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Qu'est-il advenu de l'iSCSI face à la Fibre Channel ? Cette
technologie dont la première spécification remonte à 1994, a
connu un véritable regain d'intérêt à partir de 2003 grâce à
l'adoption d'un standard (lire l'article
du 14/02/2003) et à la définition d'un pilote sur le système
d'exploitation Windows Server 2003 de Microsoft. Son but avoué
était d'étendre l'usage des réseaux de stockage (SAN) aux PME
en supprimant une partie du coût des infrastructures Fibre Channel.
En
effet, la norme Fibre Channel garantit une haute disponibilité
des données en exploitant un réseau fibre optique. Un réseau
qui coûte cher en équipements mais permet d'assurer des liaisons
de 200 mega-octets / seconde à partir des serveurs de stockage.
C'est là où les nouvelles spécifications iSCSI innovent en
s'appuyant sur le protocole IP pour faire circuler les données
à travers le réseau informatique de l'entreprise. Une solution
d'autant plus intéressante à l'heure où les équipements de
réseaux IP haut débit (Ethernet 1 et 10 Gb/s) se généralisent.
"L'iSCSI était annoncée en 2001 mais ça n'a pas très bien
marché au début car les drivers n'étaient pas assez performants.
Fin 2003, les drivers Microsoft sont arrivés et, avec ceux-ci,
une baisse de consommation en matière de ressources. A cela,
il faut ajouter l'apparition de cartes IP, des offload elements,
qui ont eu pour objectif de soulager le processeur principal
et ainsi d'augmenter les performances de l'iSCSI", indique
Christian Marais, directeur compte stratégique chez l'équipementier
en solutions de stockage McData.
| Les
rapports performances prix des solutions Fibre Channel
et iSCSI se rejoignent |
Car l'un des reproches adressés à l'iSCSI porte sur ses performances.
Avec l'apparition des offload elements, l'iSCSI donne également
plus de souplesse à l'utilisateur qui arbitre selon ses besoins
entre performances et prix. Parallèlement à cette hausse des
performances de l'iSCSI, l'équipement Fibre Channel, lui,
a vu son prix baisser. "Pour un switch 8 ports qui coûtait
10 000 euros il y a deux ans, le prix a été divisé par deux
par exemple", note Christian Marais.
Une baisse qui s'explique notamment par l'évolution technologique
mais aussi par la forte croissance du marché du stockage en
réseau. Ainsi, selon le cabinet d'études Dell'Oro, le marché
des systèmes SAN en Fibre Channel, aujourd'hui d'une taille
de 1,8 milliard de dollars, atteindra un volume d'affaires
de 3,6 milliards de dollars en 2008. Dans ce contexte, la
norme iSCSI compte bien s'accaparer quelques parts de marché.
"Il ne s'agit pas d'un combat entre deux technologies, chacune
trouve sa place. Cela ne veut pas dire que dans un centre
de données, il n'y aura pas les deux technologies, au contraire.
Si un client souhaite s'équiper en partant de zéro, il peut
prendre une baie avec une interface iSCSI. S'il a une base
Fibre Channel, alors cette dernière s'impose. L'iSCSI peut
aussi servir de technologie d'appoint pour des serveurs de
moindre importance", souligne le directeur de McData France.
| iSCSI
: un marché de 2,48 milliards de dollars en 2007 |
Selon les analystes d'IDC, l'iSCSI pourrait représenter un
marché d'environ 2,48 milliards de dollars en 2007. Sur les
trois premiers trimestres 2004, le taux de croissance des
systèmes de stockage sur disques externes iSCSI s'élevait
à 30% par trimestre. Pour insuffler un nouveau départ à ce
marché, les industriels ont commencé à se positionner chacun
leur tour. Ainsi Cisco, Brocade et McData proposent des switchs
IP et Fibre Channel, tandis qu'EMC et Network Appliance fournissent
les baies de disques iSCSI. Reste à convaincre des clients
déjà conquis par le Fibre Channel.
"Aujourd'hui, le SAN est toujours associé au Fibre Channel
alors que normalement c'est un concept au delà de tout protocole.
L'iSCSI va donner la possibilité aux PME de partager les données
entre leurs serveurs aux moindres coûts. Mais l'iSCSI ne se
superpose pas au Fibre Channel, ni même aux NAS. Le NAS est
une réponse au stockage niveau fichiers, le Fibre Channel
et l'iSCSI stocke au niveau bloc. L'iSCSI sert pour le transactionnel,
la Fibre Channel pour le transactionnel haute disponibilité",
analyse Xavier Fessart, responsable solution chez EMC France.
L'évolution des deux normes sera alors déterminante et dans ce domaine, le
Fibre Channel vise les 10 Gbits/s. La normalisation de l'iSCSI
autour du protocole IP et des réseaux Ethernet le rend dépendant
de son évolution. Mais cette normalisation est aussi une force
face à un autre concurrent. "L'iSCSI, en revanche, risque
d'empiéter sur le DAS (NDLR : Direct Attached System ou
système de stockage où le disque est lié à la machine et non
disponible sur un réseau) car son rapport performances/prix
et son évolutivité séduisent les PME", conclut Xavier Fessart.
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