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Jeudi 13 décembre 2001
Arisem en quête de repreneurs
          
Mis en difficulté en début d'année suite au retard de la version 3 de ses produits, l'éditeur français Arisem a décidé en novembre de se placer en cessation de paiement. Objectif affiché : obtenir le redressement afin de préparer la venue de nouveaux repreneurs et d'assurer ainsi la pérennité de son offre. Depuis le 3 décembre, c'est chose faite.

9 millions de francs de chiffre d'affaires dès 1999
Fondée en 1996 par deux ingénieurs, Arisem articule dès
l'origine sa gamme de produits autour de deux solutions : une application d'analyse sémantique d'une part, et un module de collecte de contenus Web distants d'autre part. Avec un chiffre d'affaires annuel de 500 000 francs sur 1996 et 1997, l'éditeur gagne ses premiers mandats dans les domaines de la gestion documentaire et de la veille. Ses clients arborent des noms prestigieux tels que France Télécom ou encore TotalFina-Elf. L'année 1999 est marquée par le lancement de la version 2 de sa suite, opération qui se traduit par l'acquisition de nouvelles références parmi les grands comptes français. Le chiffre d'affaires annuel se porte ainsi à 9 millions de francs... "Une croissance qui a été entièrement financée", commente Jean Ferré, président du directoire d'Arisem.

En février 2000, un premier tour de table (à hauteur de 20 millions de francs) est conclu auprès de AGF Private Equity et d'Innovacom, filiale de France Télécom. Cette levée de fond est consacrée pour moitié à l'amélioration des produits. La démarche passe par la mise en place de processus de qualité et des supports technique et documentaire. Au menu également, la poursuite des développements afin d'être capable de fournir l'ensemble des fonctions d'un intranet de travail collaboratif, ainsi que la prise en charge de l'ensemble des formats de données non-structurées (son, images, etc.). L'autre moitié de l'enveloppe est destinée au renforcement de la dimension commerciale. "Cela s'est traduit par le recrutement d'une équipe de commerciaux compétents à l'international, puis la signature de partenariats avec divers distributeurs et intégrateurs (tel que Soleri ou Cap Gemini) -en Espagne, Belgique et Suisse notamment.

Vers l'accueil de nouveaux investisseurs
Annoncée pour l'automne 2000, la version 3 des solutions d'Arisem sera finalement disponible près d'un an après. "Ce
retard a fini par brouiller le message commercial", pointe-t-on chez le fournisseur, tout en remarquant qu'il s'agit là d'un défaut courant chez la plupart des éditeurs. Le fond du problème ? La société compte alors tirer 30 à 40% de son chiffre d'affaires du secteur des dotcoms. "Dès fin 2000, les impayés se sont accumulés chez cette catégorie de clients", explique Jean Ferré. "Avec ses systèmes de travail collaboratif et de gestion des profils, la v.3 nous assurait alors un meilleure positionnement vis-à-vis des grands comptes, tant pour des projets de veille que d'intranets documentaires". Mais la nouvelle édition est arrivée trop tard pour assurer un basculement effectif sur ce recentrage.

Dans ce contexte économique, l'accompagnement de la stratégie rénovée passe donc forcément par l'apport de nouveaux fonds... Une phase qui vise à consolider l'offre en place, en se concentrant sur le soutient aux clients existants. Cependant, "il est assez difficile de convaincre des investisseurs à venir financer un plan social", commente Jean Ferré. Une démarche qui semble d'autant plus ardue à l'heure où le monde capitalistique vit une crise qui a entraîné l'alourdissement des conditions de valorisation. "Etant donné la situation, nous avons décidé de lancer une procédure de cessation de paiement", indique le président du directoire. Prononcée en décembre, la mise en redressement conduit aujourd'hui Arisem à offrir une meilleure situation à d'éventuels repreneurs. Alors que son nouveau statut n'impose aucun plancher quant au montant de l'opération, la société aurait déjà été contactée par plusieurs industriels.

"Il y aura reprise"
La recherche de la solution de reprise a été définie en concertation avec la base salariale, passée de 80 à 50 personnes environ l'été dernier, et les principaux clients. Elle fait actuellement l'objet d'une période d'observation de 6 mois de la part du tribunal de commerce, avec pour but premier de privilégier la position d'Arisem. A savoir : garantir la pérennité de son offre. Pour l'heure,
l'entreprise est prête à tout mettre en oeuvre pour assurer ce plan. "En considérant nos perspectives de chiffre d'affaires, une équipe d'une vingtaine de personnes pourra être maintenue afin d'assurer les acquis, affirme Jean Ferré, avant de conclure : beaucoup de nos clients et de nos partenaires comprennent cette situation et nous soutiennent dans notre démarche".
[Antoine Crochet Damais, JDNet]

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