Les coulisses techniques de BlaBlaCar La plateforme de BlaBlaCar roule à l'hybride

Déjà fortement internationalisé, BlaBlaCar s'appuie sur un réseau de 6 data centers situés sur 3 continents. Ceux-ci sont implantés à Singapour, Miami, Londres, Paris. La particularité de la plateforme de production de BlaBlaCar a ceci de caractéristique, c'est qu'elle marie serveurs classiques, serveurs virtualisés regroupés en cloud privé, et enfin cloud public. Une plateforme hybride qui compte actuellement 300 serveurs physiques et 150 machines virtuelles (sur le cloud privé).

Un cloud privé combiné à Amazon Web Services

Intérieur d'un data center de BlaBlaCar. © BlaBlaCar

BlaBlaCar utilise en outre les services de cloud public d'Amazon Web Services de manière permanente pour le stockage. "Ce n’est pas très intéressant de bâtir notre propre infrastructure de stockage", souligne Francis Nappez. "Amazon le fait très bien, donc nous utilisons S3 pour stocker les photos des membres, par exemple. En parallèle, nous utilisons EC2 pour les traitements batch de gros volumes de données." Moins de 10 instances EC2 tournent en permanence sur Amazon Web Services, la puissance de traitement du Cloud public étant utilisée principalement pour des besoins ponctuels. "Nous déportons sur Amazon les débordements de trafic et les calculs ponctuels. Nous réalisons donc dans le Cloud ce que nous ne pouvons pas faire sur notre infrastructure physique, c'est-à-dire mobiliser 100 machines d’un coup pour effectuer un calcul et les éteindre immédiatement après", ajoute le directeur technique.

VMware motorise le cloud privé

L'essentiel de la production informatique est donc assurée par les racks de serveurs que BlaBlaCar déploie au fil des besoins ainsi que par son cloud privé construit sur la technologie VMware. "Les serveurs virtuels nous donnent de l’agilité dans nos déploiements, et nous permettent de mettre en place des services qui ne monopolisent pas une machine complète lorsqu’ils ne sont pas sollicités", note Francis Nappez.

Des montées en charge qui restent prévisibles

Aller vers une architecture 100% cloud à la façon d'un Netflix est une question que le directeur technique se pose aujourd'hui, mais cette question reste ouverte. "Il y a tout d’abord un enjeu de compétences internes et d’expérience des équipes. Lorsque nous avons fait ce choix d'architecture hybride, c’est parce que nous disposions des compétences", indique-t-il. "Chez Blablacar, j’estime que nous avons une bonne maitrise des coûts et des performances de nos serveurs. Que ce soit des serveurs "bare metal" ou des serveurs virtualisés. Nous avons un trafic nominal assez peu saisonnier qu’il est assez simple de projeter à l’horizon de 6 mois." La montée en puissance de la plateforme interne de BlaBlaCar reste donc prévisible et gérable par la start-up. Les pics de trafic de l’ordre de 20 à 25% lors de certaines périodes de l’année peuvent être anticipés par l'acquisition de ressources serveur et de bande passante. Francis Nappez prépare déjà la plateforme à faire face au pic d’activité des fêtes de Noël.

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