A l'occasion du LinuxWorld, conférence annuelle centrée autour
des distributions Linux et des logiciels libres, neuf acteurs
ont annoncé la formation d'un consortium basé autour de la distribution
Debian, le DCC (Debian Core Consortium). Parmi les membres fondateurs
de cette organisation se trouvent des distributions encore peu
connue des professionnels dont Knoppix, Credativ, Linex, Linspire,
Mepis, Progeny, Sun Wah, Xandros et UserLinux.
L'objectif du groupe est simple : favoriser l'adoption de la
distribution Debian face à ces rivaux Red Hat et Novell. Confrontée
à une croissance de la communauté Debian, deuxième distribution
adoptée par les serveurs Web en mars 2005 selon Netcraft avec
une base installée de plus de 791 000 sites, cette organisation
prône le regroupement pour palier aux risques de dispersion
de la communauté. Afin de s'en donner les moyens, le DCC compte
sur trois éléments clés fédérateurs.
En
premier lieu, le DCC veut mettre au point un pot commun disponible
pour l'ensemble de ces membres mais aussi accessible au reste
des développeurs. Dénommé Debian Common Core, ce projet n'est
pas en soi une distribution indépendante mais simplement un
ensemble d'éléments indépendants. Volontairement partagés, ces
programmes sont réutilisables par les autres distributions afin
de faciliter l'harmonisation des développements et la compréhension
des différentes versions Debian entre elles.
Deuxième élément fédérateur, le consortium souhaite tendre vers
une adoption généralisée du standard LSB où Linux Standard Base
en version 3.0. Ce dernier se veut une certification des règles
communes applicables à toutes les distributions Linux, Debian
ou pas. Les différents participants au DCC devront donc non
seulement respecter le LSB 3.0 pour les éléments mis en commun
au travers du Debian Common Core mais aussi vis-à-vis de leur
propre distribution.
Le LSB tend entre autre à résoudre l'un des principaux problèmes
rencontré par n'importe quelle distribution Linux : la reconnaissance
du matériel par le logiciel. Enfin, le dernier point d'orgue
de ce nouvel organisme sera la promotion commerciale de la distribution
Debian auprès des entreprises.
| Le
consortium vient chevaucher des initiatives de regroupements
similaires |
Mettant en commun leurs ressources, les participants du DCC
travailleront directement en relation avec les responsables
du projet Debian, entité officielle responsable du code source
et de son évolution. Car l'un des principaux reproches formulés
à l'encontre de Linux Debian vient du flou entourant le contenu
et le rythme de sortie des mises à jours officielles.
En facilitant la visibilité du projet et par conséquent le
support y afférant, le consortium espère se rapprocher des
garanties offertes par des sociétés comme Novell et Red Hat.
La première version du Debian Common Core est attendue pour
le mois de septembre. Elle sera composée d'éléments certifiés
LSB et basés sur une version Debian 3.1 stable. Le projet
ne remporte toutefois pas la totalité des suffrages. Ainsi,
des distributions comme VA Linux Japan ou Ubuntu, pourtant
basées sur le coeur Debian n'ont pas répondu à l'appel de
cette réunion. Principal motif de reproche : le risque de
chevauchement voire de conflits entre le consortium et le
Debian Project, association officiellement responsable.
D'autre part, cette alliance apparaît comme redondante avec
celle opérée il y moins d'un an par Mandriva, Turbolinux et
Progeny, alors dénommée Linux Core Consortium (lire l'article
du 18/11/2004). Toutes deux cherchent à mieux faire communiquer
les différentes versions du langage Linux et à réunir leurs
forces pour mieux affronter la concurrence.
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