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Interview
 
25/09/2007

Patrice Hébert (DSI, Clinique de l'Europe) : "Du fait de la criticité des données médicales, nous gardons la maîtrise de notre réseau en interne"

La clinique de Rouen négocie son virage vers le dossier médical informatisé. Un chantier qui a commencé par le déploiement d'un réseau fibres optiques, et qui se poursuit avec plusieurs projets d'application.
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Patrice Hébert (DSI, Clinique de l'Europe)
 
 
 

Pouvez-vous nous faire un portrait du système informatique de la Clinique de l'Europe, et nous décrire vos missions ?

J'ai pour mission d'assurer le fonctionnement et la sécurité du système et du réseau de la clinique, ainsi que des applications métier. Ce qui couvre le support et les sauvegardes, ainsi que les mises à jour et la maintenance.

Je suis arrivé en mai 2003 pour remplacer la personne qui s'occupait jusqu'alors de l'informatique. Le système existant s'appuyait alors exclusivement sur des applications mainframe IBM, pour la gestion administrative et financière. Des contrats avaient été signés avec des fournisseurs de matériels et de logiciels qui jouaient le rôle de prestataires et prenaient charge les mises à jour et les évolutions.

A mon arrivée, j'ai été chargé de conduire les différents chantiers en vue de préparer la mise en place du dossier médical informatisé. Dans cette optique, j'ai décidé de renverser la relation que nous avions avec ces prestataires pour les recentrer sur la fonction de fournisseur sur des produits achetés. L'idée étant de reprendre en interne ce qui était jusqu'alors externalisé, en impliquant divers acteurs comme le service technique et des stagiaires pour commencer.

Comment avez-vous initié votre réflexion autour du dossier médical informatisé ?

J'ai commencé par faire une analyse des besoins de l'ensemble des services de la clinique. A partir de là, j'ai rédigé un cahier des charges qui a été présenté à la direction. Certaines modifications ont été apportées avant d'aboutir à une validation du document. Le chantier a débuté par la partie réseau. Disposer d'une infrastructure réseau performante et sécurisée était en effet un préalable. Nous disposions alors de connexions Internet bas débit et de liaisons coaxiales entre les bâtiments. L'idée était de passer à la fibre optique.

C'est chose faite aujourd'hui. Nous avons fait appel à D-Link pour déployer un réseau IP sur cette infrastructure fibres optiques. Au-delà des avantages apportés en termes de tarif, de documentation, et de garantie, nous avons choisi cet acteur et sa technologie [ndlr de routeur, switch, etc.] pour la qualité de son support technique et de ses formations. Mon objectif était d'acquérir la maîtrise du produit en vue d'être autonome ensuite sur le plan de l'intégration et du paramétrage. Du fait de la criticité des données médicales, nous devons en effet pouvoir intervenir nous même en cas de problèmes, sans avoir à souffrir d'un délai fournisseur.

"Différents VLAN ont été créés pour assurer la confidentialité de données"

Ce réseau relie les différents bâtiments. Différents VLAN ont été créés pour assurer la confidentialité de données. Ils permettent également d'isoler les 40 services médicaux, tout en leur permettant d'accéder et d'enrichir les informations du futur dossier médical.

Avez-vous un projet de réseau sans fil ?

Nous envisageons effectivement une extension Wi-Fi en vue de permettre la saisie d'informations sur des périphériques mobiles, et faciliter ainsi la mise en place d'une traçabilité des soins et des médicaments affectés aux patients. Nous sommes en phase de test sur ce type de dispositif. Mais cette nouvelle étape nécessite d'abord une informatisation des prescriptions, ainsi qu'une informatisation des différents acteurs impliqués : la pharmacie et les unités de soins et d'hospitalisation.

Avez-vous commencé à travailler sur de nouveaux processus métier ?

Nous avons déployé un premier processus relatif à la tarification à l'activité qui fait également partie des évolutions réglementaires que nous devons prendre en compte. Son développement a été réalisé sur le système mainframe existant. Il a été mis en oeuvre par notre fournisseur dans ce domaine. Concrètement, ce processus instaure une saisie immédiate de l'acte médical ou du soin, jusqu'à leur prise en compte au niveau facturation.

En attendant de peut-être passer à une nouvelle application, je préfère faire évoluer l'existant, et me donner le temps d'étudier les diverses solutions possibles, pourquoi pas d'ailleurs en rendant visite à des confrères plus avancés dans la démarche.

Quelle est votre position vis-à-vis de l'Open Source ?

75% de nos serveurs sont sous Linux. L'objectif est de s'approcher des 100%. Tous nos pare feu, serveurs de messagerie et serveurs Web sont en Open Source. Sur la partie poste client, nous installons la suite bureautique OpenOffice au fur et à mesure des nouveaux déploiements. Pour le système d'exploitation en revanche, nous conservons Windows pour conserver la compatibilité avec les applications métier.

J'ai également opté pour l'environnement Linux/PHP/mySQL/Apache pour les développements d'applications que je réalise pour notre intranet. Ces développements ont pour but de répondre à certains besoins auxquels les applications mainframe ne répondent pas, la diffusion et l'archivage des procédures ou encore la collaboration entre certains services médicaux. Les systèmes Open Source présentent pour avantages d'être plus simples à mettre à jour que Windows, sans parler du coût d'acquisition qui est nul. Ils sont aussi beaucoup moins risqués en termes de sécurité.

 
DSI de la Clinique de l'Europe
 
  Effectif Une personne  
  PC 100 (Windows et OpenOffice - en grande partie)  
  Serveur Linux et IBM mainframe  
  Intranet PHP/mySQL/Apache  
  Messagerie PostFix  


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