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Virtualisation : les besoins évoluent, les modèles économiques aussi
L'optimisation matérielle et logicielle des produits de virtualisation fait apparaître des perspectives nouvelles en matière de performances. Pour les éditeurs, s'adapter à ces besoins devient une priorité.   (25/03/2005)
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Dossier Exploitation informatique
La virtualisation de serveurs ou de postes clients fait l'actualité. Entre les futures optimisations des constructeurs de puces, AMD et Intel en tête, promettant des puces à double cœur dotées de jeux d'instructions spécifiques et les annonces des principaux éditeurs de systèmes d'exploitation, Red Hat, Novell ou Microsoft dans ce domaine, le secteur attire les grands de l'informatique.

Et face à cet engouement, l'open source tire son épingle du jeu avec Xen, solution de virtualisation libre soutenue par des sociétés comme HP, AMD, Red Hat et Novell (lire l'article du 17/02/2005). Malgré ce mouvement général, peut-on pour autant s'attendre à une démocratisation de cette technologie ? Face à cette question, les experts restent partagés.

"Il y a un véritable engouement aussi bien de la part des fondeurs que du côté des éditeurs. Ces nouvelles annonces laissent présager une augmentation des performances de la virtualisation dans les années à venir. Mais son impact restera limité puisque la virtualisation répond déjà à une problématique d'optimisation de la performance", souligne Stéphane Antona, responsable marketing Europe du Sud pour VMware.

Un point de vue partagé par Microsoft. "L'optimisation matérielle va permettre de faciliter la virtualisation des OS. Aujourd'hui, la virtualisation des systèmes d'exploitation est une tendance forte qui devrait encore s'accentuer. Il y a deux raisons principales à cela : d'abord, dans une entreprise, certaines applications tournent sur des systèmes différents ; ensuite, les applications sont optimisées pour un système donné", analyse Eric Nataf, responsable des offres d'infrastructure serveur pour Microsoft.

Réduire les coûts d'infrastructure : un besoin fort qui favorise l'adoption de la virtualisation.

Les raisons de ce récent engouement, en revanche, ne laisse pas de doutes. Tous les acteurs parlent du besoin de consolidation des serveurs physiques. "Dans les années 2000, nous avons assisté à un phénomène de prolifération des serveurs. A chaque application, les entreprises ont dédié un serveur. Ce modèle a conduit à une sous utilisation des ressources machines. Désormais, les directions informatiques se penchent sur ses dysfonctionnements dans une optique de réduction de coût", note Stéphane Antona.

Sur des machines exploitées à 20% de leur capacité, la virtualisation, en émulant plusieurs serveurs virtuels sur une même machine physique, ramène le taux d'utilisation à des proportions plus raisonnables. Mais cette technique montre quelques limites. D'abord, les systèmes de virtualisation consomment en moyenne de 5 à 10% des ressources serveurs, d'après les chiffres des éditeurs.

D'autre part, en centralisant ses applications sur une même machine, l'entreprise accroît les pertes en cas de chute du serveur physique. Enfin, certains besoins comme les applications à forte consommation d'entrées-sorties telles les bases de données, ne tirent tout simplement pas parti d'un logiciel de virtualisation.

La virtualisation sur le poste client répond aux nécessités de tests.

A ce besoin de consolidation se sont greffées de nouvelles attentes utilisateurs. La virtualisation serveur représente en effet un moyen possible pour simplifier l'administration de parc. "En cas d'indisponibilité, lorsqu'une entreprise souhaite récupérer une trentaine de serveurs physiques, elle aura intérêt à les remplacer par 30 serveurs virtuels et migrer ces images virtuelles. Cela évite la réinstallation de l'ensemble des composants", explique le responsable de VMware.

Enfin, la virtualisation répond de plus en plus à des problématiques de tests applicatifs. "L'une des raisons à l'existence de Virtual Server, est de répondre aux besoins de migration des entreprises de NT vers 2000 ou de 2000 vers Windows Server 2003", affirme Eric Nataf. Les serveurs virtuels étant isolés, ils donnent à l'administrateur toutes les clés pour tester le nouvel environnement sans se préoccuper d'éventuels crash logiciel.

Ce domaine touche d'ailleurs également le poste client. Les développeurs qui souhaitent tester leur solution avant un déploiement peuvent simuler un environnement isolé sans risque. Mais la virtualisation sur le poste client gagne également du terrain pour des questions liés à des usages mobiles.

La virtualisation bientôt soudée aux systèmes d'exploitation.

"Les clients introduisent un PC dans un PC. En double cliquant dans une icône, le PC personnel devient professionnel et s'isole du reste de la machine et donc éventuellement des virus. C'est un usage que l'on rencontre au sein d'entreprise où les salariés sont mobiles ou dans le cas d'université par exemple", déclare Stéphane Antona.

Aussi plus le client va tendre vers un système de ressources physiques modulaires, que ce soit par le biais de processeur multicoeur, de machines multiprocesseurs ou de serveurs lames, plus la virtualisation peut attribuer finement l'ensemble des ressources.

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D'ici deux ans, la virtualisation devrait ainsi être directement intégrée aux systèmes d'exploitation, Red Hat et Novell ont ainsi officiellement annoncé l'implémentation de Xen dans leurs OS. Microsoft pourrait faire de même, en ajoutant Virtual Server et Virtual PC à Longhorn.

Yves DROTHIER, JDN Solutions Sommaire Intranet-Extranet
 
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