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Conflit ouvert à la tête de Teamlog
Le conseil de surveillance reproche au président du directoire un système de financement opaque par le biais de la holding Groupe Teamlog et demande sa révocation. Les deux parties s'expliquent...  (10/01/2006)
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Dossier SSII
Les dirigeants se déchirent actuellement au sein du nouvel ensemble Teamlog / Groupe Open à propos d'une délicate affaire de transparence des informations transmises par le directoire au conseil de surveillance.

Dans un communiqué émis le 5 janvier 2006, Guy Mamou-Mani, président du conseil de surveillance de Teamlog, annonce la tenue d'une assemblée générale ordinaire le 21 février prochain pour discuter de la révocation de M. Robert Morin et Georges Beaume, respectivement président du directoire et membre du conseil de surveillance. Motif de cette révocation : des difficultés pour obtenir les informations nécessaires au conseil de surveillance face à sa mission de contrôle de gestion.

Guy Mamou-Mani précise les raisons de ces révocations : "Ces deux messieurs sont actionnaires d'une holding qui s'appelle Groupe Teamlog ou Team Group et qui facture des prestations sans valeur ajoutée à Teamlog, pour un client unique : Teamlog. Le bénéfice de cette holding est très important, ce qui ponctionne le résultat de Teamlog. D'autre part, Teamlog a réalisé un prêt de 2 millions d'euros à ses holdings qui n'est pas remboursé depuis plusieurs années".

"Le conseil de surveillance a demandé des éclaircissements. Ils ont refusé de donner ces informations et ont fait obstruction, ce qui m'a conduit à demander leur révocation", ajoute Guy Mamou-Mani. Groupe Teamlog, holding de la société de services, rassemble les services fonctionnels et généraux de la SSII. Elle regroupe une trentaine de salariés, qui reçoivent à titre de rémunération 2,5% du chiffre d'affaires de Teamlog, par le biais d'une convention d'assistance.

Au coeur du problème, la convention réglementée entre Groupe Teamlog et Teamlog
La version des faits est démentie par M. Robert Morin. "Cette convention réglementée est votée une fois par an en assemblée générale et validée par les commissaires aux comptes. Ces mécanismes existent depuis 1999 et ont été validés par tout le monde, y compris le Fisc. A entendre M. Mamou-Mani, ces 2,5%, je me les mets dans la poche. Sur le fond, le résultat net de cette holding ne représente que 0,1% du chiffre d'affaires de Teamlog sur 6 ans".

"Pour les prêts non remboursés, il se trouve que l'argent circule entre toutes les entités du groupe par le biais des conventions de trésorerie. Il y avait 1,5 millions d'euros sur le compte courant de la holding. C'est de la trésorerie, il n'y a rien d'anormal à cela", souligne Robert Morin. Le président du directoire de Teamlog, indique par ailleurs que les données relatives à cette holding sont disponibles dans le rapport annuel.

"M. Frédéric Sebag, président de Groupe Open, était lui même administrateur de Teamlog depuis mai 2004, il ne peut donc pas ignorer cette convention. D'autant plus que lors de l'assemblée générale de 2005, il a voté l'approbation de cette convention. Il y a donc une certaine incohérence dans le discours", indique Robert Morin.

Des montants élevés versés à la holding selon Guy Mamou-Mani
Ce que ne conteste pas M. Guy Mamou-Mani : "Quand les montants se chiffrent en millions d'euros, c'est le rôle du conseil de surveillance de demander des détails. Nous ne voyons nulle part d'éléments sur le résultat annuel, le rôle des salariés de la holding, ni son bénéfice ou la justification même de cette holding. Je ne vois pas l'intérêt de distinguer la rémunération de ces salariés, si ce sont des employés de Teamlog".

D'autre part, le président du conseil de surveillance conteste la rémunération perçue par les membres de la holding et les documents eux-mêmes. "Il y a une différence entre la rémunération des salariés de la holding et le chiffre d'affaires. Cela ne correspond pas aux 2,5%. Nous contestons aussi les documents que nous n'avons jamais signé. Voyant qu'il y avait un problème juridique sur cette affaire, M. Morin est allé signé un avenant, validant lui-même les documents sans nous prévenir".

Et depuis mai 2005, le conseil de surveillance les réclame, de même que le remboursement du prêt. "Cette somme d'argent, de deux millions d'euros, a été prêtée par la société à ses actionnaires. Cela ne doit pas arriver ou alors le remboursement doit être immédiat. Enfin, M. Frédéric Sebag avait déjà refusé de voter un budget courant 2004 concernant la holding", conclut Guy Mamou-Mani.

Une tentative masquée de prise de contrôle selon M. Morin
Robert Morin, lui, voit dans ces propos une tentative masquée de prise de contrôle par Groupe Open sur Teamlog. "Nous avons signé un pacte d'actionnaires en avril 2005 qui règle les relations entre Groupe Teamlog et Groupe Open pour 3 ans. Il est précisé très clairement que le conseil de surveillance est sous la responsabilité de Groupe Open et le conseil du directoire sous la responsabilité de Groupe Teamlog. Dans le cadre de nos accords, il est dit explicitement qu'il y a un contrôle conjoint entre Teamlog et Groupe Open sur Groupe Teamlog".

"Or, ils ne savaient pas en début d'année 2005 qu'ils ne pourraient pas contrôler Teamlog sans me révoquer. Les normes IFRS ont changé la donne. Elles ont été analysées depuis les premiers résultats semestriels par les entreprises, soit en septembre-octobre. Et c'est précisément à partir de cette date que nos relations se sont détériorées. Me révoquer permettrait d'avoir le contrôle exclusif de Teamlog et de consolider les résultats financiers des deux groupes, ce qui a été dit dans la communication de Groupe Open lors de l'opération de rapprochement", termine Robert Morin.

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Dossier SSII
Si les révocations de M. Robert Morin et Georges Beaume sont effectives, deux nominations au sein du conseil de surveillance auront lieu, sur proposition de Groupe Open pour l'un et de Groupe Teamlog pour l'autre, "sous condition suspensive d'adoption de la résolution relative à la révocation de Monsieur Georges Beaume", précise un communiqué du nouvel ensemble.

 
 
Yves DROTHIER, JDN Solutions Sommaire Acteurs
 
 
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