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| Reconnaissance vocale : Nuance rachète Dictaphone pour 357 millions de dollars |
| L'opération crée un acteur de stature mondiale regroupant 1 800 employés, 500 brevets et un chiffre d'affaires annuel de 400 millions de dollars.
(13/02/2006) |
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Nuance Communications, éditeur spécialisé dans les technologies de reconnaissance vocale, a annoncé jeudi 9 février, l'acquisition de son concurrent Dictaphone pour un montant total de 357 millions de dollars versé en cash. Une opération qui intervient moins de 9 mois après la fusion Scansoft / Nuance communication pour 221 millions de dollars (lire l'article du 11/05/2005).
Le nouveau groupe forme l'un des ténors des technologies de la voix, à la fois reconnaissance et synthèse vocale. Il compte près de 1800 employés dans le monde, dont 700 apportés par Dictaphone, et anticipe un chiffre d'affaires 2006 de l'ordre de 400 millions de dollars, auquel Dictaphone contribuera à hauteur de 80 millions de dollars. Autre atout majeur, l'acquisition permet à Nuance de récupérer une centaine de brevets supplémentaires portant sur les technologies de la parole pour un total de près de 500 brevets.
"Nous étions déjà présents sur le marché de la santé à travers le produit Dragon. Ce que nous ajoutons aujourd'hui, c'est l'expérience de Dictaphone sur les grands projets hospitaliers. Ils disposent de technologies de reconnaissance vocale orientées serveurs, et pas seulement poste de travail. Leurs outils sont présents sur des hôpitaux de 1 000 à 2 000 personnes avec un système intégré de workflow", précise Peter Hauser, vice-président de Nuance Communications.
Dictaphone s'est spécialisé dans l'approche travail collaboratif et suivi des documents dans les hôpitaux. Elle revendique 4 000 clients dans le secteur de la santé, dont 85% aux Etats-Unis et 15% en Europe, principalement en Belgique ou en Angleterre. Les deux groupes estiment que ce rachat va créer des économies comprises entre 20 et 25 millions de dollars par an.
| Dictaphone : une forte présence dans le milieu de la santé aux Etats-Unis |
"Dictaphone était déjà client chez nous. Ils nous payent des royalties pour se servir de notre technologie. La croissance externe apportait donc beaucoup d'avantages mutuels. De plus, entrer sur le marché des grands comptes dans le domaine de la santé prend du temps. Il faut s'y faire un nom. Or, Dictaphone comprend beaucoup de spécialistes qui connaissent le marché et les clients par cœur", analyse Peter Hauser.
Présent depuis près de 10 ans sur le marché de la santé, Dictaphone a connu des hauts et des bas. En 1998, pendant la bulle elle compte jusqu'à 1700 salariés, contre 700 actuellement. En 2000, Lernout & Hauspie tente d'unifier le marché et rachète Dictaphone qui devient une filiale du nouveau groupe. Mais en 2001, suite à la découverte d'une vaste affaire de fraude comptable, L & H met la clé sous la porte.
Après l'affaire L & H, Dictaphone met en œuvre sa réorganisation sous la protection du chapitre 11 de la législation américaine. Elle en ressort en mars 2002 en tant qu'entreprise indépendante et espère désormais se refaire grâce à l'élargissement progressif du marché de la reconnaissance et de la synthèse vocale.
"Pour certains segments de marché, la reconnaissance vocale est devenue un produit de masse. Nous distribuons par exemple 60 millions de téléphones mobiles équipés d'un outil de reconnaissance vocale, 6 à 7 millions de systèmes de navigation dans l'automobile. C'est aussi un domaine très présent dans les télécommunications avec l'automatisation des centres d'appels", affirme Peter Hauser.
| D'autres acquisitions ne sont pas exclues sur les marchés émergeants |
"Notre objectif avec Dictaphone est d'avoir une position dominante sur le segment de la santé avec 80% de parts de marché. Nous cherchons de nouveaux domaines de croissance, toujours sur des secteurs verticaux comme l'information, le secteur gouvernemental, les banques, les agences de voyage ou les sociétés d'assurance. Le marché s'ouvre un peu partout", poursuit Peter Hauser.
D'autres acquisitions de ce type ne sont pas exclues, notamment sur des marchés émergeants comme l'Inde ou la Chine. L'acteur compte évaluer au cas par cas s'il est plus intéressant de développer sa propre filiale ou de racheter un intégrateur local.
Pour ces deux prochains exercices fiscaux, le nouveau groupe prévoit une réduction de ses bénéfices de l'ordre de 11 à 12 cents par action en 2006, puis de 2 à 5 cents par action en 2007. |
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