RECHERCHE

Plan du site

BOURSE

 

 Tous nos articles

 ENQUETE 
 
Dominique Ventre
Directeur de la formation initiale
ENST
Dominique Ventre
"Outre l'équivalence de niveau de formation, la réforme facilite les programmes d'échange universitaire"
Le directeur de la formation initiale de l'ENST explique les enjeux du processus de Bologne pour les établissements d'enseignement supérieur, et ses conséquences sur la valeur des autres diplômes.
05/05/2006
 
JDN Solutions. Quelles implications a eu la réforme LMD sur votre école et vos formations ?
  Enquête

Réforme LMD

 Notre analyse
Les témoignages de
 SQLI
 Teamlog
 L'ENST
 Nos lecteurs
Dominique Ventre. Nous sommes concernés comme tout le monde par le processus de Bologne qui s'est traduit en France par la réforme LMD. Cette réforme harmonise l'ensemble des cycles universitaires en trois niveaux : licence / master / doctorat. Nous sommes aujourd'hui conforme au processus de Bologne car l'école d'ingénieur en télécommunication de Paris délivre un diplôme de niveau bac+5. Nous ne sommes pas considérés comme un master universitaire mais nos étudiants préparent un diplôme qui confère le grade de niveau master.

Avez-vous envisagé de délivrer un diplôme de niveau licence ?
Non, principalement parce que le niveau bac+3 sera à terme un niveau professionnalisant. Or, les personnes qui rentrent en école d'ingénieur proviennent principalement d'année de prépa en mathématiques, des diplômes non professionnalisant, en tout cas à niveau bac+3.

Comment se traduit la réforme LMD dans les faits ? Va-t-elle vous obliger à changer votre façon de faire habituelle ?
Ce n'est pas une réforme qui impacte les programmes d'enseignement. Elle doit avant tout favoriser la mobilité des étudiants à l'étranger, de manière à ce que les établissements d'enseignement puissent se reconnaître plus facilement. Outre l'équivalence de niveau de formation, le processus de Bologne prévoit l'instauration des crédits ECTS.

A quoi correspond cette nouvelle mesure ?
Le système de crédit a été emprunté à l'enseignement anglo-saxon. Il nous permet d'échanger plus facilement des élèves entre écoles grâce à un principe simple. Les cursus sont découpés en unités d'enseignement et chaque unité apporte des crédits à l'élève. Pour obtenir un diplôme, il faut donc accumuler un certain nombre de crédits.

Cette unité de valeur est au cœur des échanges entre les établissements. Il faut donc définir chez nous combien de crédits vaut telle unité d'enseignement dispensée dans un autre établissement à l'étranger et valoriser nos propres unités d'enseignement.

Pour les écoles d'ingénieurs, n'est-ce pas un inconvénient de ne pas avoir le titre de master mais uniquement un niveau master ?
L'école doit fournir le contenu de ses diplômes de manière précise"
C'est une petite difficulté mais qui peut être surmontée car le diplôme donne un équivalent. D'autre part, l'une des modalités du processus de Bologne prévoit l'instauration d'un supplément au diplôme chargé de renseigner l'employeur sur l'enseignement dispensé. L'idée derrière cela consiste à faciliter l'employabilité en Europe de manière à éviter qu'une entreprise n'ait besoin de connaître tous les diplômes européens pour juger des connaissances d'un futur salarié.

Concrètement, l'école doit fournir pour chaque diplôme le contenu de ce dernier de manière précise. Il sera expliqué pour les écoles d'ingénieurs que ce diplôme français est de niveau master. Normalement, ces mesures doivent désormais s'appliquer pour tous les établissements d'enseignement supérieur. Nous réfléchissons d'autre part à valoriser à l'étranger le fait que les écoles d'ingénieurs se montrent plus cotées en France que le master d'Université.

Que vont devenir les autres formations intermédiaires comme le DEUG, le BTS, le DUT, la MIAGE, les écoles préparatoires ?
Les deux premières années de formation sont amenées à être mutualisées en ce qui concerne les écoles d'ingénieurs. Le DEUG, lui est en pleine révolution. Le DUT et le BTS essaient de passer sur un modèle à trois ans pour obtenir le niveau licence. Ces modifications sont en train de reconfigurer les diplômes. Les maîtrises disparaissent pour laisser place aux masters et les formations doivent s'y adapter.

Cela implique pour nous de revoir nos processus de recrutement autour des licences. Auparavant, nous proposions en effet aux titulaires d'une maîtrise d'entrer après un concours en deuxième année d'école d'ingénieur.

Pour les titulaires de ces anciens diplômes, comment vont-ils se valoriser auprès des entreprises ?
Il faut revoir nos processus de recrutement autour des licences"
Ces anciens diplômes continuent d'être reconnus par les entreprises françaises. Pour ceux qui sont sortis du cycle scolaire, il est tout à fait possible d'y rentrer à nouveau afin de valider un nouveau diplôme de niveau LMD.

Est-ce que cet échelonnement à 3,5 et 8 ans ne va pas limiter les changements de parcours possibles pour les étudiants ?
On ne peut pas encore savoir comment cela va se passer pour les changements de parcours mais l'étudiant pourra sans doute négocier avec l'Université la validation d'une partie de ses acquis pour les autres licences ou master qu'il souhaite suivre. Cela rentre dans l'esprit du processus de Bologne qui consiste à obtenir des crédits pour valider son diplôme.

  Enquête

Réforme LMD

 Notre analyse
Les témoignages de
 SQLI
 Teamlog
 L'ENST
 Nos lecteurs

Vous évoquiez une plus grande professionnalisation des cursus licence. Cela signifie-t-il la mort des formations généralistes ?
Il est peu probable que le changement se fasse rapidement dans les universités. Mais il est logique que le processus de Bologne insiste sur cet aspect des choses. Un diplôme sert à se vendre sur le marché du travail et doit donc être professionnalisant. D'ores et déjà, il existe des licences professionnelles, j'imagine donc que la réforme LMD va augmenter leur nombre mais qu'en parallèle d'autres licences généralistes continueront à exister pour préparer à la poursuite d'études.

 

 
Propos recueillis par Yves DROTHIER, JDN Solutions

PARCOURS
 
 
Dominique Ventre, est directeur de la formation initiale à l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications.

   
 
  Nouvelles offres d'emploi   sur Emploi Center
Auralog - Tellmemore | Publicis Modem | L'Internaute / Journal du Net / Copainsdavant | Isobar | MEDIASTAY
 
 


Votre avis sur cette publicité
Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Toutes nos newsletters