Rachat de Dell : les dessous du rapprochement avec Microsoft

En accordant un prêt de 2 milliards de dollars au constructeur texan, Redmond cherche aussi à protéger ses arrières, en conservant notamment une influence sur la stratégie post-PC de Dell.

Microsoft n'est pas une entreprise philanthrope. En décidant d'accorder un prêt d'un montant de 2 milliards de dollars à Dell, Redmond veut avant tout réaliser un bel investissement. Tout d'abord financier, puisqu'il est inconcevable que Microsoft ne ramasse pas au passage quelques intérêts. Mais pas seulement.

"Pour Microsoft, c'est un petit investissement, mais qui leur donne une influence stratégique", a ainsi indiqué Al Hilwa, directeur au sein du cabinet de conseil IDC. C'est d'ailleurs certainement sur ce plan que Microsoft a le plus à gagner de son rapprochement avec Dell.

Fidèle partenaire de longue date de Microsoft en tant que constructeur OEM, Dell continuera donc à le rester. Et, dans un paysage du marché PC qui évolue à la baisse et où celui des terminaux mobiles (smartphones et tablettes) explose, il est sans doute beaucoup plus intéressant pour Microsoft de prendre part à la mutation de la stratégie du constructeur plutôt qu'à la subir. Même si cela devra être fait avec précaution. 

Prendre des parts dans Dell aurait été trop risqué pour Microsoft vis-à-vis de ses autres partenaires OEM ?

"Microsoft devra gérer avec prudence ses futures relations avec Dell. Tout mouvement qui pourra avoir un impact sur les relations avec d'autres constructeurs OEM devra être pesé, car cela pourra être perçu comme du favoritisme", avertit ainsi Allan Krans, analyste chez Technology Business Associates.

Ce qui explique sans doute pourquoi Microsoft n'a d'ailleurs pas pris directement des parts de Dell. L'éditeur de Windows a préféré opter pour un positionnement plus confortable, en jouant le rôle de partenaire financier, tout en essayant d'éviter de se mettre à dos ses autres partenaires OEM (HP, Lenovo...). Des partenaires sur lesquels, il compte d'ailleurs beaucoup pour écouler ses systèmes d'exploitation Windows 8.

Cet investissement devrait aussi permettre à Microsoft de garder un oeil sur la stratégie de diversification de Dell. Après être entré sur le marché des serveurs Linux, le constructeur texan a également lancé son portable XPS 13 sous Ubuntu en novembre dernier. Une initiative que Microsoft aimerait sans doute ne pas voir se réitèrer trop souvent, bien qu'elle semble être dans l'ère du temps. En effet, comme Acer, Asus et Lenovo, HP s'est récemment aussi mis à proposer des Chromebooks, c'est-à-dire des portables qui ne tournent pas sous Windows... 

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