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16/05/2007

Nicolas Sekkaki (IBM France) : "Nous espérons réduire de 42% la consommation d'énergie de nos centres de données"

En investissant 1 milliard de dollars pour réduire sa consommation électrique, IBM s'engage dans un vaste projet de maîtrise des coûts. Le responsable France de la division IBM Global Technology Services en présente les étapes.
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Nicolas Sekkaki - IBM France
 

Pour quelles raisons allez-vous consacrer un milliard de dollars à l'optimisation électrique de vos datacenters ?

Aujourd'hui, le nombre de serveurs administrés pour le compte de nos clients augmente année après année. En parallèle, la consommation électrique au mètre carrée s'accroît de 15% par an environ. Troisième point, la raréfaction de l'énergie fossile engendre une augmentation sensible de la facture électrique.

L'investissement que nous réalisons est d'ailleurs à remettre en perspective par rapport aux dépenses d'énergie des datacenters dans le monde : aujourd'hui cette dépense est estimée à 10 milliards de dollars dans le monde pour un total de 100 milliards de kilowatts heure utilisé. Cela représente la consommation d'une ville comme Paris sur 16 ans.

D'autre part, cette augmentation continue de la consommation électrique des datacenters engendre des répercussions en cascade sur la gestion opérationnelle. Une forte densité de serveur, cela signifie des investissements en onduleurs, avec un aménagement précis en équipements électriques notamment en groupe électrogène. Cette consommation impacte directement la température de la salle serveur et donc le refroidissement. Et pour faire fonctionner davantage la climatisation, il faut consommer davantage d'électricité.

En réalité, dans un datacenter, une bonne partie de l'électricité sert aux équipements connexes, et pas aux serveurs proprement dits. Sachant que le taux d'utilisation moyen d'un serveur est généralement de 20%, il devenait critique pour nous de faire baisser la facture électrique tout en améliorant le niveau de services de nos clients. Nous espérons y parvenir en doublant la puissance de nos datacenters d'ici 2010 sans augmenter la consommation électrique.

Comment comptez-vous parvenir à stabiliser votre facture d'électricité ?

La première chose est effectivement de travailler sur la conception même des produits, de manière à réduire par exemple la consommation d'énergie des processeurs. Mais cette approche ne suffit pas. Outre le design, il faut surtout diminuer le nombre de processeurs utilisés par client, et en améliorer le taux d'utilisation. Ce problème de la gestion de l'énergie est là pour durer, et il est non négligeable. Pour y répondre, nous plaçons donc les ressources nécessaires – à savoir 850 ingénieurs / architectes autour de la consommation d'énergie.

"Nous explorons des pistes telles que les solutions de refroidissement liquide"

Dans un centre informatique, il y a des points chauds et froids. Il est important de faire un diagnostic pour optimiser la circulation d'air et le refroidissement. Nous avons donc monté un logiciel modélisant les flux d'air chaud et froid, à partir duquel il est possible de réaménager ses salles informatiques. Il faut aussi s'intéresser à la déperdition énergétique, notamment le confinement de l'air froid via des portes réfrigérées pour rack.

Ce n'est qu'à partir de ce diagnostic qu'il est possible de répondre à ces enjeux. Nous y ajoutons des technologies telles que la consolidation des serveurs et la virtualisation, le transfert d'applicatifs d'un serveur à l'autre à chaud, la mise en marche et l'extinction d'un serveur de manière dynamique. Enfin, nous explorons des pistes telles que les solutions de refroidissement liquides, et la mise en place d'indicateurs de taux de charge serveur et d'alertes sur les serveurs allumés mais non utilisés.

Est-ce que l'externalisation de parc ne conduit pas les clients à une consommation irraisonnée du point de vue écologique ?

Pas vraiment. Déjà aujourd'hui, les clients consomment de manière irraisonnée. Lorsqu'ils possèdent un datacenter en interne, l'augmentation de la consommation électrique les conduit plus à s'intéresser à la conformité de leur salle qu'aux enjeux électriques. Or, un prestataire a pour seul objectif d'augmenter sa rentabilité et donc de réduire ses coûts, ce qui l'oblige à tenir compte de la manière optimale de réduire sa facture d'énergie. Indirectement, le client va aussi se sentir concerné par cet enjeu, puisqu'il sera facturé au nombre de mètres carrés utiles consommés.

 
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Avec ce projet "Big Green", nous espérons réduire de 42% la consommation d'énergie de nos datacenters à l'horizon 2010. Cette économie représente 7 439 tonnes d'émission de carbone en moins par an. Cet engagement, nous ne le prenons pas uniquement pour nos datacenters. Entre 1990 et 2005, IBM a réduit ses émissions de CO2 de 9 millions de mètres cubes, et baissé sa consommation d'énergie totale de 7,2 milliards de kilowatts heure. Nous nous sommes aussi tournés davantage vers les énergies renouvelables.


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