JDN Solutions. Comment convaincre une société de déployer une architecture orientée services, et notamment la direction générale, généralement peu sensible aux projets d'infrastructure ?
Gérald Karsenti. Il y a quelques années, les projets de business process reengineering et les déploiements progiciels qu'ils représentaient, dans le domaine des ERP ou du CRM notamment, ont permis aux entreprises de gagner en réactivité et en performance.
Ces chantiers étaient néanmoins rigidifiants et impliquaient une adaptation des structures métier à la technologie. De plus, ce qui était déployé une fois ne pouvait pas être réutilisé ensuite. Il s'agissait donc de projets assez lourds, nécessitant beaucoup d'argent et de temps.
L'approche SAO permet de dépasser ces difficultés en permettant, grâce aux standards, de réutiliser - voire de réagencer - des composants existants et issus de systèmes hétérogènes, dans l'optique de créer de nouveaux processus. De cette façon, on peut disposer d'un modèle métier d'un côté et d'un modèle d'infrastructure de l'autre qui se rejoignent sans difficulté.
Nous avons identifié trois interlocuteurs cibles dans l'entreprise suceptibles d'être intéressés par cette technologie. D'abord, la DSI qui est avant tout sensible aux économies d'échelle que lui apporte la capacité de réutiliser des composants, et plus largement par la productivité que permet la SOA en termes de développement.
Ensuite, les fonctionnels, qui saisissent l'intérêt métier de cette solution, notamment en matière de souplesse. Enfin, la direction générale, qui perçoit le retour sur investissement d'une telle approche, et les gains qu'elle fournit autour du développement et du déploiement comparés à des démarches plus traditionnelles.
Que conseillez-vous à une entreprise qui se lance, par où commencer ?
| "Nous préférons nous positionner sur des projets modestes" |
Chez Sogeti, nous avons choisi d'opter pour une démarche de proximité, en préférant nous concentrer sur des projets axés sur un département, une filiale ou sur un métier de l'entreprise, sans entrer directement dans de gros chantiers touchant l'ensemble d'une société et de son système d'information.
L'idée est de répondre à un besoin spécifique, bien identifié, et de pouvoir implémenter rapidement une solution, avec à la clé un ROI rapide qui mette en avant l'intérêt de la technologie SOA pour l'ensemble des acteurs, et la direction générale en particulier. Ensuite, nous pouvons accompagner l'entreprise dans une montée en puissance de son infrastructure SOA et aller plus loin, mais toujours par étapes.
Quelles sont les compétences nécessaires au lancement d'un chantier de SOA ?
Une telle initiative implique des compétences en développement de composants, ainsi qu'en intégration, en vue de connecter les services à l'existant. Il est nécessaire également d'afficher des compétences en matière d'architecture.
Sur le plan du management, il est important de disposer de concepteurs, qui comprennent le métier de l'entreprise, capables de faire le lien avec les fonctionnels, au-delà des chefs de projet et des directeurs de projet. Enfin, il faut pouvoir gérer la phase de mise en uvre opérationnelle, et notamment s'assurer de la possibilité de réutiliser les composants.
Des solutions du marché couvrent l'ensemble des étapes de mise en place d'une infrastructure orientée services, du développement au déploiement, en passant par la sécurisation. C'est le cas de Microsoft, mais également d'IBM avec les solutions Rational, WebSphere et Tivoli. Il s'agit de nos deux partenaires stratégiques dans ce domaine. Mais nous travaillons aussi avec Computer Associates, BEA et Oracle.
|