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Sécurité
Friendgreet : le 'virus' des e-cartes
Il est fort voyant et fait logiquement parler de lui. Mais le ramage de Friendgreet se rapporte-t-il à son plumage ? Pas si sûr ... (Mercredi 13 novembre 2002)
     
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L'alerte de Stymantec
Friendgreet
Ces derniers jours, une "carte postale électronique" malintentionnée est tombée dans de nombreuses boites à lettres. Les plus prudents auront remarqué qu'il s'agissait d'un virus, les autres se seront laissés infecter - car Friendgreet a tout d'une véritable carte.

Le virus ne s'expédie qu'aux correspondants présents dans le carnet d'adresses, ce qui élimine pour partie les soupçons. Une fois envoyé, il propose - comme de coûtume - de visionner la carte sur un site Web. Et une fois sur le site, l'internaute doit télécharger un "plugin".

Présentation très crédible

De quoi attiser ses soupçons ? Pas si sûr : l'interface du site est si crédible - et la boite de dialogue si réaliste - que des milliers d'internautes ont accepté de télécharger ce plugin. Dés lors, la boucle est bouclée : Friendgreet s'installe sur le système et s'expédie aux correspondants de sa nouvelle victime dans la plus grande discrétion - sans encombrer la boite d'envoi d'Outlook.

Le concepteur de Friendgreet a réussi un joli tour de passe-passe : son programme a tout d'un virus, mais - en réalité - il n'en est pas un. "Si on lit attentivement le contrat de licence du "plugin", on s'aperçoit que son auteur prévient l'utilisateur de tout ce qui va se passer sur la machine - explique Damase Tricart, chef de produit chez Symantec France. Seulement, comme peu de personnes lisent ces boites de dialogues, beaucoup d'internautes cliquent tout de même sur OK".

Vrai/Faux virus
Dés lors, pourquoi est-il référencé comme virus ? A la demande de quelques grands comptes, les éditeurs d'antivirus ont mis à jour leurs définitions virales pour contrer Friendgreet. Pour Damase Tricart, la raison en est simple : ce vrai/faux virus "consomme beaucoup de bande passante sur les réseaux d'entreprise en s'expédiant aux correspondants". Qui plus est, Friendgreet a une fâcheuse tendance à ouvrir intempestivement des popups de publicité lorsque l'on navigue sous Internet Explorer.

Dernier argument en faveur de la classification comme virus : "Friendgreet abuse de la confiance des internautes, qui croient que le plugin qu'ils ont installé n'est qu'une visionneuse. Et ce même si les choses sont précisées clairement dans le contrat de licence".

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Petit virus
Autant de raisons d'intégrer ce virus habilement déguisé dans la liste des ennemis à combattre. Heureusement, Friendgreet ne représente pas une grave menace pour nos PC. Il n'endommage pas la machine infectée. Il ne se propage pas à une vitesse fulgurante : "Friendgreet ne fait pas partie de notre Top 10, et il est peu probable qu'il y rentre. Pour qu'il infecte une machine, il faut qu'il y ait une intervention humaine, ce qui ralentit considérablement sa propagation".

Il n'y a en réalité qu'une seule chose à craindre : "l'arrivée des fêtes, et la prolifération des e-cards, qui pourrait créer un contexte favorable à son épanouissement". Une bonne raison de se méfier des cartes électroniques, afin que ce petit virus - fort voyant - demeure marginal.

[Nicolas Six, JDNet]
 
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