The Hacking Team piraté : des gouvernements parmi ses clients

Le spécialiste italien de la surveillance The Hacking Team s’est fait piraté, et la fuite de données dont il est victime semble révéler les gouvernements qui ont acheté ses technologies.

C’est un piratage et une fuite de données spectaculaires dont est aujourd’hui victime l’entreprise italienne The Hacking Team. Sur son site, The Hacking Team promet de "rendre facile la cyber-intelligence". Une brochure décrit sa technologie Galileo, aussi appelée Remote Control System, comme étant capable de "contourner les chiffrements" et d’espionner n’importe quel terminal, qu’il s’agisse d’un Android ou d’un PC Windows. "Remote Control System est invisible, déjoue les antivirus et les pare-feu", promet l’entreprise, qui est en fait spécialisée dans les spywares et "les vecteurs d’infection les plus sophistiqués", c’est-à-dire dans les exploits, voire sans doute dans les failles 0 day. Sa "suite de hacking" est taillée "pour les interceptions gouvernementales".

Depuis son piratage, une grande quantité de documents dérobés a été diffusée sur Internet. Les données semblent lister les pays auxquels The Hacking Team a vendu ses technologies. Les Etats-Unis, via le FBI et la DEA, la Russie, l’Egypte et le Soudan apparaissent comme ses clients. Problème : le Soudan fait l’objet d’un embargo sur les armes. Le porte-parole américain de The Hackin Team, Eric Rabe, s’est pour l’heure limité à indiquer que "les investigations sont en cours". Il n’a pas confirmé l’identité de ses clients. Il a toutefois reconnu qu’"auparavant", The Hacking Team a pu soutenir que "des logiciels ne pouvaient être mis sur le même niveau que des bombes". Mais, il a aussi affirmé que, depuis janvier, The Hacking Team aurait "travaillé avec le gouvernement italien" et respecterait dorénavant un "nouveau protocole international".

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