JDN Solutions. Quelle est votre propre
expérience de l'externalisation ?
Adam Kolawa. Chez Parasoft, nous avons commencé
très doucement à aborder l'externalisation des
développements logiciels. Nous n'y voyions au début
pas de bénéfice. Nous avons démarré
avec des projets très simples, comme des projets de portage,
sortes de tests à passer avant d'aller plus loin, vers
des projets de maintenance par exemple puis de projets de plus
haute qualité.
L'externalisation
du développement logiciel génère toujours
une crainte. En fait, il génère trois craintes
distinctes. La première est de savoir si le prestataire
va comprendre les spécifications qu'on lui remet, la
deuxième est de vérifier que le code sera au niveau
des standards pratiqués dans la société
cliente, la troisième d'évaluer le montant de
travail que le contrôle et le suivi de la prestation vont
demander.
Aujourd'hui, notre rôle consiste à auditer et analyser
la qualité du code développé pour nos clients,
de réaliser une sorte de scoring, assurant ainsi
la qualité de service de la prestation.
Vous connaissez bien le marché indien.
Quelle est la situation sur place ?
La situation n'est pas très bonne en Inde. J'y ai assisté
à de nombreux séminaires, ce qui m'a permis de
recueillir les feedbacks d'une multitude
de développeurs locaux. Il y a là-bas un problème
croissant de recrutement de développeurs. Ces derniers
sortent par ailleurs le plus souvent des écoles quand
ils sont embauchés, ils n'ont donc aucune expérience
des types de projets sur lesquels ont les fait travailler immédiatement.
| "des
situations parfois vraiment très angoissantes" |
De plus, les sociétés qui les emploient sont constamment
en train de demander à leurs clients "quand aurez-vous
fini ?" car elles prennent le maximum de contrats possibles.
Leur devise est de maximiser la satisfaction des clients tout
en minimisant les investissements, ce qui génère
une pression très forte sur les délais.
Ce sont donc des situations parfois vraiment très angoissantes
! Et il faut une forte dose de compétences, chez le client,
pour contrôler et piloter le tout. Pour tirer tous les
bénéfices de l'externalisation, vous devez constamment
dire comment et quand les choses doivent se faire et contrôler
les comportements chez le prestataire.
Les entreprises indiennes sont pourtant
largement certifiées CMM. N'est-ce pas un gage de sérieux
?
En ce qui concerne la certification CMM, quelque chose ne tourne
pas rond là-bas. Les auditeurs locaux prennent en effet
souvent de petits projets, qu'ils certifient, puis ils étendent
la certification à toute l'entreprise. Je peux vous dire
que la qualité de nos auditeurs est bien meilleure en
Europe ou aux Etats-Unis qu'en Inde !
De plus, la certification au plus haut niveau du CMM - le
niveau 5 - implique que des outils de monitoring avancés
soient utilisés, ce qui est rarement le cas. Globalement,
je trouve que l'approche CMM n'est pas des plus strictes en
Inde.
Le CMM niveau 5, c'est un peu l'équivalent des améliorations
de la qualité apportées dans le secteur de la
production dans les années 1970. Ce que nous préconisons,
c'est l'automatisation de ces connaissances acquises dans
le milieu industriel appliquée au code source des logiciels.
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