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L'assistance à maîtrise d'ouvrage, une fonction charnière

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Pour être à l'aise dans son rôle d'assistant à chef de projet, certaines conditions sont indispensables. En premier lieu, les rôles doivent être définis entre les parties prenantes du projet. Maître d'œuvre, maître d'ouvrage, autant d'acteurs qui doivent se positionner correctement. D'où le besoin d'une définition claire de l'assistance à maîtrise d'ouvrage qui soit partagée par tous.

"Pour moi, les définitions de la fonction sont multiples " explique Jérôme Bruyas, du cabinet CBL Consulting. "C'est de l'optimisation de processus avec la recherche du gain financier qui s'y rattache. C'est aussi de l'aide à la mise en œuvre des SI, surtout dans le domaine des ERP, avec une partie pilotage importante, et aussi du recettage à effectuer. C'est enfin de la conduite du changement".

Mais cette définition claire n'est parfois pas suffisante pour harmoniser dans les faits les relations entre les acteurs.

Premier poste en assistance à maîtrise d'ouvrage

L'expérience de Josselin Perrus reflète assez bien des difficultés de positionnement auquel se heurte parfois l'assistance à maîtrise d'ouvrage face aux autres entités du projet. Embauché sur un premier poste en externe sur une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour une très grosse compagnie de transport française, il se pose vite la question de la faisabilité du projet.

Jouer les essuie glace entre la maîtrise d'œuvre et la maîtrise d'ouvrage

"Je devais jouer un rôle d'assistance à maîtrise d'ouvrage au sujet de la conception d'un outil informatique de contrôle de gestion. Le problème, c'est que le maître d'ouvrage avait une responsabilité hiérarchique sur le maître d'œuvre. Et que leurs relations n'étaient pas évidentes."

Dès lors, l'assistant de maîtrise d'ouvrage se retrouve à jouer les essuie glace entre la maîtrise d'œuvre qui demande des spécifications techniques et la maîtrise d'ouvrage qui exige de sa part des spécifications fonctionnelles.

"En tant qu'assistant à maître d'œuvre, nous nous devions de fournir un jeu de spécifications très fonctionnelles. Il n'intégrait pas l'aspect technique. Dans ce cas, les allers-retours sont normaux mais notre boucle était bien trop longue. Quand les livrables de spécifications fonctionnelles arrivaient aux développeurs, ils nous revenaient car ils n'étaient pas assez techniques". Cette incompréhension a fait naître des critiques envers le prestataire que Josselin Perrus juge imméritées : "Nous avions la connaissance métier du client, mais pas la connaissance des processus internes de l'entreprise. La connaissance métier était notre grande force, mais nous avons été mis en défaut trop facilement par la maîtrise d'oeuvre là où la maîtrise d'ouvrage aurait pu nous venir en aide."

"La vision métier n'était pas partagée par tous"

D'autant plus que l'accompagnement du changement était également dans les prérogatives de l'assistant au maître d'ouvrage, ce qui n'a pas arrangé les choses. "La vision métier n'était pas partagée par tous" explique Josselin Perrus. De ce fait, le projet en tant que tel n'avait pas recueilli le consensus nécessaire à sa mise en œuvre. Sur ce point, Jérôme Bruyas, qui travaille depuis 1993 sur dans ce domaine est très clair. "Nous ne refusons pas des projets qui nous paraissent flous, mais nous mettons des attendus aux livrables de manière à ce que chaque partie sache quelle est la délimitation de son travail".

Pour Josselin Perrus, ce qu'il qualifie lui-même de semi échec n'est pas dû au fait que sa structure ait été à l'extérieur de celle des maître d'œuvre et maître d'ouvrage. "Etre à l'extérieur a des avantages. La connexion avec la maîtrise d'ouvrage se faisait assez haut dans la hiérarchie. On pouvait remonter les choses assez loin."

Mais les inconvénients lui apparaissent une contre partie inévitable. "Nous manquions d'accès à certaines informations et le maître d'œuvre nous critiquait souvent en expliquant que l'on aurait dû confier notre tâche à quelqu'un du métier, sous entendu, de l'entreprise".

Finalement, le projet a t-il aboutit ? "Le projet a finalement été réalisé. Devant le retard pris, on pensait arrêter, mais finalement le projet a été mené à son terme et le déploiement est prévu pour la fin de l'année. Le recettage auquel nous avons participé devrait être bouclé."

"Ce type de problème arrive avec les très gros projets, dans la fonction publique ou les grosses organisations où les lots sont très partialisés. Pour sortir de la crise et arriver à finir un projet qui comporte ce type de problèmes, il faut juste de l'intelligence et du compromis de la part des différents acteurs", conclut Jérôme Bruyas.


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