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Les processus, première cible des projets de conformité réglementaire
Sarbanes-Oxley, Bâle 2, LSF, IAS/IFRS... autant de normes ou lois qui ont, de près ou de loin, un impact sur le système d'information. Pour éviter les lourdeurs, une mise à plat des processus est nécessaire.   (26/01/2006)
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 Sarbanes-Oxley : informatiser pour réduire les coûts de mise en conformité
L'application des différentes contraintes juridiques par les entreprises est devenue l'un des chantiers principaux d'évolution du système d'information depuis 2003. Entre Sarbanes Oxley, Bâle 2, la Loi sur la Sécurité Financière (LSF), les normes IAS/IFRS, ces nouvelles normes - aux applications nationales ou internationales, sectorielles ou générales - impliquent un changement dans le suivi du cycle de vie de l'information et donc des modifications parfois lourdes sur l'existant informatique.

Ainsi, selon AMR Research, la simple mise en conformité à la loi Sarbanes Oxley aura coûté 5,5 milliards de dollars aux entreprises en 2004. Une moitié de ces dépenses concerne le poste sécurité (25%), puis le stockage et la sauvegarde des documents (25%), juste devant la modification des processus (20%) et enfin la mise en conformité des logiciels (11%). Au-delà du respect des lois, que peuvent réellement apporter ces projets au système d'information ?

"Le premier objectif des réglementations de type Bâle 2, ou de la loi Sarbanes Oxley, consiste à contrôler plus finement les activités financières des entreprises. Ces dernières doivent être capables de fournir des données très précises lors d'un audit financier, ce qui signifie également être capables de suivre tout ce qui se passe dans l'entreprise, à travers des processus de traçabilité", explique Eddy Pauwels, spécialiste européen des questions réglementaires pour l'éditeur Serena Software.

Pour obtenir cette traçabilité des informations, la direction générale se tourne vers l'informatique qui représente le moyen le plus facile d'automatiser les contrôles dans l'entreprise. "L'impact premier de Sarbanes Oxley sur le système d'information vient de la mise en œuvre d'outils de gestion des accès, ce qui se traduit notamment par des annuaires d'entreprise et des systèmes d'identification uniques, ou SSO", déclare Lionel Mourer, responsable du pôle conseil et audit en sécurité du système d'information chez Bull.

Sécurité et stockage au coeur des nouvelles réglementations
Cette brique de sécurité encourage les grands groupes à centraliser et automatiser la gestion des comptes utilisateurs et des droits d'accès. Autre conséquence indirecte, la conservation des données imposées dans le cadre de ces nouvelles réglementations engendre de nouveaux besoins de stockage et l'utilisation de procédés de cryptage pour s'assurer de l'intégrité de la donnée. Mais le gros du travail porte sur l'identification des processus impactés et leur modification.

"Un projet de mise en conformité génère généralement trois étapes. La première consiste à prendre conscience de l'information à collecter pour être conforme. Il se peut que l'information n'existe pas encore dans le système d'information, et dans ce cas il faudra l'extraire", affirme Michel Clerin, directeur marketing et communication chez Axway, filiale de Sopra Group.

"La deuxième étape consiste à récupérer ces informations et la troisième à les fournir à un système chargé de la mise en conformité. C'est en quelque sorte une nouvelle application", souligne Michel Clerin. Selon le niveau de maturité du système d'information, ces trois étapes pourront donner lieu à des chantiers très différents.

Les DSI veulent limiter la retouche d'applications opérationnelles au maximum
Ainsi, pour une société au système d'information très structuré, la récupération d'informations s'effectuera en causant le moins d'impact possible sur les applications opérationnelles, afin de ne pas remettre en cause l'existant. Au contraire, des grands groupes profitent de ces chantiers de mise en conformité pour revoir en profondeur leurs processus et les uniformiser pour l'ensemble de leurs filiales par exemple.

"Dans le cadre de ces projets, une mise à plat des organisations est au minimum nécessaire pour voir quels seront les processus touchés. Mais cette mise à plat peut permettre de dégager des opérations de consolidation d'application possible, débouchant sur une consolidation de serveurs par exemple. Mais pour Sarbanes Oxley, la mise en conformité est longue, au minimum de 18 mois, et coûteuse. Un de nos clients, grand groupe du bâtiment, avait estimé à 15 millions d'euros le coût du passage à Sarbanes Oxley", analyse Lionel Mourer.

Face à ces dépenses, et au risque de multiplication des lois, les directeurs informatiques évitent autant que possible de multiplier les modifications au niveau des applications métiers critiques. Pour autant, les nouvelles informations remontées peuvent parfois servir de nouveaux indicateurs de performance internes, aussi bien que pour les audits externes par la suite.

Harmonisation des processus, consolidation des applications et meilleure communication à la clé
"Le fait de contrôler l'information pour les sociétés cotées va leur permettre de mieux assurer la cohérence de la communication de l'entreprise, communication qui joue de manière significative sur le cours de bourse", ajoute Christian Meyer, chef de produit finance chez Oracle France. D'autre part, l'automatisation des processus accélère la génération des chiffres financiers et aide ainsi à mieux répondre aux exigences des organismes de régulation des marchés (aux Etats-Unis, la SEC par exemple).

Risque collatéral des projets de conformité, la remise en cause de l'organisation existante se traduit par des frictions avec les salariés impliqués par ces processus. "Une bonne pratique consiste à découper le chantier en plusieurs cas et à en sélectionner un pour en faire un succès que l'on étendra par la suite au reste de l'entreprise. Des méthodes comme ITIL ou CMMI préparent les entreprises à ces notions de tracabilité", note Eddy Pauwels.

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 Sarbanes-Oxley : informatiser pour réduire les coûts de mise en conformité
"Avec un peu de prospective, je pense que ces projets de mise en conformité ont un impact sur la manière dont les DSI vont architecturer leur système d'information. Les réglementations, l'urbanisation et la généralisation du commerce électronique entre professionnels, font que les systèmes d'informations devront être de plus en plus souples, standard et ouverts. Je pense dans ce cadre que les produits tout fait prendront le pas sur de la conception en interne de logiciels", anticipe le directeur marketing et communication d'Axway.

Yves DROTHIER, JDN Solutions Sommaire DSI
 
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