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Les deux discours de la téléphonie sur IP
Freins potentiels, risques de sécurité, gains mesurés, recours à des solutions logicielles : autant de domaines où la vision des entreprises se heurte parfois à la réalité des réalisations concrètes.  (23/02/2006)
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La téléphonie sur IP est devenue une évolution inéluctable pour 89% des entreprises françaises, mais elles sont seulement 17% à avoir franchi le cap. C'est le constat qui illustre le décalage entre la perception de la téléphonie sur IP par les sociétés et la réalité des faits. Un décalage que fait ressortir la dernière étude sur le sujet menée par la SSII Groupe Solucom à travers sa filiale Arcome.

"L'enquête montre qu'une dynamique s'est enclenchée auprès des entreprises, une dynamique que nous ressentions depuis trois à quatre mois déjà mais qui ressort aujourd'hui à travers des données objectives. 50% d'entre elles ont ainsi lancé une étude ou un projet pilote en matière de téléphonie sur IP. Chez les grands comptes, 27% ont déjà implémenté une solution de téléphonie sur IP", déclare Isabelle Chapis, directrice générale adjointe d'Arcome.

Malgré cet optimisme, encore un tiers des sociétés françaises n'envisagent pas l'intégration de la téléphonie sur IP à moyen terme. Les groupes internationaux et les secteurs tels que l'industrie, les transports ou les services sont toutefois plus sensibles que les autres aux sirènes de la téléphonie sur IP. Dans trois cas sur quatre, les sociétés interrogées espèrent avoir terminé l'essentiel du déploiement des solutions de téléphonie sur IP avant 2010.

"C'est un calcul très ambitieux pour des entreprises qui ont des centaines de sites à migrer, et 2010 n'est pas si loin. Je pense que cette migration ira moins vite qu'elles ne l'espèrent. Toutefois, un effet boule de neige est à prévoir dans l'adoption de la technologie, notamment au sein de la communauté des très grandes entreprises", commente Isabelle Chapis.

Ce discours volontariste apparaît en décalage avec les principaux facteurs de migration, et incite donc à la prudence quant à la mise en place de la téléphonie sur IP. La première attente des entreprises vis-à-vis de cette nouvelle technologie porte sur la réduction des coûts, 74% d'entre elles la voient comme un levier majeur tandis que le second levier - l'arrivée en fin de vie des PABX - remporte 36% des suffrages.

Des économies estimées jusqu'à 20% du budget actuel
Mais les moyennes et grandes entreprises françaises se montrent relativement raisonnables et pragmatiques sur cette réduction des coûts. Ainsi, la grande majorité d'entre elles (78%) s'attend à des économies pouvant aller jusqu'à 20% du budget actuel.

"Les entreprises sont conscientes qu'avec la concurrence sur le marché des télécoms, les prix ont déjà baissé de manière significative. Elles ne croient pas au discours où la téléphonie sur IP diviserait par deux les coûts", indique la directrice générale adjointe d'Arcome.

Là encore, un décalage existe entre les entreprises ayant déjà effectué un calcul de retour sur investissement sur les solutions de téléphonie sur IP et les autres. Les premières espèrent davantage économiser sur les dépenses en personnel, près de 20% des personnes interrogées citant ce facteur, contre 15% pour la moyenne des répondants, et moins sur les dépenses liées aux opérateurs.

"Les défricheurs commencent à mesurer les bénéfices fonctionnels des solutions de téléphonie sur IP. Les entreprises ayant déjà effectué un calcul de ROI valorisent beaucoup plus les apports fonctionnels que la moyenne des entreprises, 40% en moyenne contre 28% pour le reste des sociétés. Elles y sont venues pour les économies et en fonction de l'arrivée en fin de vie de leur PABX. Mais elles commencent vraiment à trouver de la valeur depuis", souligne Isabelle Chapis.

Face à ces nouvelles fonctionnalités, les responsables interrogés se montrent plus attirés par la messagerie unifiée entre le mail et le poste téléphonique (48%) que le déclenchement d'appel par un simple clic (42%) ou la possibilité de transformer n'importe quel poste téléphonique de l'entreprise en son propre poste (25%).

"Un des facteurs de réussite de la mise en place de la téléphonie sur IP tient d'ailleurs à ces nouvelles fonctionnalités. Si le projet consiste simplement à remplacer la téléphonie classique par de la voix sur IP sans ajout, les utilisateurs vont se concentrer sur ce qui ne marche pas et feront abstraction du reste", ajoute Laurent Stopy, directeur de l'activité télécom du Groupe SoluCom.

Une dégradation des performances parfois tolérée
Lorsqu'il est demandé de citer les principaux freins au déploiement massif de la téléphonie sur IP, deux critères reviennent à égalité : la complexité de mise en œuvre et la sécurité. Le troisième frein cité tient à la dégradation de la qualité sonore. Cependant, 40% des personnes interrogées se disent prêtes à supporter une dégradation des performances si cette dernière est suivie par une réduction des coûts en proportion.

"Nous avons été surpris par ce discours. Les entreprises qui se déclarent prêtes à accepter une dégradation de la qualité de service sont prêtes à s'appuyer sur des moyens de communication alternatifs comme le mail ou les téléphones mobiles. Cette décision est très liée à la criticité de la téléphonie dans l'entreprise. Pour les centres d'appels par exemple, une interruption de services est inconcevable", affirme Isabelle Chapis.

Le frein de la sécurité semble aussi prêter à confusion. Pour les entreprises qui n'ont pas encore lancé d'étude sur la téléphonie sur IP, l'usurpation d'identité et l'écoute indiscrète sont particulièrement redoutées. Au contraire, chez celles qui ont déjà installé une solution de téléphonie sur IP, les deux principales menaces citées sont le spam vocal et les attaques en déni de service.

A noter enfin que 50% des entreprises sondées se déclarent intéressées par la location de PABX-IP distants (solution de Centrex IP) même si 75% d'entre elles n'ont aucune volonté d'externalisation complète.

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L'idée consiste alors à masquer la complexité de la téléphonie sur IP en la confiant à un prestataire. De même, 40% du panel s'est déclaré attentif vis-à-vis des solutions logicielles Skype. Ce pourcentage tombe à 27% chez les grands comptes.
 
 
Yves DROTHIER, JDN Solutions Sommaire Infrastructure
 
 
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