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28/09/01
Exodus
s'inscrit désormais au Chapitre 11
Au printemps dernier, Exodus
continuait de sonner la victoire sur sa base installée
de 44 centres d'hébergement dont un inauguré
en mai dans la région parisienne. Depuis, les
conditions n'ont cessé de se dégrader. Après
deux vagues de licenciement depuis le début de
l'année, une dette qui a doublé en moins
d'un an à près de 3 milliards de dollars,
et le départ cet été de dirigeants
suivi de celui, début septembre, de la présidente
Ellen Hancock, le poids lourd américain de l'hébergement
a la gueule de bois. A titre indicatif, rappelons que
son vice-président sécurité Bill
Hancock qui n'a pas de lien de parenté avec la
précédente a conservé ses fonctions.
Mais sur la base de ce qui ressemble à une déroute
financière, le nouveau patron mondial, L. William
Krause, vient de prendre mercredi la décision fatale
de la banqueroute.
L'opération règlementaire qui figure au
chapitre 11 de la Loi américaine sur les banqueroutes
est donc engagée. Impliquant une réorganisation
mais pas forcément une fermeture, ce "Chapter
11" est quasiment passé dans le langage courant
du fait de la multiplication des recours, en ces temps
de crise dans le secteur des technologies.
L'Europe,
donc la France, ne sont pas concernées
Selon
la déclaration officielle de l'entreprise, seuls
ses actifs aux Etats-Unis sont concernés. Une information
que confirme son directeur des ventes Europe du Sud, Philippe
Martraire : "La décision n'impacte pas
du tout la France et l'Europe. Pour nous, le Chapter 11
est un moyen de rééchelonner la dette. Du
reste, General Electric Capital nous apporte 200 millions
de dollars. Les lancements de nouveaux datacenters vont
être repoussés. Et, aux Etats-Unis, nous
devrions annoncer la fermeture de certains centres redondants
parmi les trente-quatre que nous possédons sur
le sol américain. C'est un plan qui répond
aux attentes des financiers. Le service n'est pas affecté."
Bref, le ciel ne s'est pas encore complètement
assombri pour Exodus et ses clients. L'hébergeur
qui cible les grands comptes a annoncé 264 nouveaux
clients au deuxième trimestre. Dans l'infrastructure
française, "totalement finalisée"
selon Philippe Martraire, le développement de nouveaux
services se poursuit. "Nous augmentons continuellement
le spectre de notre offre qui s'oriente vers le managed
web hosting (infogérance web applicative, ndlr).
Il s'agit d'une technologie Exodus gérée
en interne avec un support multi-niveaux."
Repreneurs
potentiels ? Microsoft et Cable&Wireless
Bruno Paolini,
le directeur général France d'IXEurope,
l'un des principaux concurrents d'Exodus, a souhaité
réagir en indiquant que cette annonce ne lui était
pas forcément favorable. "Nous sommes au courant
depuis quelque temps par nos investisseurs", indique-t-il.
"La problématique devient de moins en moins
industrielle mais beaucoup plus psychologique. Quand la
bourse tousse un peu, les valeurs s'effondrent. Chez IXEurope,
nous disposons d'une visibilité jusqu'à
la fin 2002 et c'est pourquoi nous sommes assez confiants.
Mais le marché se resserre de façon considérable
avec un hébergeur par mois qui ferme. Cet été,
AboveNet s'est retiré d'Europe et l'anglais CityReach
a mis la clef sous la porte. Je pense qu'Exodus va être
repris, mais s'ils ne trouvent pas de solution ce sera
très grave."
Déjà lancée à la fin du mois
d'août par ses dirigeants, la suggestion de la revente
d'Exodus reste d'actualité. Philippe Martraire
nous confirme que "toute offre de rachat sera examinée
dans le détail. Mais notre but est de rester indépendants
pour aller vers la réalisation de nos objectifs."
En attendant, un informateur dont les sources se situent
dans l'investissement en Grande Bretagne nous fait part
de repreneurs potentiels qui se seraient montrés
intéressés. Parmi eux, Cable&Wireless
qui était déjà candidat au rachat
mais s'était ravisé, pourrait raviver son
intérêt face aux nouvelles conditions.
L'autre nom serait celui de Microsoft. Hébergé
chez Exodus aux Etats-Unis, le géant du logiciel
a également signé un contrat de deux ans
en août avec Global Crossing pour la mise en place
et le maintien de son réseau entre ses neuf centres
"répartiteurs" européens. L'opérateur,
qui possède aussi 19 % des parts de l'hébergeur
mondial, a revendu son activité GlobalCenter à
Exodus en octobre 2000. Ceci pourrait renforcer le faisceau
de présomptions. Mais malgré nos sollicitations,
aucune réponse de Microsoft ne nous est parvenue
quant à une éventuelle stratégie
axée sur l'hébergement sécurisé
d'applications web critiques.
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