Webperf, SEO, HTTPS, AMP : les chantiers techniques d'Oxybul.com

Le passage du dynamic serving au responsive design aura permis à l'e-marchand de jouets d'améliorer significativement sa performance web. HTTPS et format AMP sont testés par ailleurs.

Sa percée dans notre classement de la webperf des 40 e-commerçants les plus visités en France n'est pas passée inaperçue : en juillet dernier, Oxybul.com a gagné pas moins de 16 places en un mois et a même pu s'offrir le podium. Comme le JDN l'avait alors observé, le Start Render de ce site s'est nettement amélioré, et son HTML et ses CSS ont été considérablement nettoyés. Le résultat, évidement, d'un travail sur la webperf… mais ce dernier s'est emboîté dans un autre chantier.

Du Dynamic Serving au Responsive

Oxybul.com a en effet basculé il y a quelques mois vers le Responsive Web Design (RWD), et en a profité pour faire un grand ménage dans son code. Les pages d'accueil, des produits et des listes ont été optimisées à cette occasion (et c'est d'ailleurs ces trois types de pages qui sont mesurées pour notre classement webperf). "C'était la première partie du travail", complète François Malinge, responsable SI front Web d'IDKIDS et donc d'Oxybul.com. La deuxième partie du projet a, depuis, été mise en production, et se concentre, elle, sur les autres pages du tunnel de conversion. D'autres améliorations devraient être observées sur le front de la webperf. Des changements concernant les images sont attendus : "leur poids devrait baisser, notamment pour celles qui sont uploadées par les partenaires et le marketing. Les appels comptés sur les pages devraient aussi diminuer", annonce le responsable technique d'Oxybul.com. Des évolutions qui devraient donc transparaître dans les prochaines mesures des classements webperf du JDN. A suivre.

La page d'accueil d'Oxybul.com. © oxybul.com

Si Oxybul est passé au RWD, son site était pourtant déjà optimisé pour les mobiles. En effet, détail un peu intrigant, ce site a basculé du dynamic serving, technique pourtant appréciée pour ses impacts positifs sur la webperf, vers le RWD. C'est "pour chercher des gains en matière de TMA, car deux lignes de codes à maintenir, c'est plus compliqué qu'une seule ligne", rappelle François Malinge. La décision d'évoluer vers le RWD a également été motivée par les besoins des utilisateurs. "Sur mobile, beaucoup d'éléments avaient été supprimés avec le dynamic serving. Or, nos utilisateurs attendent d'avoir une version mobile aussi complète que sur desktop, c'est pourquoi le RWD s'est finalement imposé", résume le responsable technique. C'est donc avant tout pour améliorer l'UX sur mobile que la refonte globale du site a été conduite.

Objectifs et résultats chiffrés de la webperf

Quels étaient les objectifs du travail sur la webperf mené en parallèle de la refonte ? "Un gain en matière d'expérience utilisateur, et donc du taux de transformation", répond le responsable SI front Web d'IDKIDS. Au niveau des taux de transformation, les premières tendances observées "confirment une augmentation de l'ordre de 20% de ce taux sur mobile". Une progression appréciable, alors que le mobile va bientôt représenter la moitié du trafic sur le site.

L'autre objectif tient en trois lettres : SEO. Mais pour ce volet-là, le DT d'Oxybul.com n'a pas encore de chiffres à fournir pour mesurer les gains apportés par la webperf. Il est "encore en analyse des changements induits". Pense-t-il que le chiffre d'affaires puisse être augmenté grâce à une meilleure webperf, comme Amazon le laissait entendre il y a quelques années. "J'y crois, oui", affirme-t-il, "le ROI du projet sera atteint dès cette année grâce à la progression des conversions", étaye-t-il.

Des laboratoires pour tester HTTPS et AMP

Poussé par Google, adopté par un nombre croissant d'e-commerçants et de sites web, le HTTPS est l'une des questions qui agite aujourd'hui beaucoup les directions techniques des sites web, et celle d'Oxybul ne fait pas exception. Le protocole sécurisé fait-il partie des prochaines évolutions prévues ? "Il y a des chances que l'on y passe", répond, sans trancher, François Malinge, visiblement intéressé par le HTTP2, et ses promesses d'amélioration de la webperf, qui nécessite le HTTPS. Il admet aussi avoir eu une recommandation externe qui allait dans le sens du passage au HTTPS.

Mais, si cela se fait, ce ne sera pas pour tout de suite, mais "plutôt pour 2017, voire 2018", lors de l'élaboration de la nouvelle plateforme du site, prévue dans les "12 ou 18 prochains mois". "Nous n'avons pas le niveau d'alerte suffisant pour passer au HTTPS dans les 6 prochains mois", explique le responsable, visiblement pas trop inquiété par la direction prise par Chrome, qui pourrait afficher des avertissements de sécurité sur toutes les pages HTTP. "Cela dépendra des usages et des attentes des clients", poursuit-il. En attendant, le HTTPS a pu être essayé sur un site de la galaxie du groupe (en l'occurrence sur idkids.fr, dès sa création) histoire de tâter un peu le terrain.

© Capture d'écran

Outre le HTTPS, le format AMP est évidement l'autre techno poussée par Google qui fait actuellement débat dans les directions des sites. "On se pose la question, et on se demande si c'est vraiment pour du contenu e-business", s'interroge François Malinge. Google y a déjà répondu, de son côté, en tout cas, puisque le moteur invite avec insistance tous les e-commerçants à utiliser ce format. "Cela réclame réflexion", ajoute le DT, qui veut "toujours essayer de réagir avant d'être obligé par Google". Là encore, il a pu se servir d'idkids.fr comme d'un laboratoire, et explorer l'utilisation d'AMP pour du contenu sur ce site. Pour l'heure, si AMP est plus largement adopté, il ne sera de toute façon pas utilisé partout, et sera seulement destiné à la navigation élémentaire. A-t-il imaginé pouvoir faire fonctionner le format lancé par Google pour remplir un panier, puis le payer ? Il rit devant cette question, étonné qu'on puisse l'envisager, et que ce format puisse en arriver là : "Je n'y avais même pas pensé", lâche-t-il.

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