Scission d'HP : son coût et ses conséquences se précisent

Scission d'HP : son coût et ses conséquences se précisent Le projet de séparer HP en deux entreprises avance, mais il va coûter cher, et supprimer plus de postes que prévu, sauf en France.

Le géant HP doit se scinder en deux groupes distincts, mais de poids à peu près égal en termes de chiffre d'affaires. Ce "split" doit s'achever avant novembre prochain. Le temps presse, et la tâche est immense : la scission donnera naissance à deux entreprises de niveau Fortune 50 (disons le Cac 40 américain). "C'est dur d'imaginer qu'il y a deux entreprises de ce niveau actuellement au sein d'HP", a admis Meg Whitman lors de la publication des résultats trimestriels d'HP. A la direction financière, Cathie Lesjak a décrit cette séparation comme "sans précédent" en termes "d'échelle et de complexité".

Des informations qui ont tardé à redescendre en France

Les salariés, y compris en France, ont la consigne de rester concentrés sur leur travail et leurs missions habituelles. En parallèle, HP a formé des groupes de "SMO" (Separation Management Office) qui doivent mener à bien la scission. "Au niveau mondial, 400 à 500 salariés à temps plein seront mobilisés dans les SMO", explique la CFTC chez HP qui rappelle que ces SMO devront aussi "statuer prochainement sur l'avenir de 786 entités juridiques du groupe (dont quatre en France : HPCCF, HPF, HALESF et HPCDS)"...  

En France, les postes non transférés chez HP Inc. seront maintenus chez Hewlett Packard Enterprise

Mais malgré l'ampleur, et l'urgence du projet, les informations ont tardé à redescendre en France. Plusieurs réunions avec les représentants du personnel, initialement prévues en janvier, ont été reportées, et ce à deux reprises. Certaines ont lieu ces jours-ci, mais, déjà, la CFTC HP annonce qu'il n'y aura pas de plan de sauvegarde de l'emploi en 2015 en France. Mais "uniquement des créations de postes qui n'ont pas encore été communiquées. Autrement dit : les postes non transférés chez HP Inc. seront maintenus chez Hewlett Packard Enterprise", écrit le syndicat sur son blog.

Le coût de la scission a été communiqué

Si la France devrait donc être épargnée par des suppressions supplémentaires de postes liées à la scission, ce ne sera pas le cas au niveau mondial. Cathie Lesjak l'a bien confirmé hier, en commentant les résultats trimestriels. HP va aller au-delà des 55 000 suppressions de postes annoncées en 2012 - actuellement il y en a déjà eu 44 000. "De nouvelles opportunités d'améliorations opérationnelles vont être découvertes lors de la scission", a indiqué la CFO.

Ce que va coûter la scission commence aussi à être évalué et communiqué, et la note va être salée. Son montant a également été révélé lors de la publication des derniers résultats trimestriels. 1,3 milliard de dollars vont peser sur l'actuelle année fiscale, et un demi-milliard supplémentaire sera déduit de la prochaine année fiscale. Soit 1,8 milliard, en frais juridiques, immobiliers, et... informatique, car le système d'information du groupe devrait aussi être revu. Une somme totale qui dépasse donc le bénéfice net trimestriel que vient d'annoncer le groupe (1,4 milliard de dollars).

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