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La conception des workflows d'approbation est un élément
essentiel de la mise en place d'un eApprovisionnement.
Le moteur de workflow permet de coder dans le système
les procédures d'achats et d'approvisionnement.
Qui a le droit de visualiser quoi ? Qui a le droit de
commander quoi ? Qui doit être consulté quand
et pourquoi ? Qui doit approuver quoi ? Selon quelles
règles ? Le workflow d'approbation se substitue
à une pratique manuelle, souvent à base
de parapheurs et régie par un droit coutumier.
Or ce workflow d'approbation sera, avec le parcours du
catalogue, la principale expérience d'un utilisateur.
D'où son importance en terme d'acceptation du système
par les utilisateurs mais aussi en charge de travail de
mise en place du système si l'on essaie de reproduire
dans le système d'eApprovisionnement toutes les
pratiques existantes.
Les moteurs de workflow
actuels permettent de coder toutes les règles
que vous pouvez imaginer, et ce d'autant plus "facilement"
que vous disposez d'un référentiel d'entreprise
ou autre annuaire LDAP. Vous pourrez, par exemple, automatiser
la consultation de l'expert sécurité pour
autoriser la commande d'un mobilier de bureau hors catalogue
dans un immeuble de grande hauteur. Cela, c'était
la bonne nouvelle, voici la mauvaise, vous pourrez automatiser
toutes les règles que vous pouvez imaginer !
A la différence des progiciels ERP qui étaient
livrés avec une bibliothèque de "bonnes
pratiques", les progiciels d'eApprovisionnement
sont des boîtes à outils. Il va donc vous
falloir concevoir vos propres "bonnes pratiques".
Cet éditorial propose, sous le registre "ne
pas faire/faire", quelques "règles
du pouce".
Limiter à sa plus
simple expression l'analyse de l'existant. Quand on
met en place un ERP, c'est généralement,
la deuxième ou la troisième fois que la
comptabilité ou la gestion de production est
automatisée. Dans ce contexte, l'expression de
besoin est naturellement "faites-moi la même
chose que la fois d'avant, avec ceci en plus et cela
en moins ". C'est donc une conception "à
la marge", par incrément/avenants à
l'existant. Il est donc naturel d'analyser l'existant
et d'identifier les points d'amélioration. Quand
on met en place un eApprovisionnement, c'est la première
fois qu'on automatise le domaine. La philosophie et
les pratiques d'un système manuel et "coutumier"
sont très différents d'un système
automatisé et procéduré.
Ne pas partir de ce que
propose, en standard, le progiciel. En effet, le niveau
actuel du standard des progiciels d'eApprovisionnement
est trop limité pour être une réponse
acceptable à tous les cas de figures. Certes,
tous les progiciels savent gérer l'auto-validation
d'achats de gommes et crayons et l'approbation par le
N+1 au-delà d'un seuil, mais il n'y a pas que
des gommes et des crayons à acheter et le N+1
n'est pas toujours le bon approbateur.
Limiter l'expression de
besoins. D'abord, il n'existe généralement
pas de pratique homogène et systématique.
De plus, la progression d'un parapheur suit des règles
systémiques très différentes de
celle d'un workflow. Ainsi, chaque intervenant est susceptible,
d'une part, de corriger et d'enrichir une demande d'achats
et, d'autre part, de réorienter le parapheur.
Imaginons une demande d'achat (DA) informatique hors
catalogue d'un montant de 90. Le montant de cette DA
est inférieur au seuil de 100, le demandeur ne
la transmet donc pas au contrôleur de gestion
mais à l'expert informatique. L'expert informatique
complète la DA et met à jour le prix à
110. Le seuil de 100 étant maintenant dépassé,
l'expert informatique réoriente la DA vers le
contrôleur de gestion. Il y a décidément
beaucoup d'intelligence dans les systèmes à
base de parapheurs !
Ne pas chercher à
tout contrôler à la saisie de la demande
d'achat. Soyons bien conscients que nous sommes tous
conditionnés par la philosophie d'approche des
systèmes transactionnels des années 70-80
dont l'ERP est l'ultime avatar. Dans un système
transactionnel, tout doit être contrôlé
à l'entrée, contrôle par rapport
à des listes de champs possibles, contrôle
inter zone etc. En effet, dans un système transactionnel,
tout se joue à la saisie ; il n'y a plus de gestion
des rejets comme dans la génération antérieure
des systèmes batchs et il n'y a pas, encore,
comme dans l'eApprovisionnement, de workflow ultérieur
d'approbation. La philosophie de saisie de l'eApprovisionnement
est différente : la saisie par le demandeur est
suivie, complétée et enrichie par un workflow
d'approbation où différents experts viendront
corriger la demande initiale.
Ne pas hésiter à
utiliser les procédures manuelles. Il est particulièrement
stimulant pour l'esprit de conceptualiser et automatiser
tous les cas de figures. Il faut cependant bien garder
en mémoire le coût de maintenance d'une
telle approche. Reprenons l'exemple de notre expert
sécurité d'immeuble de grande hauteur,
lors du pilote, nous avions retenu une approche automatique
d'identification
que nous avons abandonnée
au profit d'une approche manuelle lors du déploiement.
De la même manière, dans un groupe international,
après avoir conceptualisé un gigantesque
annuaire d'entreprise, nous avons finalement adopté
le principe que "nul n'est censé ignorer
la loi".
Adopter un schéma
général de workflow à trois niveaux
: le demandeur, les valideurs et l'ayant bon pouvoir.
Le demandeur n'est pas "monsieur tout le monde",
c'est un initié, un approvisionneur au sens noble
du terme, cela peut être l'assistante du département
pour les fournitures de bureau ou la logistique pour
le mobilier. L'ayant bon pouvoir est la personne autorisée,
au sens mandataire social, pour engager l'entreprise
sur la section budgétaire. Attention, il peut
ne pas être un hiérarchique du demandeur.
Contrairement à la vulgate américaine,
ce n'est pas toujours le "chef", le "N+1"
qui approuve la demande d'achat. Il peut y avoir autant
de valideurs que l'on souhaite. Il suffit d'expliciter
les conditions d'identification et d'intervention du
valideur. Lorsque ces conditions sont difficiles à
expliciter, rien n'empêche de rajouter manuellement
un valideur. Tous les valideurs sont en parallèle,
c'est plus simple et ça marche ! Règle
importante, les valideurs ne corrigent pas la DA, ils
les retournent au demandeur. Ainsi, dans l'exemple précédent
de la DA hors catalogue informatique d'un montant de
90, l'expert informatique retourne au demandeur sa DA
en lui donnant la bonne spécification et le bon
prix, à savoir 110. Le demandeur va compléter
sa DA et la re-soumettre. Elle sera, cette fois, routée
au contrôleur de gestion puisque le montant est
supérieur à 100.
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