Depuis une semaine, Microsoft demande à ses clients professionnels utilisateurs d'Access 2002 et 2003 - et donc d'Office Pro XP et 2003 - de procéder à une mise à jour de son logiciel de gestion de bases de données.
Cette notification est le résultat d'une décision de justice en défaveur de l'éditeur de Redmond. En raison d'un composant breveté intégré à Access - qui permet d'éditer une feuille de calcul Excel directement à partir d'Access - Microsoft est en effet contraint d'imposer un correctif à tous ses utilisateurs, mais aussi de communiquer sur les raisons juridiques liées à cette affaire.
Le créateur du composant incriminé, Carlos Armando Amado, a attaqué Microsoft en justice en mai 2005 pour défendre ses droits sur cette technologie qu'il a breveté en 1994.
L'éditeur a d'ailleurs été contraint de verser 8,9 millions de dollars au titre des dommages occasionnés au développeur guatémaltèque.
"Ce jugement a été rendu par une cour californienne en juin 2005 et concerne la violation d'un brevet par Access 2002 et 2003. Le tribunal a demandé à Microsoft de corriger le tir, ce qui a été fait dans le Service Pack 2 pour Office 2003, sorti en septembre 2005. Une mise à jour du Service Pack 2 pour Access 2002 a été disponible le mois suivant", précise Franck
Halmaert, chef de produit Microsoft Office System France.
Mais l'obligation première de communiquer sur ce fait auprès des clients lors de la sortie du correctif de la suite n'a pas semblé suffisante. Microsoft a été aussi contraint d'envoyer un courrier personnalisé - par e-mail ou par courrier classique - à ses clients, expliquant les détails de l'affaire et la procédure à suivre.
"Cependant, la portée de ce jugement est faible. Il précise que seuls sont concernés les clients qui déploient Access 2002 ou 2003 après le 1er février 2006 et sans le Service Pack, qui rectifie ce composant. Et depuis décembre 2005, après un remastering, les nouvelles boîtes et CD-Roms intègrent le SP2", ajoute le chef de produit.
"La portée de ce jugement est faible"
(Franck Halmaert- Microsoft France) |
L'impact peut donc sembler faible, ne concernant pas les installations antérieures. Concernant les nouveaux déploiements, Microsoft a distribué des copies en règle avant la date butoir. Toutefois, le risque pour les utilisateurs existe bel et bien.
Il est en effet fréquent, dans une entreprise, de ré-installer le poste client après un plantage système ou en cas de contamination virale.
Pendant cette remise au propre du système, le disque original est aussi ré-utilisé, permettant ainsi de conserver la licence acquise. Dès lors, une petite structure (Access est assez souvent présent au sein des TPE-PME) n'ayant pas fait la mise à jour vers le SP2 peut se retrouver en situation illégale.
"Même si ce composant a dû être retiré, Microsoft l'a remplacé par un autre presque identique pour les deux versions d'Access. De plus, le futur Office 12 intégrera une nouvelle solution d'échanges de données avec Excel", conclut Franck
Halmaert.
Cette décision de justice, somme
toute
embarrassante pour Microsoft, met une fois de plus en exergue le caractère très sensible de certains brevets. Rappelons toutefois que l'éditeur de Redmond a tout récemment réussi à faire reconnaître son droit de détention sur les brevets FAT (lire l'article du 17/01/2006), ce qui lui est - pour le coup - très favorable.
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