VMworld 2012 : la rivalité Microsoft - VMware monte d'un cran

Face à un concurrent de plus en plus sérieux, VMware a revu sa tarification. Les nouveautés fonctionnelles de vSphere 5.1 et de l'hyperviseur ESXi 5.1 doivent également l'aider à rivaliser avec les derniers outils de Microsoft.

VMware a admis son erreur. L'année dernière, lors de son grand rendez-vous annuel VMworld, l'éditeur de solutions de virtualisation avait annoncé un nouveau modèle de facturation basé non plus sur l'infrastructure physique mais sur les ressources virtualisées. Cette "taxe sur la VRAM", très mal accueillie, vient d'être officiellement abandonnée, un an tout juste après sa création.

Mea culpa de VMware

Lors de ce VMworld 2012, le nouveau PDG de VMware Pat Gelsinger n'a pas hésité d'affirmer "être heureux" de rayer cette taxe des factures. Une annonce largement applaudie. Le précédent PDG, Paul Maritz, qui avait approuvé l'ancien modèle de tarification, a également tenu à prononcer un "Mea Culpa" pour admettre l'erreur. Retour donc désormais à l'ancien modèle pour la nouvelle grille de tarifs annoncée. Ces prix seront applicables à vSphere 5 et 5.1., cette dernière mise à jour devant être disponible le 11 septembre.

Cependant, durant l'année passée, Microsoft n'aura cessé de vouloir profiter de l'erreur de son rival, en vantant ses prix plus attractifs. Dans le même temps, Redmond a considérablement musclé ses propres offres avec Hyper-V 3.0 et Windows Server 2012, pour combler son retard en matière de fonctionnalités. Aujourd'hui, ce sont même les outils de VMware qui doivent intégrer des fonctionnalités proposées par Hyper V-V 3 (notamment la migration instantanée de VM ne partageant pas le même stockage - qui fera son entrée dans vSphere 5.1).

Nouveautés de vSphere 5.1 et ESXI 5.1

Ce n'est pas la seule nouveauté de vSphere 5.1, fer de lance de VMware, puisque la filiale d'EMC a décidé d'y ajouter des composants déjà existants, mais auparavant séparés (et nécessitant donc une licence à part), comme ceux dédiés à la réplication des machines virtuelles (solution nommée "Site Recovery Manager") ou à la sécurité et à la surveillance du trafic (vShield EndPoint).

Les machines virtuelles créées par vShere 5.1 pourront aussi, à en croire l'éditeur, être deux fois plus puissantes en termes de CPU et de RAM virtuels – égalant sur ce point, une fois de plus, les performances de son rival Hyper V 3. Enfin, l'hyperviseur ESXI 5.1 affiche de nouvelles compatibilités matérielles (avec les technologies Intel et AMD dernier cri) mais aussi logicielles, avec le support des imminents Windows 8 et Windows Server 2012.

Tacles contre Microsoft

Comme l'a souligné un observateur sur l'événement, "chaque année à VMworld, les questions soulevées par la rivalité avec Microsoft deviennent de plus en plus insistantes. Cette année encore, ces question n'avaient jamais été aussi fréquentes", forçant d'ailleurs les hauts responsables de VMware à souvent évoquer ce concurrent. "Tout le monde ici sait qu'il n'est pas possible de concurrencer Microsoft sur le prix. Mais, il est possible de rivaliser avec Microsoft sur la valeur", a ainsi lancé Rick Jackson, responsable marketing de VMware.

Paul Maritz, ancien haut responsable chez Microsoft, n'a pas hésité également à tacler de son côté son ancien employeur. "Ces dernières années, la stratégie de Microsoft, a consisté à dire que sa solution de virtualisation était juste 'suffisamment bonne', reconnaissant ainsi que ce n'est pas la meilleure".

L'ancien PDG de VMware a aussi affirmé que les attentes évoluaient vite, et qu'aujourd'hui elles ne visaient plus seulement la virtualisation des serveurs, mais celles des centres de données, en entier, avec leurs réseau, stockage, sécurité... C'est d'ailleurs précisément le but de vCloud Director 5.1, présenté lors de ce VMworld, et qui est donc censé, là aussi, conserver une avance sur Microsoft.

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