Après une longue période de disette, l'emploi informatique repart
de plus belle à la hausse, et les salaires aussi, un constat
qui ressort de la dernière étude du cabinet Oberthur
Consultants, branche d'Adecco.
L'étude, qui a comparé les fiches
de paye de plus de 42 000 salariés issus du domaine informatique,
y voit une confirmation du frémissement enregistré en mars,
lors de sa précédente enquête.
Premier constat, le taux de démission progresse, symbole d'une
certaine confiance dans la santé du secteur. De 3,3% en septembre
2004, il est passé à 5,5% sur l'ensemble du secteur en France.
Dans les sociétés de services informatiques (SSII), ce taux
s'élève à 8,4% au niveau national et à près de 10% sur
Paris et la région parisienne.
Des
chiffres logiques qui suivent la reprise des augmentations de
salaires. Elles-mêmes s'établissent à 4,3% en moyenne pour l'ensemble
de la profession, soit un gain de 2 points de pouvoir d'achat
en prenant en compte l'inflation. Une hausse quasiment identique
quel que soit le poste exercé. "Il y a du côté de l'employeur
une volonté de gérer les rémunérations de manière équitable.
C'est assez nouveau dans le secteur informatique, et peut-être
dû au redémarrage", analyse Pascal Poiget, Directeur général
d'Oberthur Consultants.
Le rythme d'augmentation des postes de direction reste toutefois
supérieur à celui des autres métiers. Si les niveaux
de salaires entre sociétés de services et entreprises utilisatrices
ne sont toujours pas équivalents, les écarts tendent à diminuer.
Seuls demeurent les avantages en nature des grands groupes pour
faire pencher la balance. Mais que ce soit en taux de démission
ou en augmentation de salaires, les SSII se placent en tête.
| Les
SSII comme régulateurs du marché de l'emploi |
"Les sociétés de services sont souvent en avance par rapport
au marché. Ce sont elles qui tirent les besoins et recrutent
lors de situation de croissance, mais aussi elles qui subissent
en premier les faux bonds. Elles servent de régulateur au marché",
souligne Pascal Poiget. Or, aujourd'hui si la reprise est en
moyenne supérieure à celles des autres secteurs, elle
fait suite à trois années de crise où les augmentations de salaires
ont été régulièrement nulles ou inférieures à l'inflation.
"Même maintenant, il est difficile de savoir l'ampleur du redémarrage
et si celui-ci préfigure le début d'un nouveau cycle", tempère
Pascal Poiget. Cette hausse des salaires de la profession a
d'ailleurs coïncidé avec la reprise de la hausse des prix des
SSII, débutée fin 2004 et confirmée en 2005, selon les chiffres
du Syntec.
Le dernier phénomène sensible relevé par Oberthur
Consultants est l'évolution des profils recherchés par l'employeur.
"Les sociétés veulent davantage de personnes à double profil,
qui ne soient plus seulement techniciens mais disposent aussi
d'un savoir-faire en gestion, ressources humaines, finance ou
autres", affirme Pascal Poiget. |