Workday : la gestion de la paie arrive en France

Le pure-player du SaaS californien a adapté sa solution de gestion de la paie aux spécificités françaises. Ses cibles : Oracle, SAP, et les entreprises de plus de 1000 salariés.

Workday avance ses pions en France. L'entreprise californienne, redoutée par Oracle et SAP, ajoute une corde à son arc en complétant son offre logicielle dans l'Hexagone. Sa solution Payroll, dédiée à la gestion de la paie, a été adaptée aux spécificités françaises, et débarque en France.

Il s'agit évidemment d'une solution Cloud, facturée à l'utilisateur et au mois, comme toutes les autres solutions de cet éditeur qui est un pure-player du SaaS. Workday Payroll existait déjà aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, et une équipe française a pu développer, traduire et adapter la solution aux spécificités françaises. Cotisations retraite, Ursaff, Pole emploi, remboursement des cartes de transport, gestion des arrêts maladies, des paiements SEPA, de la fameuse déclaration sociale nominative…  tout est censé y être.

Tableaux de bord et support des terminaux mobiles sont au menu de la version française de Workday Payroll. © Workday

Une partie du développement a été réalisée en France : sur la cinquantaine de salariés que compte aujourd'hui Workday en France, une quinzaine participaient, à la fin, au développement. Le support sera aussi assuré en français.

Les serveurs ne sont toutefois pas situés en France mais dans d'autres pays européens (Allemagne, Hollande et Irlande). Ils viennent compléter ceux basés aux Etats-Unis. La solution a beau être "cloud" elle devra être intégrée par des partenaires : les habituels spécialistes IBM, Accenture, Capgemini, Deloitte sont cités, aux côtés de structures plus petites, comme EverBe.

Un marché de renouvellement

"Nous sommes l'iPhone, et Oracle et SAP sont les Blackberry"

Workday propose déjà dans l'Hexagone une solution de gestion RH (Workday Human Capital Management). Celle dédiée à la finance devrait suivre. En France, deux clients seulement peuvent être cités : Lafarge et Sanofi. "Nous ciblons des entreprises de plus de 1000 salariés", admet Laurent Botella, directeur stratégie produits Monde chez Workday.

Workday s'attaque donc à un marché de renouvellement  – et ses concurrents s'appellent SAP ou Oracle (et Sopra Steria et son HR Access en France). L'éditeur semble d'ailleurs prendre un certain plaisir à déloger (pour ne pas dire "disrupter") ces acteurs historiques. "J'explique souvent que nous sommes l'iPhone, et qu'Oracle et SAP sont un peu les Blackberry", tacle Laurent Botella.

La semaine dernière, Aneel Bhusri, le CEO Workday, s'était félicité d'avoir conquis un marché acquis à des acteurs bien installés. "La plupart des grands comptes que nous signons remplacent des produits on-premise SAP ou Oracle, et même, de plus en plus, des produits SaaS de ces mêmes éditeurs". Il s'exprimait lors de la publication des résultats annuels de son entreprise, qui vient de dépasser le milliard de dollars de chiffre d'affaires annuel. Workday s'est ainsi hissé aux côtés des rares pure-players du SaaS qui ont réussi à franchir ce cap, et parmi lesquels figurent ServiceNow ou Salesforce.

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