Comment Cloudwatt compte rattraper Numergy

Cloudwatt ou Numergy Alors que l'offre Numergy compte déjà des dizaines de distributeurs, Cloudwatt qui a choisi le même modèle de commercialisation indirect compte bien rattraper son retard.

 L'état des lieux : Numergy en avance

Cloudwatt aura mis près de deux ans à sortir son offre. Elle a officiellement été lancée le 30 juin dernier. Mais il est vrai que, contrairement à la solution de son concurrent Numergy, disponible depuis 2013 car basée à 100% sur l'infrastructure de son actionnaire SFR (outillée par VMware), le cloud souverain codétenu par Orange et Thales partait, lui, de rien. Ou presque. Car Orange lui offre tout de même un espace d'hébergement au sein de son data center de dernière génération, à Val-de-Reuil en Normandie. A la différence de Numergy, Cloudwatt a donc dû développer l'intégralité de sa plateforme logicielle, en décidant de retenir d'emblée OpenStack comme socle.

Résultat, le cloud souverain d'Orange et Thales se retrouve aujourd'hui derrière Numergy. Il est vrai que ce dernier n'a pas attendu, et beaucoup avancé en parallèle. Affichant le même modèle de distribution indirecte que Cloudwatt, il compte déjà des dizaines de partenaires qui commercialisent son offre. Et depuis son lancement, Numergy a étoffé sa gamme d'un mode de vente direct, mais aussi d'une seconde offre reposant cette fois sur la technologie OpenStack... Et comme par hasard, cette dernière a été lancée tout juste deux semaines après la commercialisation des services similaires de Cloudwatt... 

 La contre-attaque de Cloudwatt

La gestion réseau et le traitement de données en masse comme valeur ajoutée

Pour mettre toutes les chances de son côté, Cloudwatt a soigné son implémentation d'OpenStack. Elle introduit plusieurs différences avec l'approche de Numergy. L'une de ces principales différences : Cloudwatt n'a pas opté pour les mêmes solutions réseau. Il a déployé sa propre infrastructure de réseau privé virtuel (SDN). Elle repose sur la technologie de SDN open source OpenContrail de Juniper. "Elle nous permet d'être nativement compatible avec le protocole MPLS, et ainsi de nous intégrer aisément aux réseaux étendus des grandes organisations", explique Thierry Chaumeron, responsable de produits chez Cloudwatt. "Dans le même temps, notre infrastructure est connectée aux points de peering de Telecity, Telehouse et Interxion."

A la différence des SDN disponibles avec OpenStack (comme Open vSwitch), "OpenContrail permet également de manière très élastique d'encaisser de fortes montées en charge", ajoute Thierry Chaumeron. Une gestion réseau qui permet par ailleurs à Cloudwatt de marquer aussi des points sur les architectures de clusters. Le cloud dispose d'ailleurs d'un service Hadoop (Hadoop as a Service), déjà utilisé par des clients, et capable de monter jusqu'à 40 nœuds. Deux partenaires de Cloudwatt spécialisés dans la data, Micropole et Ysance, ont notamment déployé de tels clusters, et les utilisent même pour réaliser des traitements pour le compte de clients.

Pour l'heure, le service Hadoop de Cloudwatt demeure une option privée, mise en œuvre par quelques partenaires. "Nous envisageons de le sortir de sa sandbox courant 2015, et le commercialiser de manière publique", confie Thierry Chaumeron. "L'un de nos clients a déployé sur nos VM un cluster MapReduce de 80 à 90 nœuds, avec à la clé plus d'un millier de VCPU, pour des calculs en 24/7 depuis septembre. Nous estimons donc pouvoir gérer le passage à l'échelle consécutif à l'ouverture d'un tel service sur notre infrastructure."

 Un cloud qui semble taillé pour les grands comptes

Au total, Cloudwatt semble par conséquent plutôt bien positionné pour cibler les grandes organisations, publiques ou privées, présentant des projets de cloud importants. Sans surprise, l'un des cas d'usage qu'il met en avant porte sur les clouds hybrides : une configuration typiquement prisée par ce type de client. Et plusieurs partenaires seraient d'ailleurs en train d'étudier l'opportunité de recourir à lui pour commercialiser une telle solution. Le premier d'entre eux : Orange Business Services. La filiale de services IT d'Orange étudierait de près l'opportunité d'intégrer Cloudwatt à son offre de cloud privé, en vue de proposer à ses clients de gérer des débordements dans le cloud public souverain. 

Une offre pour permettre aux hébergeurs traditionnels de basculer dans le cloud

Mais Cloudwatt mise sur d'autres cas d'usage, couvrant de nombreux domaines. Il compte par exemple proposer à des hébergeurs de recourir à son infrastructure pour commercialiser en marque blanche des services de cloud privé virtuel. Il a ensuite taillé une offre pour le streaming, ciblant des applications de VOD ou de replay. Plus classiquement, il vise aussi le stockage objets pour le partage de gros fichiers, ou encore le provisioning de VM pour des besoins de développement et de test. Enfin, Cloudwatt entend positionner sa solution comme une infrastructure pour les éditeurs de SaaS. Ftopia qui a repris son offre de stockage de fichiers en ligne Cloudwatt Box constitue sa première référence sur ce terrain, puisque cette app reste adossée à son cloud.

 Le premier semestre 2015 devrait permettre de transformer l'essai

Pour réussir son pari, Cloudwatt a mis les bouchées doubles pour faciliter l'intégration de son offre aux plateformes de ses partenaires. "Nous avons signé avec une vingtaine d'acteurs, et avons des discussion très avancées avec une vingtaine d'autres", confie Thierry Chaumeron. Le premier semestre 2015 devrait permettre au cloud souverain de transformer l'essai.

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