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Sommaire du dossier 35 heures
35 heures: il n'y a plus de temps à perdre
A quelques semaines de l'échéance fixée par la loi d'orientation du 13 juin 1998, une seule des 10 premières SSII de France est passée aux 35 heures selon une enquête Benchmark Group - Le JDNet Solutions publiée aujourd'hui. Et encore, la seule entreprise à avoir adopté le rythme des 35 heures (EDS France) l'a fait dans le cadre de la loi de Robien il y a deux ans. Le temps est compté, même si plus de 50% des SSII étudiées nous ont déjà affirmé qu'elles ne seraient probablement pas prêtes pour le 1er janvier. Sema Group et Unilog par exemple, font tout leur possible pour que le passage aux 35 heures puisse s'effectuer le 1er janvier, même si les négociations viennent juste de débuter. Quant on sait qu'EDS a négocié pendant plus d'un an pour trouver un compromis qui a été accepté par les salariés, on imagine mal ce qui pourrait aboutir de 5 semaines de négociations, en pleine période de discussions de la deuxième loi et de l'extension de l'accord du Syntec dont dépendent la plupart des SSII (Bull et IBM GS mises à part). Thomson Syseca a par contre choisi d'adopter la position du MEDEF et de ne pas mettre en place la réduction du temps de travail, quitte à payer les pénalités prévues par la loi. Le passage aux 35 heures, aurait lieu dans cette SSII au cours du premier semestre de l'année 2000. Mais il est clair que la question gêne visiblement chez les sociétés de services qui négocient en ce moment le passage avec les syndicats: ni Sopra ni IBM Global Services ne sont prêts à communiquer pour l'instant. Bloquées entre la deuxième loi sur les 35 heures qui n'est toujours pas adoptée et une éventuelle révision de l'accord Syntec, les SSII peinent à négocier sans avoir de socle légal. Le mouvement lancé chez Cap Gemini le 22 octobre s'est amplifié aux autres SSII. Et, pour une fois, cadres et employeurs s'opposent franchement. Les premiers, qui ne veulent pas d'une annualisation de leur temps de travail sans négociation, mettent dans la balance leur participation aux astreintes liées à l'an 2000. Les patrons les plus durs évoquent quant à eux la menace du recours à l'offshoring, précisant que la hausse de la masse salariale liée aux 35 heures forcera les entreprises internationales à accentuer leurs délocalisations. La réduction du temps de travail implique, en calcul annualisé, la perte de 8 jours de travail (de 227 à 219 jours). La perte pour les entreprises pourrait se situer aux environs de 3 à 4% du chiffre d'affaires selon Sopra et 2% sur la marge nette de GFI Informatique. Quel impact sur les salaires et les tarifs pratiqués envers les clients? Une modération salariale, source d'achoppement avec les syndicats, et peut être une hausse des tarifs pour les clients. Quant aux résultats en terme de création d'emplois, les avis sont plus que partagés. EDS France qui fonctionne déjà sous le régime des 35 heures a créé 170 emplois et affirme que le recrutement est facilité par la réduction du temps de travail: les ingénieurs seraient séduits par la possibilité de concilier vie professionnelle et vie de famille. Les autres, au contraire, pense que les SSII n'ont pas besoin d'une réduction du temps de travail pour créer des emplois et que la loi Aubry risque, au contraire, de mettre en évidence le manque de ressources humaines. La mise en place de la réduction du temps de travail ne sera donc pas une synécure pour les SSII, sans compter que l'accord du Syntec a été signé pour l'instant par les syndicats CFDT et CFE-CGC mais est contesté en justice par la CGT et FO qui ont saisi le tribunal de grande instance de Paris pour réclamer son annulation. [Alain Steinmann, JI]
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Dossier réalisé par François Morel Responsable de rubrique : Alain Steinmann Copyright: Benchmark Group
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