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3 QUESTIONS A...
 
21/06/2007

Régis Granalo (MUNCI): " Les salaires en SSII sont parmi les plus bas du marché"

L'enquête rémunération du CNISF 2007 montre des salaires en augmentation chez les SSII sur les profils ingénieurs. Mais ces rémunérations restent très basses par rapport aux autres secteurs.
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L'enquête rémunération du CNISF 2007 (Conseil National des Ingénieurs et des Scientifiques de France) s'attarde sur la rémunération des ingénieurs dans les SSII. Elles sont parmi les plus basses du marché pour la catégorie ingénieur, avec un salaire médian de 43 805 euros.

Par ailleurs, on retrouve ce phénomène dans toutes les tranches d'âge. En terme de fonctions exercées, ce sont les développeurs et les intégrateurs qui souffrent le plus de cette situation avec un salaire médian de 43 287 euros, en augmentation cependant de 3% par rapport à l'an dernier.

Pour le Munci (Mouvement pour une Union Nationale des Consultants en Informatique), ces résultats montrent qu'il n'y a pas " surchauffe salariale " dans le secteur, mais simplement un rattrapage vis-à-vis des années précédentes. Par ailleurs, le Munci explique que l'écart entre les rémunérations dans les SSII et chez les clients utilisateurs est encore de 10% en moyenne.

 

 
Régis Granarolo (MUNCI)
 
 
 

Pourquoi trouve-t-on des salaires aussi bas chez les ingénieurs en SSII ?

Il existe tout d'abord un blocage structurel. Les prix de facturation des SSII sont à la baisse et donc les rémunérations le sont aussi. Par ailleurs, on explique généralement que les SSII souffrent d'un déficit d'image et d'un manque d'attractivité de ce fait.

C'est faux. Nous estimons que c'est la différence de rémunération entre les clients et les SSII qui porte préjudice à l'image des SSII. De plus, au sein même des SSII, on constate que les emplois de commerciaux sont mieux rémunérés que ceux d'ingénieurs, ce qui est un autre débat mais n'est pas positif non plus.

Vous mettez en cause les analyses de cabinets évoquant ces derniers temps un risque de " surchauffe salariale " du secteur. Quelle est votre position sur ce point ?

En effet, pour certains cabinets de consultants, la hausse des rémunérations de ces dernières années présente le risque d'une " surchauffe salariale " dans les SSII. C'est là aussi faux. Il y a une augmentation des rémunérations en moyenne mais il s'agit pour nous d'un rééquilibrage, sachant de plus que la différence de rémunération entre les SSII et les clients est de plus en plus forte (de 5 à 10%).

Entre 1997 et 2001, on parlait déjà de surchauffe pendant une période de croissance. A l'époque, une étude de l'APEC montrait que ce n'était pas le cas. Tout porte à croire qu'en période de croissance, l'argument de "surchauffe salariale" est utilisé afin de contraindre les salaires. Pour nous, il s'agit aujourd'hui d'un rattrapage par rapport à la période précédente. Il faut signaler qu'un débutant est aujourd'hui à 32 000 euros pour 30 000 euros dans la période précédente. Donc il n'y a pas de surchauffe. Le problème des études de cabinets d'analyste c'est qu'ils s'appuient souvent sur des cas d'espèces avec des individus dotés de double profil de compétences, et issus des meilleures formations. Ce n'est pas la réalité de la moyenne des salaires de la profession.

Vous mettez également en avant les difficultés des seniors sur ce secteur.

"Les SSII pratiquent une discrimination à l'embauche assez forte"

Pour ce qui est du sujet des seniors, le problème majeur, c'est le jeunisme qui caractérise la profession. On exige des compétences sur des problématiques toujours plus récentes, et au nom de la maîtrise des salaires et de l'homogénéité des équipes, les SSII pratiquent une discrimination à l'embauche assez forte.

Le dernier panel d'entreprise de l'APEC, par exemple, montre que l'informatique est le secteur qui emploie le moins de seniors avec expérience. Le problème de la génération des seniors (les 60-64 ans), c'est qu'il s'agit souvent de personnes issues des premières générations de l'informatique professionnelle, et leur seule opportunité est de devenir consultant ou de faire du portage salarial, surtout quand ceux-ci sont encore dans la technique.

Dès lors, que faire ? Nous préconisons des quotas à l'embauche, mais aussi l'aide à l'embauche pour les entreprises qui feraient le choix du recrutement des seniors. Pour autant, on peut espérer que cet état de fait est conjoncturel et qu'il est le reflet de la difficulté des autodidactes et des seniors peu formés, plus que d'un mode de fonctionnement du secteur de l'informatique.

Il faut aussi faire en sorte qu'au bout de dix ans d'expérience, les techniciens puissent être amené à évoluer sur un poste de directeur technique ou de manager. Nous restons optimistes malgré tout, malgré l'accentuation du jeunisme dans les SSII. De jeunes diplômés se voient offrir des postes à responsabilité (chef de projet, etc.), pour leur plus grand bonheur, mais il faut faire attention à cette tendance qui risque à terme de déséquilibrer le secteur.


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