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La virtualisation de serveurs ou de postes clients fait l'actualité.
Entre les futures optimisations des constructeurs de puces, AMD
et Intel en tête, promettant des puces à double cœur dotées
de jeux d'instructions spécifiques et les annonces des principaux
éditeurs de systèmes d'exploitation, Red Hat, Novell ou Microsoft
dans ce domaine, le secteur attire les grands de l'informatique.
Et face à cet engouement, l'open source tire son épingle
du jeu avec Xen, solution de virtualisation libre soutenue
par des sociétés comme HP, AMD, Red Hat et Novell (lire
l'article
du 17/02/2005). Malgré ce mouvement général, peut-on pour
autant s'attendre à une démocratisation de cette technologie
? Face à cette question, les experts restent partagés.
"Il
y a un véritable engouement aussi bien de la part des fondeurs
que du côté des éditeurs. Ces nouvelles annonces laissent
présager une augmentation des performances de la virtualisation
dans les années à venir. Mais son impact restera limité puisque
la virtualisation répond déjà à une problématique d'optimisation
de la performance", souligne Stéphane Antona, responsable
marketing Europe du Sud pour VMware.
Un point de vue partagé par Microsoft. "L'optimisation matérielle
va permettre de faciliter la virtualisation des OS. Aujourd'hui,
la virtualisation des systèmes d'exploitation est une tendance
forte qui devrait encore s'accentuer. Il y a deux raisons
principales à cela : d'abord, dans une entreprise, certaines
applications tournent sur des systèmes différents ; ensuite,
les applications sont optimisées pour un système donné", analyse
Eric Nataf, responsable des offres d'infrastructure serveur
pour Microsoft.
| Réduire
les coûts d'infrastructure : un besoin fort qui
favorise l'adoption de la virtualisation. |
Les raisons de ce récent engouement, en revanche, ne laisse
pas de doutes. Tous les acteurs parlent du besoin de consolidation
des serveurs physiques. "Dans les années 2000, nous avons
assisté à un phénomène de prolifération des serveurs. A chaque
application, les entreprises ont dédié un serveur. Ce modèle
a conduit à une sous utilisation des ressources machines.
Désormais, les directions informatiques se penchent sur ses
dysfonctionnements dans une optique de réduction de coût",
note Stéphane Antona.
Sur des machines exploitées à 20% de leur capacité, la virtualisation,
en émulant plusieurs serveurs virtuels sur une même machine
physique, ramène le taux d'utilisation à des proportions plus
raisonnables. Mais cette technique montre quelques limites.
D'abord, les systèmes de virtualisation consomment en moyenne
de 5 à 10% des ressources serveurs, d'après les chiffres des
éditeurs.
D'autre part, en centralisant ses applications sur une même
machine, l'entreprise accroît les pertes en cas de chute du
serveur physique. Enfin, certains besoins comme les applications
à forte consommation d'entrées-sorties telles les bases de
données, ne tirent tout simplement pas parti d'un logiciel
de virtualisation.
| La
virtualisation sur le poste client répond aux nécessités
de tests. |
A ce besoin de consolidation se sont greffées de nouvelles
attentes utilisateurs. La virtualisation serveur représente
en effet un moyen possible pour simplifier l'administration
de parc. "En cas d'indisponibilité, lorsqu'une entreprise
souhaite récupérer une trentaine de serveurs physiques, elle
aura intérêt à les remplacer par 30 serveurs
virtuels et migrer ces images virtuelles. Cela évite la réinstallation
de l'ensemble des composants", explique le responsable de
VMware.
Enfin, la virtualisation répond de plus en plus à des problématiques
de tests applicatifs. "L'une des raisons à l'existence de
Virtual Server, est de répondre aux besoins de migration des
entreprises de NT vers 2000 ou de 2000 vers Windows Server
2003", affirme Eric Nataf. Les serveurs virtuels étant isolés,
ils donnent à l'administrateur toutes les clés pour tester
le nouvel environnement sans se préoccuper d'éventuels crash
logiciel.
Ce domaine touche d'ailleurs également le poste client. Les
développeurs qui souhaitent tester leur solution avant un
déploiement peuvent simuler un environnement isolé sans risque.
Mais la virtualisation sur le poste client gagne également du terrain
pour des questions liés à des usages mobiles.
| La
virtualisation bientôt soudée aux systèmes
d'exploitation. |
"Les clients introduisent un PC dans un PC. En double cliquant
dans une icône, le PC personnel devient professionnel et s'isole
du reste de la machine et donc éventuellement des virus. C'est
un usage que l'on rencontre au sein d'entreprise où les salariés
sont mobiles ou dans le cas d'université par exemple", déclare
Stéphane Antona.
Aussi plus le client va tendre vers un système de ressources
physiques modulaires, que ce soit par le biais de processeur
multicoeur, de machines multiprocesseurs ou de serveurs lames,
plus la virtualisation peut attribuer finement l'ensemble
des ressources.
D'ici deux ans, la virtualisation devrait ainsi être directement
intégrée aux systèmes d'exploitation, Red Hat et Novell
ont ainsi officiellement annoncé l'implémentation de Xen dans
leurs OS. Microsoft pourrait faire de même, en ajoutant Virtual
Server et Virtual PC à Longhorn.
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