Présidentielle : l'Open Source s'invite dans la campagne Le Conseil National du Logiciel Libre veut "favoriser l'Open Source dans les appels d'offres publics"

"A l'heure où la France, comme d'autres Etats, doit mieux maîtriser ses dépenses, une utilisation accrue et volontariste du Logiciel Libre semble s'imposer", fait remarquer le Conseil National du Logiciel Libre (CNLL) dans un document adressé à chacun des partis politiques français.

patrice bertrand, président du conseil national du logiciel libre (cnll), est
Patrice Bertrand, président du Conseil National du Logiciel Libre (CNLL), est co-fondateur et directeur général de la SSLL Smile. © Smile.

Pour Patrice Bertrand, président du CNLL, "la préférence au Logiciel libre et Open Source, à qualité égale, dans les appels d'offres publics" fait même partie des trois mesures qu'il attend le plus du futur président français.

Patrice Bertrand peut également souligner que "le Logiciel libre se prête bien à une logique de mutualisation, particulièrement bénéfique au sein d'administrations ayant des besoins similaires".

En outre, pense le président du CNLL, les administrations pourraient ainsi "se moderniser et se rendre plus efficaces avec des budgets réduits". 
 


Le choix de l'Open Source, un tremplin pour le développement économique ? 

Ses arguments s'appuient aussi sur des réussites d'acteurs du secteur privé qui ont fait le choix de l'Open Source. "Il existe des acteurs majeurs de l'Internet en France, tels que PriceMinister, Cadremploi, Meetic, et bien d'autres, qui construisent leur offre majoritairement sur des plates-formes FLOSS [ndlr pour Free and Open Source Software].  Plus ce patrimoine de logiciels libres et gratuits est large, plus les acteurs de l'Economie Numérique peuvent concentrer leurs investissements sur une valeur ajoutée spécifique, plus ils peuvent aller loin, et se développer à l'échelle mondiale". Or, poursuit  le CNLL, "ce qui est vrai pour les acteurs spécialisés est également vrai pour toutes les entreprises françaises. Il en est de même, bien sûr, pour les administrations".

 

"De nombreux marchés publics informatiques exigent une marque au mépris de la loi."

Une mesure également souhaitée en priorité par l'April

Aider l'Open Source dans les appels d'offres publiques ? L'idée séduit également l'April, association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet, délégué général et fondateur de l'April, retient également cette proposition parmi celles que son association souhaiterait le plus voir se concrétiser. Il va même plus loin, en voulant "une loi pour imposer, dans la mesure du possible, l'utilisation des standards ouverts, des logiciels libres et la production de logiciels libres par les administrations, les collectivités territoriales et les établissements publics."


L'April vient d'ailleurs également d'envoyer un document aux candidats à l'élection présidentielle. Ce dernier rappelle que "le principe de la commande publique veut que les appels d'offres soient aussi ouverts que possible, afin de permettre à toutes les solutions présentes sur le marché de concourir à égalité. Pourtant, de nombreux marchés publics informatiques exigent une marque, un brevet ou une technologie particulière, au mépris de l'esprit de la commande publique et de la loi."

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