TRIBUNE 
PAR GUILLAUME DECALF (BPMS.info)
BPMN, un véritable standard ?
La notation graphique utilisée pour représenter un processus métier n'est pas utilisée par tous les éditeurs. Mais une voie s'ouvre à elle dans le rapprochement avec UML.  (22/09/2005)
 
Consultant BPM chez BPMS et contributeur du site BPMS.info
 
   Le site
BPMS.info
Qu’est ce que BPMN ?
BPMN (Business Process Model Notation) est une notation graphique - éléments graphiques et diagrammes - qui est utilisée pour représenter un processus métier en séparant les informations métier des informations techniques. Elle fournit une correspondance vers des langages d'exécution. C'est l'équivalent d'UML appliqué à la gestion des processus. Une modélisation basée sur BPMN peut ensuite être traduite en BPML ou en BPEL4WS (plus communément appelée BPEL).

Cette notation représente plus de deux ans de travail pour BPMI (Business Process Management Initiative). Ce consortium d’entreprises créé par Intalio a su rassembler les leaders du marché du BPM. Il s’est affirmé en innovateur depuis quelques années sur le BPM. Membre de l’OASIS, OMG, W3C et WfMC, son premier objectif est d’établir une notation compréhensible par les utilisateurs : des analystes aux développeurs en passant par les acteurs qui gèrent et mesurent les processus.

BPMN définit des diagrammes de processus appelés flowcharts, c'est-à-dire des modèles graphiques ou s’enchaînent des activités et des indicateurs.

Même si BPMN n’est pas encore utilisé par tous les éditeurs, la représentation des objets se retrouve plus ou moins en standard dans la plupart des outils.

La base de BPMN
Ces diagrammes sont constitués d’éléments simples, compréhensibles par la plupart des analystes et modélisateurs. L’idée des concepteurs était de créer un mécanisme simple pour modéliser la complexité inhérente à un processus. L’approche BPMN essaie de réunir ces deux exigences paradoxales.

Pour cela, les éléments graphiques sont divisés en quatre catégories basiques. Il est possible d’ajouter des variations aux éléments de ces quatre catégories sans pour autant les dénaturer.

Les catégories existantes au nombre de quatre :
- Flow Objects ("les objets de flux") : cette catégorie comporte seulement trois types d’objets principaux (les évènements, les activités, les portes ;
- Connecting Objects ("les objets de relation") : les objets de flux peuvent être connectés entre eux par trois types d’objets de connexion (les flux séquence, les flux message, les associations) ;
- Swimlane ("les couloirs") : de nombreuses méthodologies de modélisation utilisent le concept de "swimlane" ; c’est un mécanisme qui permet d’organiser les activités dans différentes catégories pour illustrer des fonctionnalités ou des responsabilités différentes ;
- Artifacts ("les objets symboliques") : BPMN a été créé pour autoriser aux modélisateurs et aux outils de modélisation une certaine souplesse dans les possibilités d’extension de la notation basique. Les "artifacts" apportent ainsi des informations et précisions nécessaires dans certains contextes.

Pour les modélisateurs qui veulent créer des modèles simples avec peu d’informations, les éléments de bases suffisent à créer un modèle compréhensible.

Pour les modélisateurs qui ont besoin de détails plus précis, il est possible de personnaliser les différents éléments :

Quelle est l’intérêt de modéliser avec la notation BPMN ?

Les membres du BPMI Notation Working Group qui ont conçu le BPM représentent un large segment de la communauté BPM et se sont mis d’accord sur cette notation commune.

Le développement de BPMN est une étape importante dans la réduction des différences de notation entre les divers outils du marché. En effet, il existe de nombreuses notations différentes : UML, IDEF, RosettaNet, ebXML… sans compter les notations propres à chaque outil (Aris, Mega…) une notation commune permettra sans doute une interopérabilité entre différentes applications, de la modélisation à l’exécution des processus.

BPMN pourra alors permettre de réconcilier modélisation des processus métier et besoin de l’informatique.

Même si certains outils le font de manière semi automatique, le passage d’une modélisation des processus métier à une modélisation pour l’exécution de ces processus demande un travail d’adaptation manuelle. Ces adaptations peuvent entraîner des erreurs et même rendre difficile la compréhension, pour les modélisateurs, des évolutions de leur propres processus.

Pour conclure, la notation BPMN a le défaut de ses qualités, elle est simple. Les objets sont élémentaires. Si cette apparence est habituelle aux informaticiens (UML…), elle conviendra moins aux directions métiers en termes de modélisation et de communication sur les processus.

L’impact de la représentation d’une modélisation des processus est souvent sous estimée dans les projets de BPM. Elle permet pourtant de faciliter l’adhésion et la compréhension des acteurs du projet. Malgré tout, les outils de modélisation de processus permettent, pour les plus performants d’entre eux, de passer d’un modèle "communicant" à un modèle BPMN.

L’autre défaut d’une telle notation concerne le nombre d’objets limités qui ne permet pas de représenter vraiment précisément un processus (type de données etc.).

De BPMN à BPEL, de la modélisation à l’exécution…
Dans le monde de l’exécution des processus, BPEL4WS est devenu le langage phare. Plus communément appelé BPEL, BPEL4WS est un langage de programmation qui permet de définir une activité par la combinaison de services web. Annoncé en 2003 par BEA, IBM et Microsoft, il est basé sur WSFL (Web Services Flow Language). BPEL a été crée à l’initiative de BPMI et doit encore être approuvé par l’OASIS.

En fait, les futures spécifications validées par l’OASIS ne changeront pas fondamentalement BPEL. En effet, le groupe de travail d’OASIS n’a pas pris de décision clé. Quand les éditeurs n’étaient pas d’accord avec certaines spécifications, il a volontairement laissé des "trous" dans le standard pour que les éditeurs les remplissent avec leurs propres spécifications.

Pour compléter cette version standard, les clients devront alors obtenir les extensions des éditeurs et il sera impossible de faire le lien entre le BPEL d’un éditeur à l’autre.

Bien que la version de BPEL ne soit pas encore officielle, beaucoup d’outils disent le supporter. En fait, chaque éditeur a mis en œuvre et complété son propre langage BPEL – une sorte de BPEL propriétaire - à partir d’un socle commun. On peut cependant espérer que les spécifications finales seront rapidement validées par l’OASIS et que les éditeurs modifieront en conséquence leur version pour y être conforme.

Beaucoup d’entreprises sont concernées par ce travail sur BPEL, mais elles sont d’accord pour dire que BPEL ne peut pas répondre à tous les besoins du BPM. En effet, tout le monde s’accorde à dire que le BPM doit réussir à gérer et les processus métier (les activités des employés de l’entreprise) et l’exécution de ces processus. La version actuelle de BPEL ne permet que de gérer l’exécution des processus.

Il est possible tout de même de passer de BPMN à BPEL mais ce passage n’est pas automatique et demande plusieurs adaptations. BPMI a donc prévu d’étendre BPEL et de le rapprocher au maximum de BPMN pour faire un standard global qui permettra la description et l’exécution des processus ; BPMN pour que les utilisateurs métier puissent modéliser et se transmettre des diagrammes, BPEL pour que les applications suivent les processus métiers.

L’avenir de BPMN
Aujourd’hui, la plupart des outils du marché supporte la notation BPMN. Même si une révision majeure de BPMN n’est pas envisagée pour le moment, il est prévu une version 1.1 diffusée dans quelques mois. Les efforts se porteront sur l’élargissement de BPMN à plusieurs contextes différents, notamment dans la modélisation des règles métier et de la stratégie de l’entreprise.

BPMI n’est pas une organisation "officielle" qui se charge de mettre en place des standards. Elle crée et développe des spécifications clés dans le BPM. BPMN doit donc encore passer dans une organisation qui formalisera ses statuts et permettra d’en faire un vrai standard. C’est le sens de la fusion entre BPMI et l’OMG de juin 2005. Une nouvelle voie s’ouvre pour BPMN à travers le développement de la notation UML par l’OMG qui est, de fait, devenu un standard, un rapprochement entre BPMN et UML ne serait pas à exclure.

Cela dit la voie vers une standardisation de la description des processus est semée d’embûches. L’intérêt des éditeurs peut être parfois contraire à celui des utilisateurs finaux. Les organisations chargées d’édicter ces standards ont elles-mêmes différentes approches.

Il est donc probablement trop tôt pour voir émerger un véritable standard qui fera l’unanimité. En revanche, il n’est pas trop tôt pour que les entreprises définissent et formalisent leurs besoins sur le BPM et surtout qu’elles réfléchissent au travail à effectuer ensemble pour qu’émergent des standards.

Et en attendant qu’un standard unique et convaincant s’impose, le recours à des outils de modélisation spécialisés, quel que soit leur notation actuelle, permettra de faire évoluer le moment venu, les représentations de leurs processus métier vers ce standard.


Guillaume Decalf
 
 

Accueil | Haut de page

 

  Nouvelles offres d'emploi   sur Emploi Center
Auralog - Tellmemore | Publicis Modem | L'Internaute / Journal du Net / Copainsdavant | Isobar | MEDIASTAY

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Toutes nos newsletters