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Inde : les entreprises face à la pénurie des compétences
Si la demande des entreprises en main d'œuvre qualifiée ne faiblit pas, le système éducatif indien en revanche ne suit plus. L'employabilité des ingénieurs apparaît comme insuffisante selon une étude de Nasscom.  (25/10/2006)
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L'économie indienne ne connaît pas la crise. Toujours portée par l'essor des services informatiques, elle reste une nation très attractive sur le plan de l'outsourcing. La sous-traitance logicielle a cette année encore enregistré une forte hausse, de l'ordre de 30%. Hormis la chine, c'est le pays qui affiche la progression la plus importante.

Sa main d'œuvre bon marché et compétente est l'un des critères essentiels du succès de l'Inde. Et pour répondre aux besoins des entreprises nationales ou étrangères implantées sur le sol national, les universités tournent à plein régime. Ce sont environ 400 000 ingénieurs qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Des jeunes diplômés dont la formation s'avère pourtant nettement lacunaire.

Selon une étude commissionnée par la National Association of Software and Service Companies (Nasscom), seulement un individu sur quatre quittant les bancs d'une école d'ingénieurs aurait un niveau d'employabilité suffisant. Ce sont donc 75% des diplômés dont la formation est directement mise en cause.

Les connaissances techniques, la maîtrise de l'anglais, ou tout simplement le travail en équipe sont autant d'aptitudes jugées trop peu éprouvées par l'association pour répondre aux attentes des entreprises. La demande est pourtant toujours aussi marquée, rendant plus problématique encore la pénurie de compétences. Une carence qui s'est d'ores et déjà traduite par une revalorisation des salaires à l'embauche de 10 à 15%.

Sur les quatre années à venir, le nombre d'emploi dans le secteur informatique devrait ainsi doubler. Tata Consultancy Services projette par exemple de recruter 30 000 salariés de plus afin de grossir sa force de vente qui compte déjà 72 000 personnes. Nasscom prévoit donc un déficit de 500 000 professionnels dans le secteur technologique d'ici 2010.

Un déficit dans le secteur IT de 500 000 salariés en 2010
Les entreprises n'ont donc d'autres solutions que de diversifier les filières pour garnir leurs effectifs. En effet, les grandes écoles indiennes ne sont plus en mesure à elles seules de produire suffisamment de diplômés. Quant aux étudiants issus des nouvelles universités privées, leur qualité apparaîtrait comme trop inégale.

Pour s'assurer de disposer de travailleurs en nombre suffisant, mais surtout qualifiés, les firmes se rapprochent étroitement des écoles. Une démarche qui leur apporte l'assurance de bénéficier d'une main d'œuvre dont la formation répond directement à leurs attentes. Elles pourront de plus compléter ce cursus initial par une formation en interne.

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Si l'Inde continue d'être le pays à envoyer le plus d'étudiants à l'étranger, il apparaît plus que jamais impératif pour elle de bâtir et soutenir ses filières d'enseignement nationales pour répondre à l'essor de son économie. L'enseignement supérieur reste à l'heure actuelle limitée à une frange réduite de la population. L'illettrisme y demeure toujours fort. 40% des indiens de plus de 15 ans sont illettrés.

 
 
Christophe AUFFRAY, JDN Solutions Sommaire Emploi
 
 
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