Une récente étude réalisée par le cabinet KPMG en
lien avec Cartesis, éditeur de solutions de reporting financier (et filiale
de... PriceWaterhouseCoopers), met en valeur un certain retard des groupes français
dans leur projet de migration vers les normes comptables IAS/IFRS (pour International
Accounting Standards/International Financial Reporting Standards). Un chantier
de normalisation qui, rappelons le, concerne uniquement les sociétés européennes
cotées en bourse. L'entrée en vigueur du format IAS devrait être
effective à compter de l'exercice fiscal 2005.
Plus qu'une simple étude, cette publication constitue
le premier volet d'un baromètre bi-annuel destiné
à faire le point sur la dynamique des groupes français
face aux enjeux IAS/IFRS.
Les
directeurs financiers mis au premier plan
Réalisée auprès de
71 acteurs hexagonaux (sur les 1000 cotés en bourse), cette enquête
tend à montrer que la grande majorité des entreprises françaises
concernées (83%) ont d'ores et déjà débuté
leur migration. C'est au département financier que revient le plus souvent
la supervision du dossier - et ceci pour 70% des sociétés interrogées.
"Notons que la direction des systèmes d'information n'est présente
que dans 36% des cas, alors même que les conséquences sur les systèmes
laisseraient imaginer une plus grande présence des DSI", note KPMG
et Cartesis dans leur commentaire.
84% de ces pionniers prévoient d'assurer adaptation
technique et développements courant 2004. Un plan
d'actions qui explique sans doute pourquoi les DSI sont,
pour l'heure, quelque peu mis à l'écart. Logiquement,
leur niveau d'intervention devrait croître dans
les mois à venir, notamment lors du lancement des
phases de déploiement en tant que telles. D'autant
que ces groupes sont bien conscients de l'importance du
facteur informatique dans le passage à IAS/IFRS.
Et pour preuve : 80% des répondants prévoient
de réaliser une étude d'impact de ce chantier
sur leurs systèmes.
L'étape de mise en oeuvre
reportée à 2004
"Il semble que la
mise en oeuvre technique de IAS ait globalement été
repoussée à 2004", reconnaît
Gilles Salignon, associé chez KPMG. Or, la nouvelle
réglementation européenne impose théoriquement
d'être capable de comparer ses comptes 2005 avec
ceux de 2004. L'application du nouveau format devrait
donc théoriquement être effective plusieurs
mois avant la date fatidique du 1er janvier 2005...
et idéalement un an avant.
"Afin de garantir la production de cette information en temps et en heure,
il est impératif de préparer avec soin les différentes étapes
du projet (mise en oeuvre, validation technique, audit, etc.), commente Gilles
Salignon. Au vue de l'état d'avancement des organisations, on peut craindre
que certaines n'aient pas le recul nécessaire pour mener les travaux à
bien. Sans compter qu'il s'agit d'un plan de migration sans précédent
dans le domaine comptable. On ne peut absolument pas le comparer à d'autres
basculements, tels que le passage à l'an 2000 ou encore à l'euro."
Plusieurs
briques du SI sont concernées
Les applications touchées par l'opération ?
Sans surprise, le système de reporting financier est le plus souvent cité
en réponse à cette question (et ceci par 70% des répondants).
Un outil qui, notons le, doit être capable de gérer une période
transitoire en publiant deux jeux de comptes - l'un selon la réglementation
française, l'autre selon la directive européenne. Il est suivi par
les logiciels de gestion des immobilisations (68%). "Du fait naturellement
de l'application de la méthode des composants et parfois d'un besoin de
suivi de juste valeur", note-t-on chez Cartesis.
L'ERP n'arrive qu'en cinquième position
(48%). Force est de constater néanmoins que cette proportion est plus importante
chez les grands groupes. "Afin de publier une communication financière
sure, l'ensemble des filiales de ces entreprises doivent être impliquées
dans le processus par le biais du progiciel de gestion intégré.
Pour ces acteurs, le projet IAS/IFRS peut devenir conséquent", complète-t-on
sur ce point chez KPMG.
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