Emploi : le secteur des semi-conducteurs continue de souffrir

Depuis le début de l'année, rien ne va plus dans le monde des fabricants de semi-conducteurs. Le point sur les dossiers Atmel, Altis, et Freescale Semiconductors à Toulouse.

Les salariés d'Atmel sur le site du Rousset, dans la région PACA sont en grève illimitée. Ils souhaitent avoir l'assurance que le plan signé en mars dernier, suite à l'annonce de la cession du site en février, sera mis en place en cas de défaillance du repreneur.

Atmel souhaite se désengager des sites de production, et laisser la main à d'autres acteurs plus orientés sur la fabrication. Les sites d'Atmel à Nantes en France et deux autres en Allemagne et au Royaume-Uni ont déjà été cédés. Celui du Rousset compte 1 200 salariés.

Il faut dire que ce plan, qui pourrait être appliqué en cas de non reprise de l'activité, prévoit que chaque salarié bénéficie de deux ans de salaires plus 34 000 euros, plus neuf mois de cellule de reclassement. Le montant de ce plan, dont le financement revient à Atmel, est de 80 millions d'euros. Dans le même temps, les résultats d'Atmel ne sont pas très bons, avec un chiffre d'affaires annuel en recul de 20%.

"Un plan social est tout de même prévu, avec une suppression d'un maximum de 400 postes selon la direction"

Du côté des repreneurs, il semble que trois acteurs aient montré de l'intérêt pour le site du Rousset. La direction souhaite que le comité d'entreprise choisisse le repreneur, qui lui sera présenté le 18 décembre prochain.

Une fois le nom du repreneur choisi, Atmel souhaite se désengager complètement. Mais les syndicats maison craignent que le volume d'affaires de ces repreneurs ne permette pas de maintenir l'activité du site une fois le rachat effectué.

De fait, cela amènerait à des licenciements, et ce sans les avantages du plan négocié avec Atmel par les salariés. Les clauses de cession prévoient en effet qu'Atmel sous-traitera ces commandes au repreneur pendant une durée de trois ans. Mais quid de la suite des évènements, à l'issue de ces trois ans ?

Dans l'Essonne, c'est la joint-venture réunissant IBM et Infineon, Altis, qui est en vente, le pacte d'actionnaire prenant fin le 31 mai prochain. La cession devrait avoir lieu en avril 2010, mais la direction de l'entreprise envisage "toutes les options" en cas d'échec de la vente.

Le repreneur pressentit est le financier Franco-Algérien Germain Djouhri, un trentenaire, qui pourrait mettre sur la table 70 millions d'euros. L'Etat français verserait lui 30 millions d'euros sous forme de prêts garantis. Mais un plan social est tout de même prévu, avec une suppression d'un maximum de 400 postes selon la direction. Le site compte 1 300 employés.

Freescale Semiconductor a missionné le cabinet Atreg pour l'aider à vendre ses usines de Toulouse et Sendai. Le site de Toulouse emploie un millier de personnes, et Intel a récemment repris une cinquantaine d'ingénieurs du centre de recherche et développement.

Outre cette reprise, l'ensemble des emplois restants, 830, devraient être supprimés à moins qu'un repreneur ne se face connaître avant 2011. 236 employés ont par ailleurs été licenciés. Un conflit social dur de cinq semaines a par ailleurs fragilisé le climat, et les syndicats font états de congés maladie de l'ordre de 30 à 40%.

Les autres acteurs du secteur ne sont pas au mieux, qu'il s'agisse de STMicroelectronics, ST-Ericsson, ou encore NXP. En France, la filière représente 30 000 emplois directs, dont 11 000 chez STMicroelectronics et ST-Ericsson.

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