Depuis l'apparition des premiers signes tangibles de la crise sur l'activité économique du pays à la rentrée 2008, le secteur des prestations de services informatique faisait jusqu'à présent bonne figure. Surtout au regard des déboires subis par les sociétés appartenant à d'autres secteurs : industrie, banques/finance et distribution en tête.
"Les secteurs d'activités sont différemment touchés par la crise. Certains comme l'administration, les collectivités ou l'énergie sont peu concernés, alors que d'autres tel que l'industrie le sont plus dramatiquement", fait savoir Alain Donzeaud, président de la Commission des Affaires Sociales et de la Formation de Syntec Informatique.
| L'insubmersible croissance des SSII connaît aujourd'hui ses premières voies d'eau |
Pourtant, l'insubmersible croissance des SSII connaît aujourd'hui ses premières voies d'eau. D'autant que les perspectives annoncées par les principales SSII du pays (Atos Origin, Capgemini, Steria...) à l'occasion de leurs résultats 2008 ne font qu'accroître la certitude d'une panne de dynamisme pour 2009. Voire également 2010, pour les plus pessimistes.
Une gueule de bois qui surgit donc après des années fastes, et dont l'une des conséquences directes se retrouve tout d'abord sur le niveau d'emploi du secteur. Ainsi, selon les chiffres publiés par la Dares, le chômage des informaticiens n'a cessé de croître depuis 10 mois, et s'est même accéléré entre les mois de janvier et avril 2009.
Sur le mois d'avril, le chômage des informaticiens a concerné 28 100 personnes - contre 27 300 en mars, 26 800 en février et 26 400 en janvier -, toutes catégories confondues. Ce qui correspond à un taux de chômage pour le secteur de 4,7%, non loin de la barre symbolique des 5% de chômeurs.
Alors même que de sérieuses disparités locales apparaissent au grand jour. "Toutes les SSII en régions ne sont pas touchées de la même façon par la crise mais elles le sont généralement davantage que les SSII franciliennes. Alors que ça va plutôt mal pour celles situées en Rhône-Alpes ou en Midi-Pyrénées, le Nord, Pays de Loire et Paca semblent mieux résister pour le moment", annonce Régis Granarolo, président du MUNCI.