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ANALYSE
 
07/04/2008

Les chiffres du chômage des informaticiens sont-ils réalistes ?

Disparités géographiques, calvaire des seniors, inadéquation des formations prises en charge par l'Etat... Le chômage des informaticiens, malgré une valeur estimée faible, revêt de multiples facettes.
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Fin mars, Syntec Informatique a présenté le bilan du logiciel et des services en France pour 2007 et défini ses perspectives pour 2008. Sur fond de tensions économiques et d'un risque de récession américaine, la chambre patronale est restée relativement optimiste en prévoyant une croissance de l'ordre de 5 à 7%. Une valeur à faire pâlir d'envie le reste de l'économie, le Minefi ayant nettement revu ses prévisions à la baisse avec 1,7% de croissance du PIB.

Le Munci, association d'informaticiens (avec bientôt une structure syndicale), ne commente pas ces prévisions économiques mais s'étonne en revanche des chiffres avancés par la chambre patronale en matière de chômage. Syntec Informatique évalue ainsi à 1,7% le taux de chômage en 2007 (contre 2,5% en 2006). Pour le Munci, la valeur se situe plus justement entre 4 et 6%.

chomage informaticiens
 
Le Munci évalue le chômage sur la base des chiffres de la DARES entre 4 et 6%. © Benchmark Group
 

"Syntec Informatique évalue ce taux dans les domaines du logiciel et des services simplement en tenant compte du nombre de demandeurs issus de cette branche rapporté à l'effectif de la branche. Ce n'est pas selon nous une estimation rigoureuse. Les demandeurs d'emploi ANPE sont identifiés par un code ROME et non en fonction de leur dernier employeur. Cela contribue notamment à ne pas comptabiliser les jeunes diplômés. La base même du secteur reste floue. Selon les chiffres publics de la Dares, le plus juste serait 504 000 informaticiens", commente Régis Granarolo, président du Munci.

Cette estimation placerait également le taux au-dessus du chômage moyen des cadres en France, situé aux alentours de 3,6%. Or, comme le rappelle le Munci, le secteur informatique compte le contingent de cadres le plus important puisque 75% des informaticiens bénéficient de ce statut. Néanmoins, l'informatique, à l'image des autres secteurs, enregistre un recul du chômage, même si sa valeur réelle peut être sujette à discussions.

L'individualisation pas toujours profitable aux salariés

L'emploi est aussi favorable aux jeunes diplômés. Selon des chiffres de l'Apec, 90% des jeunes diplômés en Informatique, Télécommunications, Technologies Multimédia occupent un emploi en 2007. Sur la même période, tous domaines confondus, ils sont trois jeunes diplômés sur quatre à être en poste, moins d'un an après l'obtention de leur diplôme. Les salaires sont également à la hausse pour les débutants. Mais ce progrès cache aussi une réalité moins positive pour les informaticiens.

"Les SSII réalisent une part substantielle de leur marge sur les débutants, au détriment des plus expérimentés qui, eux, au contraire, sont en situation de blocage de leur rémunération. C'est selon nous un mauvais calcul des employeurs alors que le turnover est élevé et qu'ils devraient fidéliser leurs collaborateurs. Mais les SSII misent sur l'individualisation des salaires. Les mouvements récents au sein d'Atos ou Capgemini protestaient en partie contre cette individualisation", estime Régis Granarolo.

Individualisation des parcours et très faible taux de syndication (moins de 0,5%) contribuent peut-être alors à donner une image éminemment plus positive de l'informatique en France. Syntec Informatique s'efforce également de communiquer sur les qualités du secteur afin de renforcer son attractivité, notamment auprès des jeunes diplômés. Cette communication peut parfois écarter ou, en tout cas, réduire certaines disparités en matière d'emploi.

Les seniors toujours pénalisés

Les seniors, "quadras" et "quinquas", rencontrent toujours des difficultés, surtout sur les postes techniques qui constituent, selon le président du Munci, près des deux tiers des offres d'emploi en informatique. "Pour ceux qui ne sont pas experts ou à leur compte, il est très difficile, passée la quarantaine, de rester dans la course pour les métiers les plus techniques", regrette-t-il.

La reconversion d'un certain nombre de seniors contribue d'ailleurs à la diminution du chômage chez les informaticiens. Toutefois, la situation de cette population de salariés n'est pas propre uniquement à l'informatique. Les gouvernements ont multiplié les politiques pour favoriser leur retour à l'emploi, l'encourager de la part des salariés ou encore pour dissuader les entreprises. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a fait part en mars de son intention de mettre en place des "mesures énergiques, pénalisantes financièrement pour les entreprises récalcitrantes".

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Tous secteurs confondus, les 50-54 ans ne représenteraient que 2,7 % des recrutements, alors qu'ils constituent plus du quart des licenciements économiques, selon Gérard Plumier, auteur d'un l'ouvrage paru en 2007 et intitulé "Chômage senior".

Le chômage des informaticiens, seniors ou non, s'explique en partie par une inadéquation avec les compétences recherchées, notamment du fait du manque de formations professionnelles pouvant être financées par les pouvoirs publics (Assedic, Collectivités territoriales...) et surtout adaptées aux besoins. PGI, environnements SAP, décisionnels sont notamment des domaines convoités par les employeurs et néanmoins peu couverts en formation.


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