deux pays: l'Italie et la France pour qui celui-ci est a égalité avec les intrusions. Dans la plupart des régions, sauf ces deux dernières, la réponse moyenne vient donc en contradiction avec la prédominance des attaques internes.

Firewall et antivirus pour protéger le front-office
De même, il peut paraître un peu étonnant que la première préoccupation soit le site web en France, en Scandinavie, en Italie et dans le Benelux. L'Allemagne et l'Espagne enregistrent plus d'attaques sur les intranets, et la Grande-Bretagne craint davantage pour ses bases de données. A contre-courant de ses produits tournés vers l'authentification, Evidian fait tout de même remarquer que le site web constitue la vitrine de l'entreprise. Ici, l'image de marque de l'entreprise est en jeu. En revanche, l'extranet qui est aussi un site ouvert sur le web mais sécurisé par mot de passe vis-à-vis des clients, fournisseurs ou partenaires, n'inquiète pas trop les européens. Et pourtant, il donne parfois plus sûrement accès aux applications critiques dans l'entreprise lorsque celles-ci sont intégrées à la plate-forme. A cet égard, Evidian rappelle que les quatre éléments considérés doivent être pris en compte au sein d'une politique de sécurité globale.

Enfin, bien que les attaques soient le plus répertoriées en interne, les outils de sécurité les plus souvent installés sont situés en périphérie des systèmes d'information pour se protéger de l'extérieur. Seule l'Allemagne exploite davantage les outils de chiffrement. Mais d'une manière générale, ce sont effectivement les pare-feux et les antivirus que l'on retrouve dans les entreprises. Ensuite viennent les mots de passe qui sont à la base de toute sécurité d'accès. Mais dans tous les pays, l'authentification par clef ou carte à puce et les infrastructures PKI sont boudées. Deux domaines dans lesquels Evidian semble avoir encore fort à faire pour sensibiliser à la vente de ses produits.
[François Morel, JDNet]

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